Les quarts de finale, au meilleur de cinq matchs, commencent ce lundi dans la Ligue américaine, et mardi dans la Ligue nationale. Coup d’œil.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Houston (29-31) c. Oakland (36-24)

Le premier duel, dès 16 h 07, soyons précis, mettra aux prises deux équipes qui suscitent a priori des sentiments bien différents… Les Astros n’ont évidemment plus la cote depuis le scandale des vols de signaux dévoilé à la fin de la saison 2019. Les joueurs en sont pleinement conscients, et ce n’est sûrement pas étranger à leur difficile campagne 2020. « Réduire au silence ceux qui nous détestent. C’est ce qui a résumé notre saison », a dit le voltigeur Josh Reddick après que son équipe a balayé les Twins du Minnesota au premier tour. Les champions de la Série mondiale de 2017 se frottent maintenant aux Athletics… qui comptent dans leurs rangs celui qui a révélé le scandale : leur ex-coéquipier Mike Fiers. Sur le terrain, attention à l’arrêt-court vedette Carlos Correa, qui a connu une bonne, bien que courte, série contre le Minnesota. Mais c’est leur personnel de lanceurs qui a propulsé les Astros au tour suivant en n’accordant que deux points en deux matchs, meilleure prestation parmi les huit équipes de l’Américaine. Du côté d’Oakland, qui s’est débarrassé des White Sox de Chicago à la limite des trois rencontres après avoir perdu la première, il y a peu à dire de ce premier tour âprement disputé. Si ce n’est qu’ils ont envoyé huit lanceurs au monticule dans le dernier match. Les A’s sauront-ils faire plaisir à une grande proportion des fans ?

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Mike Fiers, des Athletics d’Oakland

New York (33-27) c. Tampa Bay (40-20)

On avait évoqué la possibilité d’un one-two punch expéditif des Yankees au premier tour contre les Indians de Cleveland. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Pourtant, les porte-couleurs du Bronx affrontaient au premier match Shane Bieber, fort probablement gagnant du trophée Cy-Young dans l’Américaine. Le pauvre s’est fait tailler en pièces par les cogneurs new-yorkais. En deux matchs, ces derniers ont frappé 7 circuits et marqué 22 points. Du lourd. Mais il ne faudrait pas sous-estimer l’équilibrée formation floridienne, qui a compilé la meilleure fiche de l’Américaine en saison. Son personnel de lanceurs s’est moqué des jeunes mais dangereux frappeurs des Blue Jays de Toronto au premier tour. Pas une surprise, puisque Tampa Bay avait terminé le calendrier au troisième rang des majeures pour la moyenne de points mérités. Leur travail contre les Blue Jays n’a donc été qu’une suite logique de leurs accomplissements dans les 60 matchs précédents. Mais Toronto n’est pas New York. Peut-on résister soir après soir aux élans des LeMahieu, Stanton, Judge, Urshela, Voit, Torres ? Chaque lancer sur le pilote automatique pourrait coûter cher. Cela dit, en saison, Tampa Bay a enlevé huit des dix matchs entre les deux équipes et ne devrait donc pas souffrir de complexe d’infériorité. Un face-à-face intéressant.

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Aaron Judge, des Yankees de New York

San Diego (37-23) c. Los Angeles (43-17)

On pourrait croire que le statisticien en chef du baseball majeur est le beau-frère de Fernando Tatis fils, tellement il inonde le compte MLB Stats de chiffres à son sujet ! À sa défense, la jeune sensation des Padres lui a donné beaucoup de matière contre les Cardinals de St. Louis, au premier tour. À ses trois premiers matchs de séries en carrière, l’arrêt-court de 21 ans a récolté 5 coups sûrs en 11 présences, en plus de marcher 3 fois vers le premier but, a marqué et produit 5 points et frappé 2 circuits. Pas mal. Par ailleurs, en frappant tous deux plus d’un circuit dans le deuxième match, Tatis fils et Wil Myers sont devenus le deuxième duo de l’histoire à réussir cet exploit en après-saison. L’autre fois, c’était en 1932. Deux inconnus nommés Babe Ruth et Lou Gehrig. Mais le party pourrait se terminer dans quelques jours à San Diego. Comme prévu, les Dodgers se sont débarrassés des Brewers de Milwaukee sans même avoir à sortir le grand jeu : 4-2, 3-0, merci, bonsoir. Seulement deux points accordés qui, étonnamment, les placent troisièmes à ce chapitre dans la Nationale, derrière les deux équipes qui feront les frais de l’autre demi-finale. Mais contrairement à Atlanta et Miami, l’efficacité globale des artilleurs de L.A. avait déjà été démontrée en saison, eux qui ont signé la meilleure moyenne de points mérités des majeures. Un énorme test pour les jeunes Padres.

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Clayton Kershaw, des Dodgers de Los Angeles

Miami (31-29) c. Atlanta (35-25)

Il y a beaucoup à dire sur ces Marlins, tombeurs des Cubs de Chicago au premier tour. D’abord, ç’a bien mal commencé pour eux avec une éclosion de COVID-19 en début de saison. Deux mois plus tard, ils devenaient la première équipe à participer aux séries après une campagne de plus de 100 défaites. Et, alors que leurs adversaires, les Braves, viennent de mettre un frein à une vilaine séquence de dix séries perdues consécutives, les Marlins, eux, n’en ont jamais perdu une ! À leurs deux autres présences automnales (1997 et 2003), ils ont tout simplement gagné le championnat. On l’a déjà écrit, Miami n’a pourtant rien accompli d’exceptionnel en saison, ni collectivement ni individuellement. Leur meilleur joueur, statistiquement du moins ? Le joueur de troisième but Brian Anderson, 11 circuits, 38 points produits. Atlanta a donné un grand total de zéro point en deux matchs contre les Reds de Cincinnati. C’est seulement un de moins que Miami, cela dit. Peu de feux d’artifice en vue, pourrait-on donc anticiper. Mais, en saison, les Braves ont terminé deuxièmes de la Nationale pour les points, les circuits et la moyenne au bâton. Pas une partie de plaisir pour les lanceurs des Marlins, qui n’avaient vraiment pas un tel défi devant eux face aux Cubs. Et dont ils risquent fort de s’ennuyer.

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Brian Anderson, des Marlins de Miami