Le spécialiste du saut en hauteur Claude Ferragne, découvert par nombre de Québécois lors des Jeux olympiques de Montréal, s’est éteint dimanche, à l’âge de 71 ans.

Né à Montréal en 1952, Ferragne s’initie à l’athlétisme à l’âge de 14 ans. Après s’être essayé à la course à pied, il jette son dévolu sur le saut en hauteur, qui devient son sport de prédilection.

Ce sont ses exploits dans cette discipline qui font de lui une figure clé de l’athlétisme québécois, estime Michel Portmann, qui a été son entraîneur dans les années 1970.

« C’est certainement l’athlète qui a mis le Québec sur la carte de l’athlétisme… ou l’athlétisme sur la carte du Québec », estime M. Portmann, lui-même sauteur en hauteur et un temps recordman de Suisse.

PHOTO RENÉ PICARD, ARCHIVES LA PRESSE

Claude Ferragne à l’œuvre en 1976

À l’époque, l’athlétisme était une discipline méconnue. « Par ses exploits, Claude Ferragne a fait office de transmetteur », se souvient M. Portmann.

Le 23 mars 1973, au Forum de Montréal, Ferragne remporte la médaille d’or lors de la rencontre d’athlétisme Canada-URSS. Il parvient chemin faisant à s’attirer la faveur du public montréalais en hissant la nouvelle marque canadienne à 2,21 m.

Beaucoup se souviendront de lui pour sa performance aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976, où il a terminé douzième. Une performance teintée, selon M. Portmann, par la pluie « épouvantable » qui s’abattait ce jour-là sur la métropole : « [Ferragne] avait, dans sa course, une approche un peu différente de la plupart des athlètes. [La pluie] l’a handicapé plus que les autres. »

Le Canadien Greg Joy, lui, est passé à l’histoire en décrochant la médaille d’argent.

La fin abrupte d’un rêve olympique

Après les Jeux de 1976, « Ferragne continue d’offrir des performances extraordinaires », se souvient encore M. Portmann. Bien vite, les deux hommes mettent le cap sur les Jeux de 1980, qui ont lieu à Moscou. En route vers son rêve olympique, Ferragne décroche l’or aux Jeux du Commonwealth de 1978, année où il est auréolé du titre d’athlète de la décennie par l’organisme Sports Québec.

À la même période, il établit son record personnel : 2,26 m.

Or, en raison de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, le gouvernement canadien choisit de boycotter les Jeux de Moscou, une décision qui sonne le glas de la carrière de Ferragne.

Ferragne s’était préparé, il était prêt à aller à Moscou.

Michel Portmann, ancien entraîneur de Claude Ferragne

M. Portmann dit être « tombé des nues » quand il a appris la mort de son compagnon de longue date, avec qui les contacts s’étaient néanmoins raréfiés au fil des années. « En dehors de l’athlétisme, on a fait des voyages ensemble. Je garde de très bons souvenirs de lui. C’était un gars très gentil et un athlète très talentueux. »

Un talent remarquable qui aura valu à Claude Ferragne d’être intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, en 1996.

Avec des informations de L’Encyclopédie canadienne