Les amateurs de planche à roulettes montréalais se donneront assurément rendez-vous au planchodrome de l’Esplanade du Stade olympique, cet été. En plus du bol en béton construit en 2019, un parcours street comprenant toute une série d’obstacles divers est désormais accessible.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Vans Canada et le Parc olympique de Montréal ont profité de la Journée internationale de la planche à roulettes, lundi, pour dévoiler le résultat final de la deuxième phase du planchodrome situé sur l’Esplanade du secteur 900 : un parcours street d’une superficie de plus de 10 000 m2.

Celui-ci entoure le bol en béton de près de 900 m2 qui avait été construit pour accueillir le Vans Park Series en 2019. Depuis, il est accessible aux planchistes du lever du soleil à la tombée de la nuit.

La conception du design du planchodrome relevait de Vans, en collaboration avec California Skatepark, une entreprise de conception et de construction de renommée internationale.

« On a travaillé avec des gens locaux ici pour adapter tout ça, explique Alex Auchu, directeur du marketing chez Vans Canada. L’aspect architecture était important ici. Il faut penser à ce que le Parc olympique représente pour Montréal. L’équipe de création de skateparks s’est vraiment adaptée. Même dans les rondeurs, on voit que tout est adapté pour s’arrimer avec l’architecture qui existait déjà. »

Juste la qualité du béton, on n’a jamais eu ça au Québec. C’est important quand tu fais du skate pour que ça roule bien.

Alex Auchu, directeur du marketing chez Vans Canada

Un des objectifs du nouveau parcours street était de permettre aux planchistes de tous les niveaux d’y trouver leur compte.

« C’est peut-être moins intimidant d’essayer le skate sur toutes les infrastructures aux alentours [que dans le bol­], note Alex Auchu. C’est bon pour tous les niveaux. Le but, c’est d’avoir des infrastructures sur lesquelles c’est possible d’avoir du fun, peu importe si tu es très bon ou si tu commences. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

La conception du design du planchodrome relevait de Vans, en collaboration avec California Skatepark.

« Bâtissez-le et ils viendront »

La construction du planchodrome, situé aux abords de la rue Sherbrooke, a été financée en deux phases par le Parc olympique et par une commandite de Vans. Le Parc finance ces investissements dans le cadre de son Plan d’investissement en immobilisation pour un montant de 8 millions de dollars.

La première phase de réfection de dalles de l’esplanade, réalisée entre 2017 et 2019, comprenait l’installation du bol et l’ajout de composantes structurelles pour le supporter. La seconde phase des travaux comprend la réfection de la dalle autour du bol, l’étanchéisation du secteur et l’ajout du parcours. Les fontaines aux abords des installations ont aussi été remises en fonction et de l’éclairage devrait être ajouté, fait savoir le porte-parole du Parc olympique, Cédric Essiminy.

« Pour nous, c’est aussi la manière officielle d’embrasser le sport. On a des photos d’époque où il y a des gens qui venaient rouler ici alors que c’était en construction. À cause des esplanades, des buttes, ç’a toujours été un site qui attirait les gens. »

Maintenant, jeunes et moins jeunes pourront rouler dans un endroit construit dans ce but. Aux dimensions olympiques qui plus est.

On est aussi contents parce que c’est un besoin qui est apparu à partir du moment où on l’a créé. Tu sais l’expression : “bâtissez-le et ils viendront” ? C’est exactement ça. À partir du moment où on a mis des installations de planche à roulettes, tout de suite le mot s’est passé.

Cédric Essiminy, porte-parole du Parc olympique

Énorme intérêt

Selon Alex Auchu, l’intérêt pour la planche à roulettes ne fait que grandir depuis quelques années, tant au Québec, qu’au Canada et dans le reste du monde.

« Hier, j’étais ici pour la fête des Pères. J’ai des enfants et je vois beaucoup de gens de mon âge renouer avec le skate, dit-il. Des infrastructures comme ça, ça nous permet de faire ça et d’initier nos enfants au skateboard. »

Annie Guglia, une des meilleures planchistes au pays, était aussi présente lors de l’annonce.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Annie Guglia

« Ça fait 20 ans que je fais du skate. Avant, il fallait que je voyage en Californie et ailleurs pour avoir de beaux skateparks en béton comme ça. C’est vraiment cool. Ce qu’il y a de particulier avec celui-là, c’est qu’on a les deux disciplines [park et street]. »

Un skatepark, c’est un élément central d’une communauté de skate.

Annie Guglia, planchiste professionnelle

Lili-Rose Chouinard, 11 ans, était sur les lieux avec ses parents pour l’occasion. Elle est l’exemple même de l’engouement autour de la discipline, qui fera son entrée au sein du programme olympique aux Jeux de Tokyo, en juillet prochain.

« Au début, j’ai vu des personnes faire du skate par la fenêtre du salon et j’ai dit : moi, je veux faire ça. Mes parents m’ont dit : à la fin de la maternelle, on va t’acheter un skate. Ils me l’ont acheté, j’ai fait un cours et ensuite j’ai commencé à en faire. Tout le monde me disait que j’étais bonne, alors j’ai continué. »

Questionnée sur les installations du Stade, la jeune fille lance avec entrain : « C’est cool ! »

Des jeunes comme Lili-Rose, il y en a beaucoup. Et il y en aura encore plus dans les prochaines années.

« Le skate, c’est vraiment un outil de développement personnel, lance Annie Guglia. C’est difficile, c’est challengeant… Ça te montre la persévérance, à être créatif. Tu n’as personne pour te dire quoi faire. »