Les Britanniques sont sévères avec leurs dirigeants.

Mis à jour le 23 juill. 2011
Michel Marois LA PRESSE

Cela va des médias, aux discussions dans les pubs, en passant par les potinages dans les salons de beauté. Une sorte de sport national, qui s'attaque aussi bien aux politiciens qu'aux membres de la famille royale, sans oublier les patrons d'entreprises ou ceux des organisations sportives.

À un an des Jeux olympiques de Londres, les dirigeants du Comité organisateur sont ainsi soumis à un barrage incessant d'investigations, de critiques et même d'accusations bien réelles. Pour eux, on a l'impression que les Jeux sont déjà commencés et qu'ils seront bien soulagés le jour où les athlètes vont disputer leurs premières compétitions.

Présent à Wimbledon pour un point de presse sur le tournoi olympique de tennis, le président du LOCOG (London Organising Commitee for the Olympic Games), Sebastian Coe, a dû affronter un barrage de questions... sur d'autres sujets.

L'attribution du stade olympique au club de soccer de West Ham, de la Première ligue anglaise, au détriment d'un autre club londonien, Tottenham, a évidemment été évoquée après la révélation du versement d'une somme importante à une employée du Olympic Park Legacy Committee par un dirigeant de West Ham.

Le processus d'allocation des quelque 6,6 millions de billets pour les épreuves a aussi été critiqué, même si les Britanniques sont déjà assurés d'obtenir 95% des places. En fait, le système de réservation des places - disponibles dans une fourchette de prix de 20 £ à 2012 £ - s'est avéré un formidable succès. Plus de 1,8 million d'acheteurs ont réservé plus de 20 millions de places en quelques semaines.

Le problème, c'est que les places seront attribuées «au hasard» et que plusieurs doutent de l'efficacité et de l'honnêteté du processus. Coe a préféré se réjouir de la popularité des Jeux.

«La réponse du public est vraiment extraordinaire, a-t-il souligné. La demande a été très forte dans tous les sports. Pour certains événements - les cérémonies d'ouverture et de fermeture, ou les finales de tennis, ici à Wimbledon -, la demande est plus de 10 fois supérieure au nombre de places disponibles.»

Travaux

Pointilleux, plusieurs médias s'indignaient pourtant récemment du traitement chaotique de la vente des billets, certains acheteurs ayant déjà payé des billets qu'ils risquent de ne pas gagner au hasard. Un représentant du LOCOG a assuré en conférence de presse qu'il s'agissait «d'exceptions» et que le public ne paierait évidemment que les billets obtenus.

Autre sujet de critique: l'état du centre de Londres. À 12 mois des Jeux, les travaux se multiplient, non seulement dans l'est de la ville, là où seront disputés la plupart des épreuves, mais aussi dans les grandes artères, dans le métro et même sur certaines places emblématiques de la Capitale.

Un plan de transport très complexe a été développé par Transport for London (TfL), l'organisme londonien responsable des routes, des transports en commun et de la circulation. Présent à Wimbledon, son directeur Garrett Emerson a assuré que tout serait prêt bien avant les Jeux.

«Il s'agit d'un événement considérable qui implique le déplacement quotidien de centaines de milliers d'athlètes, d'officiels et de spectateurs, a-t-il rappelé. Un réseau réservé de 60 kilomètres sillonnera la capitale et les Londoniens devront évidemment accepter quelques sacrifices pendant les Jeux.»

Deuxième ville la plus visitée du monde - avec une moyenne de 14 millions de touristes chaque année -, Londres sera littéralement assiégée l'année prochaine à la même époque. Les autorités restent réservées sur les questions de sécurité, assurant que tout sera mis en place pour contrer d'éventuelles actions terroristes, mais on devine que ce ne sera pas facile d'accéder aux lieux de compétitions ou même aux musées et monuments de la capitale.

Déjà, à un an des Jeux, on sent une grande fébrilité dans les rues de Londres. Comme si la ville elle-même, comme ses dirigeants, avait déjà hâte que les Jeux soient finis...