Ultimate frisbee: «C'est un super beau défi»

Caroline Cadotte... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Caroline Cadotte

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

L'été dernier, Caroline Cadotte a été promue au poste d'entraîneuse-chef du Royal de Montréal. Accoucher au milieu de la saison ne l'a pas arrêtée. Une semaine après avoir donné naissance à sa petite Charlie, elle était de retour au poste. Sur la ligne de côté pendant la partie d'ultimate frisbee, elle élaborait déjà diverses stratégies, son nourrisson bien serré contre elle dans son porte-bébé.

« Eh oui », fait-elle avec un grand sourire, comme si cela allait de soi. Que deux des trois entraîneurs de l'équipe masculine soient des femmes lui semble tout aussi naturel. Guylaine Girard, qui s'occupe de la préparation mentale des joueurs, et Gustavo Castano, originaire de Colombie et ayant déjà joué pour l'équipe, complètent le trio d'instructeurs.

Petite correction : on ne devrait pas parler d'équipe masculine. Le Royal de Montréal, composé de 20 hommes, appartient en fait à la catégorie « ouverte ». Des femmes pourraient s'y joindre, si elles se qualifiaient. Quatre ou cinq femmes ont d'ailleurs été sélectionnées par des équipes de la ligue professionnelle American Ultimate Disc League (AUDL).

Athlète de très haut niveau, Caroline Cadotte a fait partie de l'équipe mixte nationale du Canada. En 2013, considérée comme l'un des 12 meilleurs joueurs d'ultimate au pays, elle a évolué aux côtés de Morgan Hibbert lors des Championnats du monde, en Colombie.

Ce dernier, courtisé depuis par les propriétaires du Royal de Montréal, a accepté de quitter Vancouver et de tenter l'expérience ici, cet été, en partie parce que Caroline Cadotte était l'entraîneuse-chef.

« Elle est très expérimentée, elle est intelligente et j'ai constaté à quel point elle comprend le sport, a-t-il expliqué. Elle voit les petites choses sur le terrain. Je suis certain qu'elle va me mettre dans une position où je vais avoir du succès. »

Qu'elle soit une femme lui importe peu, puisqu'il a déjà eu plusieurs entraîneuses au fil des ans. C'est plutôt son expérience et ses qualifications qui comptent.

« Elle a vraiment sa place en tant qu'entraîneuse », renchérit Gabriel Monfette, co-capitaine de l'équipe, qui a déjà joué avec elle dans une équipe mixte.

« Elle a un grand sens du leadership et elle comprend ce que c'est qu'être un joueur. Elle a gagné notre respect depuis très longtemps. »

L'un des huit membres de la formation à venir du Québec, il pratique son sport, comme tous ses coéquipiers, par passion. Leurs dépenses sont payées pendant la saison et ils reçoivent à la fin un salaire symbolique de 50 $. Tous occupent donc un emploi à temps plein. Caroline Cadotte voit, de son côté, la fin de son congé de maternité approcher. La maman de Samuel, 4 ans, et de  Charlie, 11 mois, retournera dans deux semaines travailler à la Ville de Montréal, au service de l'urbanisme.

« C'est un super beau défi, être entraîneure-chef, souligne-t-elle. C'est comme gérer des employés. Je suis heureuse de la confiance qu'on nous accorde, à Guylaine, Gustavo et moi. »

L'amour du sport, qui l'a amenée il y a 14 ans à faire partie du club d'ultimate frisbee de l'UQAM, est loin de s'éteindre. Avec son conjoint, Christian Mathieu, un des copropriétaires du Royal de Montréal, et les autres actionnaires, elle ne demande qu'à le faire partager.

Le but ?

Se rendre évidemment à l'autre bout du terrain. Sept joueurs de chaque équipe se mesurent les uns aux autres. Ils ne peuvent être remplacés que lorsque le disque tombe par terre ou est intercepté. Tant que l'équipe est en possession du disque, le jeu continue.

À découvrir

Le mot « frisbee » étant une marque de commerce, le sport est souvent appelé « ultimate » tout court, explique Guillaume Proulx Goulet, directeur général de la Fédération québécoise d'ultimate (FQU), qui regroupe 7000 membres. « Il a été inventé il y a environ 50 ans par des gens un peu hippies, en Californie, dit-il. Il prône des valeurs comme l'inclusion, l'équité des genres, le respect, l'esprit sportif. C'est très exigeant physiquement et spectaculaire. » Très complet, nécessitant à la fois des qualités athlétiques pour attraper le disque, de l'endurance et un bon lancer, le sport suit le processus pour devenir une discipline olympique.

Virage jeunesse

Sept nouveaux joueurs se sont joints au Royal de Montréal cette année, révèle Jean-Lévy Champagne, président et l'un des six copropriétaires de la formation. « On voulait rajeunir l'équipe et améliorer le calibre pour devenir plus compétitifs. On est allés chercher les meilleurs à Vancouver, à Winnipeg, en Colombie, en France et trois excellents Américains. » L'an dernier, l'équipe s'est classée parmi les 12 meilleures, sur 24, et a perdu le premier match des séries. Elle veut faire beaucoup mieux cette année.

Coup d'envoi

Le Royal de Montréal disputera aujourd'hui, à 13 h, son premier match à domicile de la saison, au Complexe sportif Claude-Robillard. L'équipe a gagné deux de ses trois matchs disputés à l'étranger. Elle prendra sa revanche contre les visiteurs en provenance de Philadelphie. Elle se mesure pendant la saison « régulière » aux autres formations de la division Est (de Toronto, Ottawa, New York, Philadelphie et Washington). De 2000 à 2500 spectateurs sont attendus dans une atmosphère dynamique et familiale. Il y aura des jeux gonflables et de l'animation à l'intention des petits.




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