Routier? Routier-sprinter? Routier-grimpeur? À sa troisième saison sur le circuit européen, David Veilleux en est encore à se définir comme cycliste.

Simon Drouin LA PRESSE

«C'est drôle à dire, mais je me découvre encore un peu», indique l'athlète de 25 ans, joint lundi en Suisse, où il participe au Tour de Romandie.

Veilleux arrivait de Belgique où, la veille, il avait pris part à Liège-Bastogne-Liège, la «doyenne» des classiques. Quand Pierre Rolland, son leader chez Europcar, a crevé au pied de la côte du Rosier, plus longue ascension de la journée, il lui a remis sa roue. Sa journée était finie. «En avant, ç'a accéléré, raconte-t-il. J'ai attendu l'auto. Le temps que je reparte, le peloton était à une minute et demie, deux minutes. Je n'ai pas été capable de revenir. Je n'avais pas les meilleures sensations non plus. Comme si mes muscles étaient un peu figés. C'était bizarre, je n'arrive pas à me l'expliquer.»

Quand Veilleux a signé chez Europcar, il y a trois ans, plusieurs le voyaient comme le candidat idéal aux classiques flandriennes. Il avait le profil type: assez costaud, capable de frotter et doté d'une pointe de vitesse lui permettant de se distinguer dans une arrivée en petit groupe. Ses deux premiers essais sur le terrain miné de Paris-Roubaix (un top 25, les deux fois dans l'échappée matinale) tendaient à le confirmer.

Le principal intéressé nuance. «Les classiques, ce sont de bonnes courses, il y en a beaucoup et je réussis toujours à bien me placer et à aider mes collègues. Mais il n'y a jamais eu une journée où je me suis dit: "C'est pour moi"». Les monts à bloc, sur les pavés, c'est un type d'effort qui me convient un peu moins.»

Ses prestations dans des courses avec un dénivelé plus important ont fini par le convaincre que son avenir sur deux roues était ailleurs. On peut penser à sa victoire impressionnante aux Trois Vallées Varésines, en Italie, et à sa bonne tenue au Grand Prix de Montréal (24e), l'an dernier.

Il a aussi été sérieusement considéré pour le Tour de France, avant d'être écarté à la dernière minute.

«Comme je marchais assez bien dans les courses de montagne, ç'a un peu aiguillé mon choix, explique le diplômé en génie mécanique. Peut-être que ça ne me conviendra pas, mais je ne penserais pas. J'essaie juste de trouver où je suis performant. C'est difficile à ce niveau-là. Tout le monde est bon partout. Tu ne peux pas essayer de tout faire.»

Sa campagne printanière a quand même été chargée: Milan-San Remo, Tour des Flandres, Roubaix, Liège, sans compter les semi-classiques. La coupure a été assez brutale, la semaine dernière, dans les longs cols du Tour de Trentin, où Veilleux pense avoir été affecté par la chaleur. Il a préféré s'arrêter avant la fin de la dernière étape, heureux de sentir son «coup de pédale de montagne».

Il en saura plus en Romandie, où il a enregistré hier le 91e temps du prologue de 7,5 km tout en montée, à 1 min 18 s du gagnant, le Britannique Christopher Froome. «J'espère me tester ici. Je vise d'être en assez bonne forme à la fin mai et au début juin.»

Au cours des prochains jours, il épaulera encore Rolland, en attendant le retour de Thomas Voeckler, victime d'une fracture d'une clavicule. Un test avant la sélection pour le Tour de France? «Indirectement, croit Veilleux. Ça peut juste être du plus si ça se passe bien.»

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LES RÉSULTATS DE DAVID VEILLEUX EN 2013

> Tour Méditerranéen (6 au 10 février): 30e

> Tour du Haut-Var (16-17 février): 57e

> Omloop Het Nieuwsblad (23 février): 95e

> Trois jours de Flandre Occidentale (1er au 3 mars): 46e

> Milan-San Remo (17 mars): Abandon

> Grand Prix E3 (22 mars) : 56e

> Gent-Wevelgem (24 mars): 66e

> Trois jours de La Panne (26 au 28 mars): 68e

> Tour des Flandres (31 mars): 92e

> Grand Prix de l'Escaut (3 avril): 73e

> Paris-Roubaix (7 avril): Abandon

> Dernière étape du Tour du Trentin (16 au 19 avril): Abandon

> Liège-Bastogne-Liège (21 avril): Abandon

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À VENIR

> Tour de Romandie (23 au 28 avril)

> Rhône-Alpes Isère Tour (9 au 12 mai)

> Bayern Rundfahrt ou Tour de Belgique (22 au 26 mai)