L'ancien président du Comité international olympique (CIO), l'Espagnol Juan Antonio Samaranch, 89 ans, était hospitalisé mardi dans un état «très grave» dans une clinique de Barcelone, souffrant d'une «insuffisance coronarienne aiguë».

AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Samaranch se trouve «dans une situation grave» avec une «insuffisance coronarienne aiguë» pour laquelle on ne peut «émettre, pour le moment, aucun pronostic favorable», a affirmé mardi soir à la presse Rafael Esteban Mur, directeur du service de médecine interne de l'hôpital Quiron de Barcelone.

«Nous ne pouvons pas être optimistes à cause de son âge et en raison des maladies chroniques dont il souffrait», a-t-il ajouté.

«Il existe un risque vital pour M. Samaranch qui peut durer de quatre à sept jours, a encore expliqué Rafael Esteban Mur notant cependant que, après 48 heures, les médecins se montraient un peu plus optimistes. Les plus graves accidents surviennent au cours des 24 premières heures dans ce genre de cas.»

M. Samaranch, hospitalisé depuis dimanche, «est placé en soins intensifs et intubé. Nous sommes à un moment difficile tout en espérant une évolution dans les prochaines heures pour savoir s'il existe une possibilité de récupération ou non», a-t-il souligné.

Admirateur de Franco

Plus tôt dans l'après-midi, un communiqué de l'hôpital avait indiqué que M. Samaranch était «sous contrôle intensif» et que son état était «très grave».

Le prochain communiqué médical sera diffusé mercredi à 13h00 (7h00 heure de Montréal).

Juan Antonio Samaranch a régné sur le mouvement olympique pendant 21 ans, de 1980 à 2001. Il en est actuellement le président d'honneur.

Seul le baron français Pierre de Coubertin, «père» des jeux Olympiques de l'ère moderne, est resté en fonction plus longtemps que le Catalan (1896-1925).

Homme d'influence et de réseaux, M. Samaranch n'a jamais caché son admiration pour le dictateur Francisco Franco, dont il fut en 1967 le délégué national de l'Education physique et des Sports (l'équivalent de secrétaire d'État).

Ce qui ne l'empêcha pas par la suite de nouer d'excellentes relations avec les Comités olympiques des républiques de l'ex-Union soviétique.

L'ancien président du CIO (1980-2001) a été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années, notamment le 17 juillet 2001 à Lausanne, jour de ses 81 ans, «en raison d'une extrême fatigue» liée au congrès du CIO à Moscou.

La veille, M. Samaranch avait annoncé, depuis la capitale russe, l'élection de son successeur, le Belge Jacques Rogge, trois jours après avoir désigné Pékin pour l'organisation des JO de 2008.

«Marquis»



En août 2001, des complications aiguës d'hypertension artérielle liées «à un énorme effort avant et après» le congrès à Moscou avaient nécessité son hospitalisation à Barcelone. En décembre 2007, il avait été hospitalisé à Madrid après une hausse de tension artérielle.

Enfin, en octobre 2009, il avait été victime d'un malaise cardiaque à Monaco, alors qu'il assistait au Festival international des sports et de la télévision (Sportel). Il avait reçu des soins sur place avant d'être admis à l'hôpital Princesse Grace de Monaco.

Juan Antonio Samaranch avait reçu en 1991 le titre de marquis par le roi d'Espagne Juan Carlos pour son implication dans le mouvement olympique et son influence dans l'attribution des JO-1992 à Barcelone.

M. Samaranch s'était montré très actif à l'occasion de la candidature de Madrid pour l'organisation des JO-2012, finalement attribués à Londres. Madrid était arrivée en troisième position.

Il avait encore apporté son soutien à la candidature de la capitale espagnole pour 2016, se déplaçant à Copenhague, mais là encore Madrid s'était inclinée, en finale contre Rio de Janeiro.

«Je sais que je suis très proche de la fin de ma vie. J'ai 89 ans», avait-il lancé aux membres du CIO, avant de leur demander de voter pour Madrid.