Stephen Bronfman a reçu un nouvel appui de taille pour son projet de villes-soeurs entre St. Petersburg et Montréal pour les Rays de Tampa Bay de la part du commissaire du Baseball majeur, Rob Manfred.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

À la conclusion d’une réunion des propriétaires d’équipes de la MLB à Orlando, Manfred a affirmé que ces propriétaires et lui estiment qu’il s’agit de la meilleure option pour garder une équipe dans la région de la baie de Tampa, même si ce n’est qu’à mi-temps.

« C’est très positif, a réagi Stephen Bronfman lorsque rejoint par La Presse canadienne. Chaque fois qu’on parle en bien de notre projet, c’est positif. Et il ne faut pas oublier que dans ce dossier, notre meilleur vendeur, c’est le commissaire. »

« Les gens continuent de croire que cette option de villes-sœurs est viable et pourrait être une très bonne solution pour garder le baseball à Tampa Bay, a affirmé le commissaire au Tampa Bay Times. Je continue d’être impressionné par l’énergie qu’ils ont déployée sur ce projet, qui est très bien reçu par notre groupe. Certains en sont même excités. »

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Le commissaire du Baseball majeur, Rob Manfred.

Bronfman, qui n’a pas assisté aux réunions des propriétaires, n’est pas surpris de l’appui de ces derniers.

« Ce n’est pas nouveau : quand le commissaire a donné son approbation (au projet) en juin, c’était à la suite d’une recommandation du comité exécutif du baseball, où siègent environ le tiers des propriétaires d’équipe, a-t-il expliqué. Quand le comité exécutif appuie un projet, toutes les équipes l’appuient. C’était le coup de pouce dont nous avions besoin pour explorer ce projet de façon officielle.

« Maintenant, on fait notre travail pour mettre en chiffres tout ce dont nous avons parlé. […] Ça prendra quelques mois, mais nous allons présenter plus tard cette année au Baseball majeur nos conclusions. »

Jeudi, à Orlando, le propriétaire majoritaire des Rays, Stuart Sternberg, a fait une présentation qui a laissé une forte impression sur les propriétaires.

« Je suis convaincu à 100 %, mais encore plus important, les autres propriétaires ont été convaincus par Stu, que c’est la meilleure façon de garder le baseball à Tampa Bay », a affirmé Manfred au Times.

Manfred souhaite voir ce dossier se régler plus tôt que tard, mais il reste tout de même plusieurs obstacles à franchir.

« Nous sommes proactifs, mais c’est vrai, nous n’avons pas encore de terrain, a admis Bronfman. Mais on a un plan et de bonnes relations avec la ville. […] Dans toute cette aventure, nous avons beaucoup de questions toujours sans réponses, mais nos intentions sont bonnes avec un plan très solide. Toutes les pièces doivent toutefois tomber en place. »

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Pierre Boivin, président de Claridge, et Stephen Bronfman.

Le Groupe de Montréal, dont Bronfman est le fer-de-lance, attend le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal sur son projet de revitalisation du bassin Peel, où serait construit un éventuel stade de baseball. Le rapport doit paraître dans les prochaines semaines.

Un autre obstacle important se trouve du côté de St. Petersburg, où le maire, Rick Kriseman, refuse que les Rays jouent des matchs locaux ailleurs qu’au Tropicana Field d’ici la fin de leur bail, à la conclusion de la saison 2027. Dans cette conjoncture, le projet de villes-sœurs ne pourrait voir le jour avant 2028.

« C’est un jeu politique, a argué Bronfman. C’est normal. Il y a toujours des options. On aimerait travailler avec (St. Pete), mais on peut travailler avec d’autres partenaires dans la région. C’est une grande partie d’échecs et ce n’est pas le premier obstacle que nous avons à franchir, ni le dernier. Ce n’est pas un projet facile, il y a plusieurs défis à relever, mais tous les intervenants autour de la table sont passionnés et sont engagés à 100 %. Nous avons un plan solide, qui a beaucoup de sens. Il y a toutefois plusieurs variables que nous ne contrôlons pas. »

Bronfman estime d’ailleurs que 2020 sera une année charnière pour ce projet.

« Ce sera notre année. On a beaucoup parlé, maintenant c’est le temps de passer à l’action. Avec le commissaire et les propriétaires de notre côté, le travail de représentation va bientôt commencer. »

Manfred a indiqué qu’il demeurait ouvert à la possibilité que les Rays puissent obtenir un nouveau stade pour demeurer à temps plein dans la région, mais qu’il s’en remet au jugement de Sternberg et des autres dirigeants des Rays. Il ajoute qu’il serait injuste de penser que deux projets aussi différents puissent être menés de front et que présentement, « l’attention est tournée vers l’option des villes-sœurs ».

Ouverture à Toronto

Plusieurs propriétaires et dirigeants d’équipes ont refusé les demandes d’entrevues du Tampa Bay Times, mais le président des Blue Jays de Toronto, Mark Shapiro, a déclaré que la seule équipe en sol canadien est ouverte à l’idée que les Rays les y rejoignent.

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Le président des Blue Jays de Toronto, Mark Shapiro.

« Nous sommes favorables à ce qu’ils étudient cette option et nous sommes intéressés de voir comment tout ça va se conclure, a-t-il dit. Nous sommes sans aucun doute en faveur de ce qui pourrait avoir un impact positif sur le paysage du baseball au Canada. […] Il y a des arguments des deux côtés : c’est agréable d’être le seul club au Canada, mais ce serait bien qu’il y ait un plus grand intérêt également. »

Le Times rapporte aussi que l’Association des joueurs pourrait avoir de fortes objections envers ce projet, qui exigerait des joueurs, des entraîneurs, du personnel et des dirigeants — ainsi que leur famille — qu’ils déménagent en plein cœur de la saison. Manfred admet qu’il y aura sûrement quelques problèmes avec le syndicat, « mais rien d’insurmontable ».

« Je ne suis jamais frustré par les éléments que je ne contrôle pas, a conclu Bronfman. Ça ne donne rien de perdre son temps là-dessus ou de se stresser avec ça. Quand ces éléments tombent en place, c’est parfait et on passe au prochain point. Ce serait super de boucler ce projet bientôt. Mais on veut un projet viable avec toutes les approbations nécessaires. »