Petit guide de ce qu’il faut savoir — et appliquer — à compter de ce mercredi.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Sans passeport vaccinal, point de salut. Au niveau scolaire compétitif, notamment.

Le passeport vaccinal entre en vigueur ce mercredi pour les 13 ans et plus, exception faite de ceux qui ont une contre-indication reconnue à la vaccination contre la COVID-19, précise le site du gouvernement du Québec.

En ce qui a trait aux sports ou activités physiques se déroulant à l’intérieur, pas de zone grise : le passeport vaccinal sera exigé à tout coup pour ceux qui les pratiquent.

À l’extérieur, toutefois, ça se complique légèrement. Les sports d’équipe ou les activités physiques avec contacts « fréquents ou prolongés » sont soumis au passeport. On pense, par exemple, au soccer. Et cette règle inclut les activités parascolaires.

Depuis lundi, dans les écoles, circule donc un formulaire demandant aux directions de s’engager à s’y conformer et à en vérifier l’application. Il doit être retourné au Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) avant le 15 septembre. Tous bénéficient de deux semaines de grâce pour l’implantation avant que des sanctions ne soient imposées.

Quelqu’un qui n’est pas doublement vacciné après le 15 septembre ne pourra avoir accès au privilège des activités sportives parascolaires.

Gustave Roel, président et directeur général du RSEQ

Lorsque le sport est pratiqué dans un cadre scolaire, cependant, la règle ne s’applique pas. Qu’est-ce, précisément, que le « cadre scolaire » ? Les cours d’éducation physique, évidemment, mais aussi le sport-études.

« Tout ce qui est lié au régime pédagogique du jeune, explique M. Roel. Dans ce cadre-là, ça ne compte pas. »

Mais il apporte une nuance importante : si l’équipe sort de son établissement pour aller en affronter une autre, le passeport vaccinal devient requis.

« Et, en sport-études, ils finissent tous par aller jouer un match contre quelqu’un d’autre. Donc, en bout de piste, ils n’auront pas le choix », fait remarquer Gustave Roel.

En milieu scolaire, même pour le golf, sport qui ne le requiert pas en pratique libre — au même titre que le tennis extérieur ou le hockey libre sur des patinoires extérieures, entre autres —, le passeport vaccinal pourrait devenir nécessaire.

Parce que qui dit tournoi de golf dit presque assurément rassemblement avant ou après la compétition. Or, les rassemblements publics extérieurs de plus de 50 personnes sont soumis à la présentation du passeport.

« C’est pourquoi la grande majorité des jeunes qui font du sport dans le contexte du Réseau du sport étudiant vont finir par avoir besoin d’un passeport vaccinal », souligne le PDG du RSEQ.

Autre exemple, différent, mais dont la finalité est la même pour les jeunes : le cross-country.

Courir seul, dans la vie quotidienne, n’exige pas le passeport. Heureusement. Il aurait fallu décupler les effectifs policiers.

Mais bien que le cross-country soit une course individuelle, le départ est groupé. Donc, le passeport sera exigé. À moins qu’il n’y ait que 49 coureurs…

Consultez la liste détaillée des sports

Grogne dans les arénas

Chez Hockey Québec, on est perplexe. Voire frustré.

Actuellement, les équipes sont coincées à un maximum de 12 joueurs plutôt que les 15, 18 ou 20 habituels. On croyait que l’arrivée du passeport vaccinal réglerait la question. Pour l’instant, il n’en est rien. Certaines ligues étirent donc l’élastique en espérant une annonce satisfaisante à très court terme.

Au gouvernement, dans les minutes ayant précédé notre entrevue avec Paul Ménard, directeur général de Hockey Québec, on a dit à ce dernier qu’une solution en ce sens était sur la planche à dessin.

« Mais en date de demain matin [ce mercredi], nos gens ont à vérifier des passeports, s’assurer que tout est bien, mais ne sont pas en mesure d’avoir une offre de services adéquate pour nos jeunes », déplore-t-il.

Ce n’est pas tout. Il y a l’enjeu des spectateurs. S’ils sont plus de 25 à l’intérieur, ils doivent être assis, nous dit le service des communications de Sports Québec. Et jusqu’à un total de 250, ils n’ont pas besoin de montrer le passeport, indique pour sa part M. Ménard.

Mais au-delà, il faudrait vérifier les passeports des spectateurs. Règle générale, il est vrai que l’assistance ne dépasse pas les 250 curieux, mais on ne peut demander aux bénévoles de contrôler et de gérer le flux de parents, de vérifier leur passeport, peut-être de devoir assigner des places, en plus de s’occuper des jeunes participants, plaide-t-il.

Ces mesures génèrent « énormément de frustration » dans le milieu, signale M. Ménard.

Pas en raison de la somme de travail supplémentaire qu’engendre la vérification des passeports des jeunes.

« Mais parce que malgré tout ça, notre sport n’est pas encore en mesure de jouer des matchs avec des équipes complètes. Vous n’avez pas idée de ce qu’on a comme messages de nos membres », poursuit-il.

Il n’y a pas beaucoup de cohérence. On dit qu’il peut y avoir jusqu’à 250 personnes dans les estrades, peut-être non vaccinées, mais on ne peut pas avoir cinq à huit jeunes vaccinés [s’ils ont 13 ans et plus] de plus par équipe ? C’est difficile à digérer.

Paul Ménard, directeur général de Hockey Québec

Les jeunes dont l’inscription est déjà payée et qui ne seront pas doublement vaccinés le 15 septembre seront remboursés, affirme M. Ménard.

Chez Soccer Québec, « la gestion se fait par club », nous a répondu par texto son directeur général, Mathieu Chamberland, à cette question complémentaire.

Au terrain, le coach vérifiera la preuve à la première occasion, puis elle sera « cochée » dans la plateforme de la fédération, ce qui évitera à l’entraîneur de devoir refaire le même manège à chaque entraînement ou match.

« Par contre, on demande à tous les joueurs de toujours avoir leur preuve vaccinale avec eux parce qu’on n’est pas à l’abri d’une vérification d’un propriétaire d’infrastructure ou d’un corps policier, par exemple », fait remarquer M. Chamberland.

On avait d’abord envisagé que le parent ou le joueur « téléverse » son code QR dans la plateforme de Soccer Québec, sauf que des « vérifications plus poussées » auraient dû être faites d’un point de vue légal, en regard de la confidentialité.

Mais sans stockage de codes QR dans le système de l’organisation, il n’y aurait pas d’enjeu à ce sujet, selon le DG de Soccer Québec.

Du côté de Hockey Québec, on attend un outil gouvernemental qui permettra aux gens de consentir à la collecte de l’information sur leur statut de double vacciné.

Il semble que les deux organismes n’aient pas reçu exactement les mêmes indications à ce chapitre.