(Katmandou) L’alpiniste ukrainienne Antonina Samoilova qui est parvenue il y a une semaine au sommet de l’Everest avait les larmes aux yeux lorsqu’elle a brandi le drapeau ukrainien jaune et bleu sur le point culminant de la planète, a-t-elle confié mercredi à l’AFP à son retour à Katmandou.

Publié le 19 mai
Agence France-Presse

Au moment où l’alpiniste agitait le drapeau ukrainien avec l’inscription « Stand with Ukraine » (soyez aux côtés de l’Ukraine), son père et son frère servaient dans l’armée ukrainienne pour défendre leur pays contre les forces russes qui l’ont envahi.

Elle a estimé que l’Ukraine aurait dû bénéficier davantage d’aide après l’invasion russe. « C’est désolant… Ce n’est pas bon pour nous les Ukrainiens car nous avons besoin de plus d’aide, nous avons besoin que le monde entier nous aide », a-t-elle ajouté. « Ce n’est pas encore terminé en Ukraine », souligne-t-elle.

« Je savais déjà avant l’expédition que je serais la seule Ukrainienne sur l’Everest cette année. C’est ce qui m’a incitée à aller sur le sommet, car je savais que si ce n’était pas moi, alors qui ? », raconte-t-elle.

Antonina Samoilova se trouvait au sommet du pic d’Orizaba, plus haute montagne du Mexique, en février lorsque les premières informations sur l’invasion de l’Ukraine par les forces russes lui sont parvenues.

Ses premières informations sur la guerre lui sont parvenues depuis un abri antiaérien de Kyiv où sa sœur se terrait.

Au cours de son expédition en direction du sommet de l’Everest, les nombreuses journées sans contact avec son père et son frère volontaires pour combattre les forces russes ont pesé sur son moral.

A son retour, son soulagement a été immense lorsqu’elle a appris que leur région avait été tranquille. C’était « Whaou ! Dieu merci », confie-t-elle.

Des centaines de messages de soutien d’amis et d’étrangers sont arrivés sur son téléphone lorsqu’elle est revenue au cap de base.

« Tonia, tu n’es pas seulement notre fierté, tu es la fierté de l’Ukraine », lui a écrit son père..

Le Népal a délivré 319 permis d’ascension de l’Everest aux alpinistes étrangers, chacun accompagné par au moins un guide népalais, pour cette saison de printemps qui dure de la mi-avril à la fin du mois de mai.

Antonina Samoilova espère rejoindre le club fermé des alpinistes ayant réussi les « Sept Sommets », un défi qui consiste à gravir les points culminants des sept continents. Elle a déjà à son actif le sommet du Kilimanjaro, point culminant de l’Afrique, le mont Elbrouz, point culminant de l’Europe, et le mont Vinson, plus haut sommet de l’Antarctique.

Mais elle compte auparavant rendre visite à sa sœur et à son neveu, qui se sont réfugiés en Croatie, avant de revoir son père et son frère en Ukraine : « Je veux simplement les embrasser », dit-elle.