Le cycliste David Veilleux saura dimanche s'il deviendra le premier coureur natif du Québec à participer au Tour de France.

Simon Drouin LA PRESSE

Il a beau ne pas en faire une fixation, la semaine s'annonce longue pour le porte-couleur de l'équipe française Europcar. De retour à Montréal depuis lundi, Veilleux a convenu avec sa blonde d'éviter le sujet jusqu'à ce que la sélection finale du manager Jean-René Bernaudeau ne soit connue, dimanche, après la conclusion des championnats de France.

Veilleux évalue à 50% ses chances de faire partie de l'alignement de neuf coureurs. «Il restait deux places et il y a peut-être quatre-cinq gars qui sont dans la même situation que moi, a évalué le cycliste de 24 ans en entrevue téléphonique, mardi matin. J'ai fait mon travail, je me suis entraîné, j'ai essayé de me préparer le mieux possible pour être prêt à ce moment-ci. Après, ce sont eux qui font leur sélection.»

Pour ajouter au suspense, les dernières semaines ont été fertiles en rebondissements chez Europcar. Le sprinter Sébastien Turgot a d'abord frôlé la suspension pour des manquements aux règles de localisation. Puis, Thomas Voeckler, leader de l'équipe et maillot jaune 10 jours l'an dernier, s'est blessé à un genou. Après un examen lundi, ce dernier était optimiste de pouvoir prendre le départ de la Grande Boucle, le 30 juin, à Liège.

D'un naturel calme, Veilleux admet que la fébrilité commence à le gagner. Le plus difficile est de ne plus avoir son sort entre ses mains.

«C'est sûr que l'idée de participer au Tour de Francem'emballe, dit Veilleux, qui en fait un objectif cette saison. Mais c'est un peu tannant, parce que je n'ai aucun feedback. Ça fait peut-être un mois, un mois et demi que j'essaie d'avoir une idée plus claire. Tranquillement, ça s'en vient, maintenant, je suis presque là, mais j'ai encore une semaine à attendre et j'essaie de ne pas trop y penser.»

Il croit avoir mérité sa place

Veilleux estime s'être suffisamment démarqué au cours des dernières semaines pour mériter sa place. Il a d'abord fini 19e du Tour du Luxembourg avant de prendre la 17e place à la Route du Sud, où il a tiré son épingle du jeu en haute montagne.

Après avoir passé la journée en échappée vendredi, le natif de Cap-Rouge a franchi une bonne partie du col de Tourmalet avec un groupe des meneurs le lendemain. «Je me suis fait décrocher à trois kilomètres du sommet et je suis revenu sur le groupe de tête de 20-25 coureurs au bout de 4-5 kilomètres de descente. Après, dans le Soulor, j'ai perdu contact, mais j'ai terminé à mon rythme et j'ai quand même fini 18e de l'étape.»

À sa deuxième saison chez Europcar, Veilleux se sent mieux rompu aux longues épreuves et aux courses par étapes. «Je récupère mieux, j'encaisse mieux.»

Veilleux croit pouvoir être un atout pour son équipe durant la première semaine du Tour, disputée dans le nord de la France, où le vent sera un facteur. «C'est une région et des parcours où je cours souvent. Ça va être très nerveux et le positionnement sera primordial. Je pourrais aider Pierre Rolland, Cyril Gautier, Christophe Kern.»

En attendant la bonne nouvelle espérée, Veilleux participera à la course sur route des championnats canadiens, samedi, à Lac-Mégantic.