Le propriétaire des Rays de Tampa Bay, Stuart Sternberg, et l’homme d’affaires montréalais Stephen Bronfman ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde dans le dossier d’une équipe du baseball majeur à temps partagé entre Tampa Bay et Montréal.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Stuart Sternberg a nié samedi les déclarations de Stephen Bronfman au fait que le groupe de M. Bronfman pourrait devenir actionnaire minoritaire des Rays d’ici quelques mois, en vue d’avoir éventuellement une équipe à temps partagé entre Montréal et Tampa d’ici quelques saisons.

« Ce n’est pas vrai, a dit M. Sternberg samedi en entrevue au quotidien Tampa Bay Times. Éventuellement, à un moment donné, je m’attends et je crois qu’ils pourraient et qu’ils deviendraient des actionnaires minoritaires. J’ai besoin d’une certaine représentation là-bas [à Montréal s’il y a une équipe à temps partagé]. Mais il n’y aura rien qui va arriver d’ici des mois. D’aucune façon [ “no way” ]. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

L'homme d'affaires montréalais Stephen Bronfman

Dans une entrevue au Journal de Montréal publiée samedi matin, Stephen Bronfman a indiqué que « d’ici quelques mois, trois ou quatre sans doute, notre groupe de Montréal va devenir copropriétaire de l’équipe de Tampa avec Stuart Sternberg, le propriétaire actuel des Rays. Les négociations sont très avancées. Nous allons devenir des actionnaires minoritaires, mais ça ne nous dérange absolument pas. Stuart Sternberg est un homme droit qui n’a rien d’un Jeffrey Loria [ancien propriétaire des Expos] ».

PHOTO REINHOLD MATAY, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le Tropicana Field où évoluent les Rays de Tampa Bay

Quelques heures plus tard, Stuart Sternberg a démenti cette information au fait que le groupe de M. Bronfman deviendrait actionnaire minoritaire des Rays en 2020.

Stuart Sternberg a précisé qu’aucune entente visant à vendre une participation minoritaire de son équipe de baseball au groupe de M. Bronfman n’aura lieu avant le début de la construction d’un nouveau stade de baseball au centre-ville de Montréal. « Ça n’arrivera pas avant ça. Il y a zéro chance que ça arrive avant ça », a indiqué M. Sternberg.

Le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, et le baseball majeur sont favorables de l’idée d’une équipe à temps partagé entre Tampa Bay et Montréal. Le projet est toutefois toujours à l’étude ; aucune décision n’a été prise. Les Rays ont d’ailleurs une bail très contraignant avec la Ville de St. Petersburg : le bail rend très compliqué tout déménagement de l’équipe avant 2028.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Vue sur le bassin Peel

Pas assez d’argent pour une équipe à temps plein

Le meneur du projet du retour des Expos, Stephen Bronfman, a révélé aussi samedi au Journal de Montréal que son groupe de gens d’affaires pourrait difficilement trouver l’argent nécessaire pour acheter seul une équipe du baseball majeur à temps complet.

M. Bronfman, qui défend le projet d’une équipe à temps partagé entre Montréal et Tampa Bay depuis presque un an, explique qu’il aurait été « difficilement réaliste » pour son groupe de gens d’affaires de réunir l’argent nécessaire pour acheter une équipe à temps complet. Selon Forbes, une équipe du baseball majeur vaut environ 1,78 milliard US, soit 2,3 milliards CAN. Il faut aussi des fonds pour construire un nouveau stade au centre-ville de Montréal, évalués au moins à 500 millions CAN.

« C’est mieux qu’une équipe d’expansion qui aurait coûté au bas mot 2 milliards avant même un premier match. Ç’aurait été difficilement réaliste, même pour moi. Aux États-Unis, il y a plusieurs hommes d’affaires qui peuvent mettre 2 ou 3 G$ pour acheter une équipe. On parle de 3 G$ pour les Mets [de New York]. Mais au Québec, trouver cet argent, c’est un très grand risque. J’aurais eu à supporter un énorme stress. Avec ce nouveau concept, nous entrons dans une famille où tout le monde s’entend bien. Et le temps de construire le stade va nous permettre d’apprivoiser le concept, de démystifier et d’expliquer le profit qu’on peut tirer pour la ville », a indiqué M. Bronfman en entrevue au Journal de Montréal.

Selon M. Bronfman, le projet d’une équipe à temps partagé entre Tampa Bay et Montréal n’est pas un prélude pour le déménagement complet d’une équipe à temps plein à Montréal. « Et je veux être clair, ce n’est pas une histoire de garde partagée qui cache un transfert permanent dans quelques années, poursuit M. Bronfman. Nous croyons dans ce projet. Ça fait déjà 16 ans que nous avons perdu les Expos, on ne veut pas faire la gaffe une autre fois de rater cette opportunité. »

Terrain du bassin Peel

Ces déclarations de M. Bronfman surviennent alors que la Ville de Montréal et le gouvernement fédéral doivent décider au cours des prochains mois ce qu’ils feront du terrain au bassin Peel convoité par le groupe de M. Bronfman pour construire un nouveau stade de baseball au centre-ville.

L’Office de consultation publique de Montréal a tenu des consultations publiques l’automne dernier et doit rendre son rapport prochainement. Montréal et Ottawa devront ensuite décider si le terrain convoité par le groupe de M. Bronfman accueillera ou non son projet de stade de baseball – et le cas échéant, à quelles conditions. M. Bronfman entend développer un vaste projet immobilier autour de son stade de baseball.

« Le projet mixte va aider le baseball et le baseball va aider l’immobilier. La Ville le veut, notre partenaire Devimco le veut et on espère que tout va bien aller », dit M. Bronfman au Journal de Montréal.

Dernier détail révélé par M. Bronfman : une nouvelle équipe de baseball à temps partagé ne porterait pas le nom des Expos ni le nom des Rays. « On ne sait pas comment s’appellera la nouvelle équipe. On va peut-être faire comme Mitch Garber le fait à Seattle avec le hockey et lancer un grand concours populaire, indique M. Bronfman. On va sans doute embaucher une agence. Mais on va trouver le nom tous ensemble et les gens vont l’adopter. Faut comprendre, c’est une nouvelle équipe qui, on l’espère, va même contribuer à rapprocher deux villes et deux marchés. Tampa, c’est beau, St. Petersburg, c’est magnifique. Et c’est moins cher que sur la côte est. »