(Toronto) Le jeune noyau des Bue Jays de Toronto a fait des pas de géant au cours de cette saison écourtée par la pandémie. Une participation inattendue aux séries s’est avérée une belle addition au développement de ses joueurs.

Gregory Strong
La Presse Canadienne

Les Blue Jays ont roulé avec les coups sous les ordres de leur gérant Charlie Montoyo, à sa deuxième saison à la barre de l’équipe. Elle s’est hissée jusqu’au huitième et dernier rang donnant accès au nouveau format éliminatoire.

D’être balayés par les favoris dans l’Américaine, les Rays de Tampa Bay, a fait mal. Mais l’expérience acquise dans ces matchs importants de septembre servira à cette équipe en ascension.

« Nous allons apprendre de cela comme équipe et nous tourner la page, nous retrousser les manches, a déclaré le receveur Danny Jansen. Mais juste de ne retrouver ici, après ce que nous avons fait cette saison, nous sommes fiers. »

Après trois années passées à réduire la masse salariale, les dirigeants des Jays ont recommencé à dépenser l’hiver dernier, ajoutant le partant Hyun-Jin Ryu à la rotation, moyennant 80 millions US sur quatre ans.

Ryu s’est avéré l’as partant faible dont la rotation avait besoin. Elle était maintenant appuyée par un enclos plus fort. La pression a été relâchée sur l’attaque du club, et les joueurs ont eu plus de latitude pour apprendre de leurs erreurs sur le terrain.

Une fiche de 7-11 après ses 18 premiers matchs n’a pas affecté cette équipe qui a dû gérer des blessures à des éléments clé. Ils ont remporté leurs six matchs suivants et les Jays n’ont plus jamais replongé sous la barre de ,500.

Après avoir complété la saison 2019 à 67-95, leur fiche de 32-28 constitue un énorme pas en avant.

« Ça a été une excellente saison pour nos jeunes et une grande leçon que goûter au baseball des séries », a indiqué le gérant Charlie Montoyo.

Les Rays n’ont frappé que quatre coups sûrs dans leur victoire de 3-1 dans le premier match, mais ils sont tombés à bras raccourcis sur Ryu tôt dans la deuxième rencontre, se forgeant une avance de 7-0, en route vers un gain de 8-2.

Montoyo a pris un risque en repoussant d’une journée le départ de Ryu pour confier le match no 1 au duo Matt Shoemaker-Robbie Ray pour six manches. Si ce duo a bien fait, Ryu a choisi le pire moment qui soit pour connaître une mauvaise sortie.

Ce pari a aussi fait en sorte que Taijuan Walker, le deuxième meilleur lanceur des Jays, n’a pas lancé des séries. Il devait amorcer le troisième match qui n’aura jamais lieu.

Les partants des Jays ont rarement franchi la cinquième manche cette saison. Montoyo a pris le pari qu’un releveur valait mieux que de tenter d’affronter un rôle offensif pour une troisième fois.

Les départs plus courts ont la cote dans les Majeures, surtout avec les formations comptant plus de joueurs, ce qui permet d’avoir plus de profondeur dans l’enclos. Parfois, les partants des Jays se sont plaints d’être retirés rapidement, tandis que la charge de travail a fini par rattraper les releveurs, qui ont souffert de leur lot de blessures.

Le noyau de jeunes joueurs des Jays s’est amélioré, malgré quelques désagréments normaux pour une jeune formation.

Le deuxième-but Cavan Biggio semble prêt à devenir un pilier de cette formation, tandis que l’inter Bo Bichette en est le cœur. Vladimir Guerrero fils a offert un avant-goût de son énorme potentiel et Teoscar Hernandez s’est avéré un des bons frappeurs de puissance du baseball.

Lourdes Gurriel est devenu un joueur fiable et constant, tandis que Rowdy Tellez a prouvé qu’on pouvait compter sur sa puissance. Rafael Dolis et Anthony Bass sont devenus d’excellents spécialistes de fin de match, tandis que l’Ontarien Jordan Romano leur a bien mis la table.

« Ils croient qu’ils peuvent gagner et ils croient qu’ils peuvent s’améliorer », a noté Montoyo.

Il y a des déceptions également. Ken Giles, qui devait clore les matchs, a raté pratiquement toute la saison et devra subir une reconstruction ligamentaire du coude. Les lanceurs Tanner Roark et Shun Yamaguchi ont été exclus de la formation en vue des séries. L’avant-champ Jonathan Villar n’a jamais semblé s’acclimater à son arrivée en provenance de Miami.

Mais de façon générale, il y a beaucoup de positif au sein de ce club. Ce sera au directeur général Ross Atkins d’ajouter à ce noyau au cours de l’hiver.

« De se retrouver ici après cette saison inhabituelle, je pense que nous en avons bénéficié, a ajouté Jansen. Nous allons en retirer beaucoup. Nous allons travailler d’arrache-pied et cet, mais nous sommes affamés. Nous serons de retour. »