Il aurait été sympa - et combien amusant - de vous raconter l'histoire d'une petite université obscure, avec peut-être 2000 étudiants au total, dont l'équipe de basket réussit à se faufiler jusqu'au fameux Final Four. Il aurait été sympa de vous raconter l'histoire d'une bande qui arrive d'un bled inconnu, avec des joueurs tout aussi inconnus qui ne sont même pas sur Twitter.

Richard Labbé LA PRESSE

Mais ça n'arrivera pas. Parce que cette année, le March Madness est une affaire de favoris et de grosses écoles.

Ainsi donc, on se retrouve avec l'Université de la Caroline-du-Nord, avec l'Université Michigan State, avec l'Université du Connecticut, et avec l'Université Villanova. Voilà les quatre finalistes du tournoi de basket universitaire de la NCAA pour cette année. Zéro surprise, oui. Mais zéro intérêt? Ça non.

Comprenons tout d'abord qu'il y a une raison à tout ça. North Carolina et Connecticut étaient classés au premier rang de leur groupe en début de tournoi. Villanova et Michigan State étaient classés, respectivement, au troisième rang et au deuxième rang de leur groupe. Aucune trace de Cendrillon, donc, mais voici là quatre équipes de qualité, mesdames et messieurs.

Quatre équipes qui ont aussi des bonnes histoires à raconter. Par exemple, saviez-vous que les Huskies du Connecticut s'amènent à Detroit - lieu des demi-finales et de la grande finale - soufflés par le vent de la controverse, rapport à une affaire de recrutement illégal? Comparé aux folles rumeurs qui circulent sur vos Glorieux, c'est sûr qu'une histoire de recrutement illégal, ce n'est pas très sexy, mais bon. Jim Calhoun, l'entraîneur des Huskies, aura fort à faire pour s'assurer que ses joueurs ne perdent pas leur «focus», comme on dit par chez nous.

Ensuite, on parlera en masse de Tyler Hansbrough, le joueur vedette de North Carolina, quatre fois élu au sein de l'équipe d'étoiles, mais zéro bague à ses doigts. Vous savez ce qu'on dit des grands joueurs qui ne gagnent jamais rien? Eh bien, on dit qu'ils ne sont pas de si grands joueurs que ça. Un échec de plus en fin de semaine, et Tyler Hansbrough devra malgré lui être comparé à ces grands qui n'ont jamais rien gagné, comme Patrick Ewing, Karl Malone ou Peter Popovic.

Les plus sentimentaux d'entre nous auront une bonne pensée pour les mecs de Villanova, qui ont eu besoin d'un petit miracle pour battre l'Université de Pittsburgh en fin de semaine, et prendre part à un premier Final Four pour cette école depuis 1985.

Enfin, puisque ce Final Four sera présenté à Detroit, dans ce stade de champions qu'est le Ford Field, les jeunes hommes de Michigan State seront assurément les favoris des fans locaux. Et pourquoi pas? Les bonnes gens de Detroit, disons-le, ont certes besoin de bonnes nouvelles en ces jours moroses, eux qui doivent composer avec la déprime automobile et avec l'existence de Kid Rock.

Vous aurez évidemment remarqué qu'il n'y a plus de Syracuse dans le portrait. Syracuse, c'est l'équipe de Kris Joseph, ce joueur montréalais qui prenait part à son premier March Madness cette saison.

Malheureusement pour eux, Joseph et ses copains de Syracuse ont été éliminés vendredi soir, essuyant une défaite de 84-71 contre l'Université de l'Oklahoma. Joseph, qui a dû se contenter d'un rôle de réserviste en cours de saison en raison d'une blessure à l'épaule, a joué pendant huit minutes face à Oklahoma, profitant de l'occasion pour récolter six points. Comme l'impression que ce jeune homme fera parler de lui la saison prochaine...

En attendant, ce Final Four appartient à North Carolina, Connecticut, Michigan State et Villanova. Les demi-finales seront présentées samedi soir, avec Michigan State contre Connecticut en premier, puis Villanova contre North Carolina en fin de soirée. La grande finale aura lieu lundi soir.

Une prédiction? Le mauvais sort ne va pas toujours s'acharner sur Tyler Hansbrough. Ça ne se peut juste pas. Un huard sur North Carolina, donc...