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Un nouvel envol pour Katerine Savard

Spécialiste du papillon, la nageuse Katerine Savard a... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Spécialiste du papillon, la nageuse Katerine Savard a pris la décision de s'entraîner au club CAMO de Montréal après sept saisons au club CSQ de Québec.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Les changements de club sont nombreux dans le monde de la natation. Mais quand un transfert concerne la meilleure nageuse au Québec, ça ne passe pas inaperçu.

Katerine Savard a elle-même mis plusieurs mois avant de concrétiser sa décision. Son diplôme d'études collégiales en poche, elle a décidé de plonger à la fin du mois de décembre. Après sept saisons au club CSQ de Québec, elle a empaqueté maillots, planche, palmes et flotteur et pris la direction de Montréal. Depuis le 1er janvier, elle s'entraîne au club CAMO sous la gouverne de Claude St-Jean.

Trois mois plus tard, l'athlète de 20 ans cherche encore ses mots pour expliquer ce changement de cap. «Ce sont de grosses décisions», a-t-elle fait valoir, la semaine dernière, avant un entraînement au Complexe sportif Claude-Robillard. «C'est vraiment difficile de choisir. Il y avait une partie de moi qui ne voulait pas partir. Parce que c'est épeurant aussi. Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques.»

Savard n'a pas quitté son club en raison d'un conflit avec son ancien entraîneur. Sa relation avec Marc-André Pelletier, qui la dirigeait depuis près de six ans, était bonne. «C'est sûr que c'est toujours difficile, admet-elle. Veux, veux pas, c'est comme une séparation. Il me connaissait très bien. On a vécu beaucoup de choses ensemble.»

Comme une première expérience olympique, à Londres en 2012, où la spécialiste du papillon n'a pas offert une performance à la hauteur des espérances. Elle en était ressortie meurtrie. Elle entendait des gens lui prédire une traversée du désert. Pourtant, l'été dernier, elle a abaissé ses records canadiens au papillon, gagné l'or aux Universiades de Kazan et terminé cinquième du 100 m papillon aux Championnats du monde de la FINA, à Barcelone.

Après un tel succès, pourquoi partir? «Un goût de changement», répond Savard, combiné à une volonté de connaître de nouvelles méthodes d'entraînement et de bénéficier d'un autre apport technique.

Pelletier n'a pas cherché à la retenir, même s'il estime qu'il pouvait mener son ex-protégée à un podium. «Est-ce que j'aurais aimé ça qu'elle reste?, demande l'entraîneur. Oui, mais je ne suis pas en guerre avec elle. Je ne ferai pas la diva qui veut garder tous ses nageurs. À partir du moment où elle voulait partir, mon rôle a été de l'aligner le mieux possible.»

À l'automne, Savard a visité le centre national de Toronto et participé à des Coupes du monde avec l'entraîneur de Victoria Randy Bennett. Elle avait également fait un stage avec le centre de Vancouver la saison précédente.

Son désir de rester près des siens et de poursuivre des études universitaires dans sa langue a fait pencher la balance. De même que la possibilité de compter sur un entraîneur d'expérience comme Claude St-Jean, qui a mené Marianne Limpert à un podium olympique en 1996 et a accompagné Audrey Lacroix, l'autre spécialiste du papillon originaire de Pont-Rouge, jusqu'à une finale aux Mondiaux 2007.

«J'avais envie de voir ce qu'il pouvait m'apporter de plus», dit Savard, néanmoins étonnée par l'ampleur de l'adaptation. «Ça m'a même surprise que le type d'entraînement soit différent à ce point.»

Après trois mois de cohabitation, St-Jean est impressionné par l'engagement et l'attitude de sa nouvelle nageuse. «C'est une fille formidable dans l'eau, constate-t-il. Il n'y a pas un entraînement où elle ne pousse pas à fond, où tu lui demandes de faire des corrections et qu'elle n'y fait pas attention. Le lendemain, elle te demande si c'est mieux, si on ne peut pas retravailler telle ou telle chose. Elle est vraiment à son affaire.»

Pour l'heure, l'accent a été mis sur l'amélioration de ses départs et de ses virages et sur le renforcement de son battement de jambes sous-marin, l'une de ses grandes forces. St-Jean souhaite également qu'elle modifie ses stratégies de course, en particulier sur le 200 m papillon, où elle avait tendance à partir rapidement avant de «mourir» dans la dernière longueur.

Savard prendra une première mesure de son évolution dans le cadre des essais canadiens de Victoria, de mercredi à samedi. Cette compétition sert de qualification pour les Jeux du Commonwealth de Glasgow (23 juillet au 3 août) et les championnats panpacifiques de la Gold Coast australienne (21 au 25 août), les deux grands rendez-vous de 2014.

Après s'être foulé le pied droit il y a quelques semaines - un problème récurrent chez cette athlète aux articulations extraflexibles - , Savard vise simplement une sélection. Ensuite, elle ciblera un podium en Écosse et en Australie. «Je pense que c'est plausible. Je vais essayer, disons», dit-elle d'un ton prudent.

Son entraîneur, lui, a déjà de grandes visées. «Elle était cinquième au monde à Barcelone, souligne St-Jean. Quand j'étais à Fredericton avec Marianne (Limpert), elle était cinquième au monde et elle a fini sur le podium aux Jeux olympiques. Tout est possible.»




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