Après trois médailles olympiques, Émilie Heymans n'est pas rassasiée. La plongeuse de 26 ans a encore le goût de la performance. Elle s'engage donc pour un autre cycle olympique, celui de Londres-2012. Si tout se passe bien dans la capitale britannique, elle pourrait devenir la première athlète canadienne à gagner une médaille à quatre Jeux olympiques consécutifs.

Simon Drouin LA PRESSE

«Je n'avais même pas pensé à ça», a souri Heymans en marge d'un point de presse informel à la Piscine olympique, hier après-midi.

Si la médaillée d'argent des derniers Jeux de Pékin passe à l'histoire, ce ne sera pas sur la plateforme de 10 mètres. Heymans a en effet décidé de bondir sur le tremplin de 3 mètres au cours des quatre prochaines années.

Après une douzaine d'années à subir des impacts à 50 kilomètres à l'heure, le corps a décidé que c'était assez. «Le 10 mètres est une épreuve super difficile. Et ce l'était encore plus pour moi à cause de ma taille», a rappelé l'athlète de cinq pieds sept pouces, qui faisait presque figure d'extraterrestre dans une discipline dominée par des puces de 70 livres. C'était encore plus vrai depuis 2004, alors que le niveau de difficulté général des plongeons a considérablement augmenté.

Sur le tremplin, Heymans retrouvera des athlètes plus à son image, musculaire et explosive. Elle pourra également jauger sa valeur sur la scène internationale, une question qui la taraude depuis qu'elle a délaissé un peu le tremplin avant les Jeux de Sydney, en 2000.

«Je n'ai jamais développé mes capacités au 3 mètres», a-t-elle souligné. Au mieux, elle consacrait 20 % de son temps d'entraînement au tremplin. Cela ne l'avait pas empêchée de finir neuvième aux Jeux d'Athènes ou de gagner l'argent aux Jeux du Commonwealth de 2002.

En dépit de son talent naturel, Heymans est loin de croire qu'elle arrive en territoire conquis. D'une part, le 3 mètres est beaucoup plus exigeant techniquement en raison du rebond du tremplin. D'autre part, Heymans se mesurera à des rivales spécialistes du 3 mètres depuis leur tout jeune âge. «J'ai du temps à rattraper», a reconnu celle qui a repris l'entraînement à sec depuis une semaine.

Heymans compte donc consacrer les deux prochaines années à l'acquisition d'une bonne technique de base, sans égard aux résultats. Elle prévoit également hausser ses coefficients de difficulté en transformant deux plongeons groupés en carpés.

«Ça me donne un autre défi que seulement continuer à m'entraîner et avoir un objectif de performance», a souligné l'étudiant en commercialisation de la mode.

Heymans aura 30 ans en 2012. Trop vieille pour songer au podium? La Russe Yuliya Pakhalina, quintuple médaillée olympique, avait elle aussi 30 ans quand elle a remporté deux médailles d'argent à Pékin. «Si je croyais que ce n'était pas possible, je n'aurais pas continué», a affirmé Heymans, très claire sur ses ambitions.