Dennis Martinez a lancé des centaines et des centaines de prises lors de son illustre carrière sur le monticule, mais cette fois, il veut atteindre la cible d’une autre façon : en faisant une collecte de fonds pour son pays d’origine.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Ces jours-ci, l’ex-lanceur des Expos habite Miami, mais ça ne l’empêche pas de suivre ce qui se passe dans son Nicaragua natal, un pays qu’il n’a pu visiter depuis deux ans en raison des secousses politiques. Et il n’aime pas du tout ce qu’il voit sur son écran, même de loin.

« On sait que c’est un peu tout le monde qui souffre depuis le début de cette pandémie », explique-t-il, joint à son domicile.

« Mais ce qui se passe au Nicaragua est encore pire. Je regarde les images, je lis sur le sujet, et je dois dire que c’est quelque chose qui m’affecte grandement. Alors je me suis demandé ce que je pouvais faire. »

C’est ainsi que Martinez a eu l’idée de lancer une campagne par l’entremise du site GoFundMe.com, avec comme objectif de récolter 50 000 $ pour aider le personnel médical au Nicaragua, qui serait très mal outillé pour combattre la COVID-19, selon ce qu’il a pu comprendre de la situation là-bas.

En date du 15 mai, la campagne avait permis d’amasser tout près de 17 000 $ pour cette cause.

Pour moi, dans cette crise, les membres du personnel médical sont comme des joueurs, et dans ce cas-ci, il faut aider les joueurs du Nicaragua.

Dennis Martinez

« Il faut aider les médecins, les infirmières, tous ceux qui travaillent dans les hôpitaux. Il faut leur donner les outils nécessaires, des masques, des combinaisons, des visières, des chaussures. Si nos joueurs ne peuvent pas se protéger et qu’ils deviennent ensuite infectés à leur tour, au Nicaragua, ce sera un massacre. »

Montréal, encore et toujours

En répondant au téléphone, vendredi, Dennis Martinez n’a pas semblé surpris de constater qu’il y avait un membre des médias montréalais au bout du fil. Pas surpris parce qu’à ses yeux, il y aura toujours une relation très étroite entre lui et la ville où il a lancé des balles de baseball pendant sept ans, alors qu’il portait le maillot des Expos.

« C’est drôle parce que je n’ai pas fait que jouer à Montréal lors de mes années au baseball majeur; j’ai aussi lancé à Atlanta, à Cleveland, à Baltimore… et pourtant, depuis le début de cette campagne de collecte de fonds, ce sont avant tout les médias de Montréal qui prêtent l’oreille. Je dois dire que ça ne me surprend pas, parce que j’ai toujours été de tout cœur avec le public montréalais, et vous ne l’avez pas oublié. »

Comme un peu tout le monde, Dennis Martinez passe beaucoup de temps à la maison ces jours-ci, et puis, heureux hasard, les images de son célèbre match du 28 juillet 1991 à Los Angeles sont souvent diffusées depuis le début de la pause actuelle.

PHOTO ARCHIVES DAILY NEWS

Le 28 juillet 1991, à Los Angeles, Dennis Martinez lançait une partie parfaite, dans une victoire de 2-0 des Expos contre les Dodgers. À cette date, il s’agissait seulement du 13e match parfait de l’histoire du baseball majeur.

Le match est célèbre en raison du résultat, que l’on connaît fort bien : une partie parfaite, et une victoire par la marque de 2-0 contre les Dodgers. À cette date, il s’agissait seulement du 13e match parfait de l’histoire du baseball majeur.

Comme nous tous, aussi, Dennis Martinez aime bien revoir les images de cette journée du 28 juillet 1991.

« C’est toujours étonnant de revoir ça parce que ça fait si longtemps, mais d’un autre côté, j’ai l’impression que c’est arrivé hier… »

C’est quelque chose que personne ne pourra jamais m’enlever, et c’est quelque chose que personne ne pourra jamais enlever à Montréal non plus. Ce qui s’est passé ce jour-là, c’est comme un miracle.

Dennis Martinez

Au fait, et on peut certes s’en douter, Dennis Martinez n’a pas oublié Montréal, et maintenant, dans cette crise qui afflige tout le monde, il nous demande aussi de ne pas l’oublier, et de ne pas oublier non plus ses compatriotes.

Et un jour, peut-être pas si lointain, espère-t-il, il aimerait bien pouvoir revenir.

« J’ai parlé à Stephen Bronfman et je suis conscient de l’intérêt qu’il y a pour un retour des Expos… Vous savez, j’ai entendu dire au fil des années que Montréal n’est pas une bonne ville de baseball, mais je sais que c’est complètement faux. Parce que je sais à quel point vous aimez le baseball. »