(Melbourne) L’indestructible « Team USA » bat de l’aile à une semaine du Mondial de basketball : sans ses superstars qui préfèrent faire l’impasse sur la Coupe du monde, elle a essuyé une défaite historique, samedi en match amical contre l’Australie (98-94), la première depuis 13 ans avec un effectif issu de la NBA.

Agence France-Presse

La préparation au Mondial (31 août-15 septembre) allait plutôt bien jusque là pour les États-Unis avec deux victoires (contre l’Espagne et l’Australie, déjà), mais les triples champions olympiques et doubles champions du monde en titre ont été stoppés net à Melbourne.

Pour la première fois depuis 2006 et la demie du Mondial perdue contre la Grèce, la sélection américaine dans sa version exclusivement constituée de joueurs de la NBA (elle avait disputé sa campagne de qualification au Mondial avec des joueurs de G-League, la ligue secondaire) a perdu un match officiel.

De quoi relancer les inquiétudes concernant la qualité de l’effectif de l’équipe emmenée par l’entraîneur légendaire des Spurs de San Antonio Gregg Popovich et sa capacité à défendre son titre, à huit jours de l’entrée en lice américaine contre la République tchèque lors du Mondial chinois.

« Nous avons eu l’air un peu décontenancés par moments, nous avons pris de mauvaises décisions. On peut en partie s’attendre à cela avec un nouveau groupe qui essaye d’apprendre les systèmes, ce n’est pas surprenant. Mais les “Aussies” nous ont donné une grande leçon sur la manière dont on veut jouer dans ce type de compétition. Nous nous y habituons et j’espère que nous apprenons », a analysé le sélectionneur.

PHOTO ANDY BROWNBILL, ASSOCIATED PRESS

Patty Mills saute de joie après avoir réussi un panier de trois points

Une « leçon »

Pour la défense de son titre mondial, « Team USA » fait certes toujours peur, mais sa jeunesse et son inexpérience, couplée à l’absence de nombreuses stars, laissent ouverts tous les espoirs du côté des outsiders pour qui une victoire contre les ogres américains dans une grande compétition n’a pas de prix.  

En effet, la grande majorité des vedettes de la NBA (LeBron James, James Harden, Anthony Davis…) a renoncé à participer à la Coupe du monde, privilégiant la préparation de la saison à venir. Au total, seuls deux « All-Stars » 2019 (sélection des meilleurs joueurs de la saison NBA), Kemba Walker et Khris Middleton, figurent dans la sélection.

Et les 22 points samedi du premier, meilleur marqueur de l’équipe, ont paru bien pâle devant les 30 unités inscrites par le meneur australien des Spurs Patty Mills, principal artisan du succès des siens, le premier de l’histoire de l’Australie contre les États-Unis.

« Ils la voulaient plus que nous ce soir. Leçon apprise », a lancé à l’issue du match Walker, résigné.

En plus de Mills, les Australiens, qui s’étaient inclinés 102-86 deux jours plus tôt contre la même équipe, doivent beaucoup à leurs deux vétérans Andrew Bogut (16 points, 9 rebonds) et Joe Ingles (15 et 7), 34 et 31 ans respectivement, dans la construction de ce succès obtenu devant plus de 52 000 spectateurs, un record pour ce sport en Australie.

« Le soutien a été incroyable. Nous sommes très fiers de représenter ces fans et de belle manière. C’est une étape de construction pour nous, nous prenons juste marche après marche. C’est simplement sympa de voir notre progression », a relativisé Mills. Une progression bienvenue pour les « Boomers » australiens, jamais médaillés jusque là, ni aux Jeux ni aux Mondiaux.