(Boston) Dave Dombrowski, le grand patron des Red Sox de Boston, a abandonné tout espoir de mériter un quatrième titre consécutif de la section Est de la Ligue américaine lorsqu’il a décidé de demeurer inactif à la date limite des transactions. Peu de temps après, les joueurs se sont sortis de la course pour une place dans les séries éliminatoires.

Jimmy Golen
Associated Press

Un an après une campagne record qui les a menés vers une quatrième conquête de la Série mondiale en 15 saisons, les Red Sox sont destinés à rater les séries pour la première fois depuis 2015.

Après avoir gagné cinq matchs sur six contre les Yankees de New York et les Rays de Tampa Bay — les deux formations qu’ils pourchassent dans l’Est —, peu de temps avant la date limite du 31 juillet pour effectuer des échanges, les champions en titre n’ont remporté que trois des 15 parties suivantes.

Alex Cora, qui a mené les Red Sox vers une récolte de 108 victoires l’an dernier — un record d’équipe — à sa première saison à la barre de l’organisation, reconnaît qu’il n’y a plus de temps à perdre.

« En fait, ça ressemblait à un match éliminatoire », a illustré Cora, après une victoire contre les Indians de Cleveland pour freiner la glissade, plus tôt cette semaine.

« Si nous voulons y arriver, nous devons amorcer nos éliminatoires avant tout le monde. »

C’est peut-être déjà trop tard.

Les Red Sox sont plus près de la quatrième place que du premier rang — à 17,5 matchs du sommet dans l’Est et face à un recul de 7,5 parties dans la course au quatrième as. Il ne leur reste que quatre rencontres à jouer contre les Yankees, le même nombre contre les Rays, et aucune contre les Indians ou les Athletics d’Oakland, qui les devancent aussi dans la course au quatrième as.

À la date limite des transactions, Dombrowski a admis que sa formation ne rattraperait pas les Yankees, et indiqué qu’il ne voulait pas trop donner pour obtenir un joueur qui les aiderait à prendre part au match suicide que représente le duel entre les deux équipes qualifiées à titre de quatrième as.

« Si nous étions plus près de la première place, j’aurais l’esprit plus ouvert, avait déclaré Dombrowski. Je pense que si nous voulons nous qualifier, ce sera avec les gars qui se trouvent dans le vestiaire. »

La réponse du vestiaire : des défaites lors des six parties suivantes — huit de suite en tout — incluant un balayage d’une série de quatre matchs par les Yankees qui, à toutes fins pratiques, a sonné le glas des Red Sox.

Pas de touche magique

Il y a un an, tous les gestes qu’a posés Dombrowski ont semblé fonctionner : il a acquis J. D. Martinez pendant le camp d’entraînement, ajouté Steve Pearce en juin et, avant la date limite des transactions, greffé Nathan Eovaldi et Ian Kinsler.

Martinez a terminé quatrième dans la course au titre de joueur le plus utile dans la Ligue américaine et Pearce a mérité cet honneur à l’issue de la Série mondiale. De plus, Eovaldi a été l’étoile du troisième match de la classique automnale en lançant six manches en relève dans un revers des Red Sox en 18e manche.

Cette prestation a été perçue par plusieurs comme ayant joué un rôle-clé dans les victoires des Red Sox lors des quatrième et cinquième rencontres puisqu’elle avait permis aux autres lanceurs de l’équipe de demeurer frais et dispos.

Eovaldi et Pearce ont ensuite été récompensés à titre de joueurs autonomes. Toutefois, Pearce a affiché une moyenne au bâton de ,180 en seulement 29 matchs, et passé la majeure partie de la campagne sur la liste des blessés. De son côté, Eovaldi a raté deux mois à cause d’une blessure au coude et à son retour, il s’est retrouvé dans l’enclos des releveurs.

Par ailleurs, Andrew Cashner, l’importante acquisition du milieu de la saison, a présenté un dossier de 1-4 et une moyenne de points mérités de 8,01 en six départs après son arrivée de Baltimore au début de juillet. Depuis, il a été rétrogradé en relève.

Cashner devait donner du tonus à un groupe élite de lanceurs partants qui, finalement, auront été la plus grande déception chez les Red Sox en 2019.

Chris Sale (6-11, 4,40) est en voie de connaître la pire saison de sa carrière. Rick Porcello (10-9, 5,67), vainqueur du Cy-Young en 2016, est dernier dans la Ligue américaine avec un total de 84 points mérités alloués. David Price, lauréat du trophée en 2012, affiche un dossier de 7-5 et une moyenne de points mérités de 4,36, sa pire en dix ans.

Du côté de la relève, à la suite des départs de Craig Kimbrel et de Joe Kelly, devenus joueurs autonomes, les Red Sox ont saboté 22 des 46 chances de sauvetage, la pire proportion dans les Majeures.