L'Espagnol Alberto Contador a rejoint le peloton des classiques ardennaises qui se retrouve mercredi au pied du mur de Huy, le final d'arrivée de la Flèche Wallonne.

Jean Montois AGENCE FRANCE-PRESSE

Trois jours après l'Amstel Gold Race, l'épreuve belge s'adresse aux puncheurs qui s'accommodent de la rude pente du chemin des (7) Chapelles, le nom officiel du mur de Huy, qui comporte une chicane très raide allant jusqu'à 25 % à l'intérieur du virage.

Le parcours de 198 kilomètres, avec l'inversion des deux boucles autour de Huy, rapproche la deuxième montée du célèbre mur de l'arrivée, désormais distante de 30 kilomètres seulement. Avec, pour conséquence probable, de provoquer la sélection à ce moment-là de la course et d'éviter qu'un peloton encore fourni se présente au bas de la montée finale comme souvent.

«Cela pourrait bien changer la donne», remarque Philippe Gilbert, qui s'est montré le plus fort dimanche à Valkenburg (Pays-Bas). Le Belge reconnaît être au top de sa forme mais souligne aussi qu'à la Flèche Wallonne, il pense surtout... à Liège-Bastogne-Liège quatre jours plus tard: «Les jambes sont là mais la tête est ailleurs !"

Les frères Schleck partagent la même situation. A ceci près qu'un succès dans la «Flèche», la seule des trois classiques ardennaises qui ne figure pas dans le butin familial, est toujours bon à prendre et que le cadet, Andy, a montré l'année passée (2e) qu'il pouvait très bien faire le Mur devant.

Evans a ouvert la voie

Contador, lui, redécouvre les courses ardennaises après plusieurs années d'absence. A cause des problèmes de trafic aérien, le double vainqueur du Tour de France a sacrifié à un long voyage automobile de 1900 kilomètres, en compagnie de son équipier Benjamin Noval, pour rallier son hôtel liégeois lundi après-midi.

«Une dure journée mais nous avons fait un voyage relativement confortable et rapide», a déclaré Contador qui a pris la route aussitôt après son succès du Tour de Castille et Leon à Saint-Jacques de Compostelle et a préféré renoncer au plan initial prévoyant un trajet en TGV de Pau à Paris.

Comme lui, Alejandro Valverde a effectué le trajet en voiture. Absent de l'Amstel Gold Race, le Murcian -suspendu en Italie pour dopage mais autorisé à courir tant que le Tribunal arbitral du sport (TAS) n'a pas rendu sa décision dans une procédure en cours- revient sur une course qu'il a déjà remportée (en 2006).

Son compatriote Joaquim Rodriguez, très à l'aise sur les forts pourcentages, complète le trio des favoris espagnols qui connaissent leurs autres adversaires prioritaires (Cunego, Gesink, voire Kolobnev, Kroon, Horner, Fédrigo) et se méfient des anciens spécialistes de... VTT, habitués aux efforts brefs et explosifs.

Dans le mur de Huy, long de 1300 mètres à 9 % de pente moyenne, le champion du monde australien Cadel Evans (2e en 2008, 5e en 2009) a déjà prouvé sa force les années passées. Il a montré la voie à suivre au Canadien Ryder Hesjedal, deuxième au sommet du Cauberg dimanche, et au Français Jean-Christophe Péraud, la révélation française du début de saison.