Les Blue Jays de Toronto ont accepté leur vie nomade en cette saison régulière tronquée de 60 matchs. Et cela ne changera pas maintenant que l’équipe est sur le point d’amorcer son calendrier 2020 « à domicile », à Buffalo.

Gregory Strong
La Presse canadienne

Les Blue Jays ont finalement élu domicile au Sahlen Field de Buffalo faute d’obtenir l’autorisation d’utiliser le Rogers Centre en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus ou de partager un stade des Ligues majeures ailleurs.

L’équipe a dit au revoir à la capitale de l’Ontario il y a trois semaines. Il est maintenant temps de dire bonjour à sa résidence temporaire à Buffalo.

Nous devrions pouvoir bien nous installer là-bas. Évidemment, on souhaiterait jouer dans un stade des Ligues majeures, mais nous allons nous en contenter et en tirer le meilleur parti.

Le voltigeur Randal Grichuk des Blue Jays lors d’un récent appel vidéo.

Habituellement le stade des Bisons, le club-école AAA de la formation torontoise, les Blue Jays (5-8) y accueilleront les Marlins de Miami (7-3), mardi, pour le premier d’un séjour de cinq matchs à domicile qui comprend une série cette fin de semaine contre les Rays de Tampa Bay. Pour l’équipe, il s’agit du premier match à domicile.

Le match d’ouverture locale des Blue Jays était initialement prévu le 29 juillet contre les Nationals de Washington. Les Blue Jays ont joué le rôle d’équipe hôte dans des stades de l’équipe adverse pendant que le Sahlen Field était mis aux normes du Baseball majeur.

Les améliorations ont compris un nouvel éclairage, des améliorations sur le terrain, l’agrandissement du vestiaire et l’ajout d’installations d’entraînement en plein air et de zones d’entraînement.

Un stade de lanceurs

Le partant recrue des Blue Jays, Nate Pearson, qui a passé une partie de la saison 2019 avec les Bisons à Buffalo, a souligné qu’il avait aimé y lancer.

« J’ai vraiment aimé le monticule, il est bien et haut. Je me sentais plutôt à l’aise contre les frappeurs. J’ai l’impression que c’est un stade de lanceurs plutôt qu’un stade de frappeurs. »

Plusieurs joueurs des Blue Jays – dont le noyau de jeunes comme Vladimir Guerrero fils, Bo Bichette, Cavan Biggio et Lourdes Gurriel fils – ont déjà évolué avec les Bisons et sont familiers avec le stade de baseball vieux de 32 ans et sis au centre-ville de Buffalo.

Avec une distance de 325 pieds aux lignes de démarcation et de 404 pieds au champ centre, les dimensions sont assez similaires à celles du Rogers Centre.

Gazon naturel

« De manière générale, c’est un terrain de niveau AAA tout à fait normal, a révélé l’ancien lanceur torontois Shawn Hill, qui a joué pour les Bisons en 2014. C’est assez ordinaire pour ce qui est du champ extérieur. Vous n’avez pas beaucoup de recoins étranges ou quelque chose du genre. »

Le Sahlen Field possède un gazon naturel plutôt que la surface synthétique utilisée à Toronto.

C’est un terrain décent, mais ce n’est pas un terrain des Ligues majeures, a soutenu Hill. On pourrait utiliser l’argument que les (Blue Jays) pourraient avoir un avantage. Ils y joueront plus souvent.

L’ancien lanceur torontois Shawn Hill.

« Ils peuvent s’y habituer et savoir à quoi s’attendre alors que les équipes venant d’un stade des Ligues majeures vers un terrain triple-A vont avoir un plus grand défi. »

Une question d’adaptation

Comme de nombreux athlètes professionnels, les joueurs de baseball ont leurs habitudes. La visibilité, les irrégularités de l’éclairage, la qualité du champ intérieur, la hauteur du monticule et le style de gazon peuvent tous demander un certain temps d’adaptation en fonction de l’athlète.

Hill, maintenant dépisteur avec les Yankees de New York, a expliqué que la qualité de l’éclairage serait probablement le facteur le plus important pour les joueurs.

« Tous les stades du Baseball majeur offrent une luminosité vive et brillante et vous pouvez tout voir, a dit Hill. On parle ici d’être capable de bien voir la rotation de la balle. Être capable de bien voir l’élan du frappeur. Le voltigeur doit être capable de réagir dès que le frappeur fait contact avec la balle. »

Les quatre premiers matchs à domicile de Toronto doivent être disputés en soirée sous les projecteurs.

« Je sais que certains frappeurs se plaignaient du fait que (le tableau indicateur) était juste au centre du terrain, dans l’œil du frappeur. Ça les dérangeait un peu, se souvient Pearson de son époque avec les Bisons. Ce sera intéressant de voir ce qu’ils font avec ça. »