Toutes les équipes de la NBA ont maintenant disputé au moins 41 parties, c'est donc l'heure du bilan de mi-saison. Il y a bien sûr quelques surprises et déceptions dans le circuit de David Stern, mais l'histoire de cette première moitié de calendrier est sans contredit celle des déboires des Lakers de Los Angeles.

Mis à jour le 26 janv. 2013
Pascal Leblanc LA PRESSE

Personne n'aurait prédit qu'après 42 rencontres, les Lakers auraient une fiche de 17 gains et 25 revers (match d'hier non compris), à quatre matchs de la huitième place, le dernier laissez-passer pour les séries éliminatoires. Lorsqu'une formation réunit des joueurs aussi talentueux que Kobe Bryant, Steve Nash, Dwight Howard et Pau Gasol, on s'attend à ce qu'elle accumule les victoires à un rythme effarant. En fait, les Lakers sont vieux, lents et inefficaces. Cependant, il faut noter que chacune de leurs supervedettes, sauf Bryant, a été sur la liste des blessés. Collectivement, le trio a manqué 40 matchs, on pourrait donc dire qu'ils n'ont pas eu le temps de développer cette fameuse «chimie».

Lorsque Nash s'est adressé aux médias à la suite de la défaite des siens contre les Raptors, dimanche dernier à Toronto, le Canadien a d'ailleurs parlé du manque de cohésion de son équipe. «Des fois, nous travaillons ensemble et des fois, nous ne faisons pas ce dont nous avons parlé. Peut-être que c'est parce que nous avons besoin de plus de temps, mais nous devons maintenir le cap. Présentement, nous sommes trop souvent sans direction.»

Pourtant, le plan semble si simple: le meneur de jeu de 38 ans distribue le ballon à Howard et Gasol qui, grâce à leurs imposants physiques, se positionnent pour des paniers faciles, puis Metta World Peace et Kobe Bryant font diversion sur les ailes et réussissent les longs lancers lorsque nécessaire. La réalité est pour l'instant bien différente. «De toute évidence, Kobe est habitué de jouer un contre un. Si nous jouons selon notre système, il n'aura pas à constamment s'attaquer à toute l'équipe seul», a indiqué Nash.

Quelques minutes plus tard, Bryant, qui n'a réussi que 10 de ses 32 lancers contre les Raptors, prenait le blâme pour la défaite. «J'assume toute la responsabilité. J'ai raté plusieurs tirs faciles que je devrais réussir... et que je vais réussir.»

Bryant, qui en est à sa 17e saison, reste optimiste. «Ce n'est pas aussi pire que ça en a l'air. Il y a beaucoup de positif. Notre intensité par exemple. On doit se reposer et se préparer pour demain, pour aller au front.» Bryant assure qu'il s'est déjà retrouvé dans de pires situations, mais reste qu'une équipe dont la masse salariale excède 100 millions ne devrait pas occuper la 12e place de sa conférence.

Alors, que doivent-ils faire?

L'entraîneur qui a entamé la saison, Mike Brown, a déjà été remercié... après seulement cinq parties. Son successeur, Mike D'Antoni, ne fait guère mieux. Il semblait dépité après le match à Toronto. «Nous avons beaucoup de problèmes. À l'attaque, le ballon ne circule pas et nous ne prenons pas de bon tir. Défensivement, nous avons des hauts et des bas, puis on oublie de surveiller un joueur et on se fait avoir.»

Il serait surprenant qu'il soit congédié à son tour, alors un échange semble l'option la plus probable. Le nom de Pau Gasol se retrouve souvent dans les rumeurs de transaction, mais aucun joueur obtenu en retour ne pourra à lui seul renverser la vapeur.

La solution réside là où le problème se trouve: dans le vestiaire. Ces futurs membres du Temple de la renommée doivent réaliser quelles sont leurs forces collectivement. Les Lakers possèdent le talent et l'expérience nécessaires pour remettre le train sur les rails. Le temps commence toutefois à manquer.