Chaque semaine, les journalistes des Sports de La Presse répondent à une question dans le plaisir, et un peu aussi dans l’insolence.

La Presse

Mathias Brunet

Heureusement, Joe Sakic était déjà en fin de carrière en décembre 2008. Le capitaine de l’Avalanche, alors âgé de 38 ans, était déjà incommodé par des blessures au dos lorsqu’il a sorti sa souffleuse à neige du garage pour déneiger l’entrée. On ne sait pas trop dans quel état d’esprit il pouvait se trouver ce jour-là, mais il a mis ses doigts au mauvais endroit. Remarquez qu’il n’était pas le premier. Une étude américaine publiée en 2005 a affirmé que les accidents de souffleuse à neige constituaient la quatrième cause d’amputation des doigts au pays, avec plus de 1000 cas par année, et occasionnaient plus de 5000 visites aux urgences annuellement. Heureusement, Sakic n’a pas perdu ses doigts. Mais une intervention chirurgicale pour réparer des tendons dans trois de ses doigts, fracturés, a mis fin à sa saison. « Joe Sakic est un être brillant et lumineux de 39 ans qui a commis une erreur », a déclaré le VP de l’Avalanche du Colorado, Jean Martineau, au quotidien Rocky Mountain News ce jour-là.

« Il a mis sa main là où il n’aurait pas dû la mettre. » Sakic est revenu à temps pour les séries éliminatoires. Mais il a pris sa retraite la saison suivante. Avec 1641 points au compteur. Et une brillante carrière de gestionnaire à venir. Qu’il mène toujours avec beaucoup de doigté aujourd’hui.

Frédérick Duchesneau

IMAGE TIRÉE DE YOUTUBE

Paulo Diogo

J’admets que j’ai dû fouiller. Une recherche rapide, mais très divertissante, cela dit. Je jette mon dévolu sur une blessure aussi ridicule que dure à voir. Comme le dit l’adage, cœurs sensibles s’abstenir. En décembre 2004, le milieu de terrain suisse Paulo Diogo offre une passe décisive à un coéquipier tard dans le match. Pour célébrer, il grimpe dans la clôture de métal derrière le but. Rien à signaler jusqu’ici. Mais la descente se passe moins bien. L’alliance du joueur, tout juste marié, s’accroche dans le grillage. Vous devinez la suite : le doigt y restera aussi. On raconte que des employés ont retrouvé le bout en question, mais que les médecins n’ont pu le rattacher et ont donc dû amputer cette phalange correctement. Stoïque, l’arbitre lui a décerné un carton jaune pour célébration excessive. Un officiel qui suit son livre des règlements au doigt et à l’œil.

Regardez la vidéo (contient des images qui peuvent choquer)

Richard Labbé

PHOTO TONY RANZE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Hassan Shansid-Deen (30) sur le carreau après s’être disloqué l’épaule, le 3 février 2001

J’allais probablement y aller avec John Smoltz, ex-lanceur des Braves d’Atlanta, qui aurait déjà tenté de repasser une chemise alors qu’il était en train de la porter, mais au fil du temps, Smoltz a maintenu que cette histoire avait été bonifiée, et si nous ne sommes pas à la recherche de la vérité, qui le fera à notre place ? Alors je vais plutôt y aller avec Hassan Shamsid-Deen. Le nom ne vous dit rien ? Normal, il a été l’un des nombreux joueurs de football anonymes de la XFL de Vince McMahon lors de sa seule saison d’existence, en 2001. Mais ce joueur du Rage d’Orlando possède l’unique distinction de s’être disloqué une épaule avant même le début du match, alors que deux joueurs devaient faire une course de 40 verges afin de récupérer un ballon libre, une autre règle folle de cette ligue, qui visait à remplacer le traditionnel pile ou face pour déterminer quelle équipe allait amorcer le match en attaque. Ce pauvre jeune homme a ensuite provoqué l’hilarité générale (bien malgré lui) dans la galerie de presse à Orlando, quand l’annonceur maison a décrit la blessure de cette façon : « Shamsid-Deen, du Rage, a été blessé lors du pile ou face. »

Guillaume Lefrançois

PHOTO FOURNIE PAR LA WWE

Mankind et The Undertaker

Les combats de lutte ont beau être scénarisés, il y a souvent de vraies blessures. Ce sont parfois des accidents, parfois aussi le résultat de cascades trop ambitieuses. Prenez le fameux combat de cage entre l’Undertaker et Mankind en 1998. Nos deux lutteurs ont eu l’audacieuse idée de commencer ça sur le dessus de la cage. Après s’être fait jeter en bas de la cage (une cascade déjà complètement folle), Mankind a trouvé la force de grimper de nouveau pour aller y rejoindre l’Undertaker. Cette fois, plutôt que de le larguer en bas, l’Undertaker l’a projeté à travers un des grillages qui constituaient le « toit » de la cage. Le problème : il y avait une chaise sur le panneau qui a cédé. Ladite chaise a frappé Mankind en plein visage lors de l’impact sur le ring, et lui a cassé une dent. Et la dent s’est retrouvée… dans son nez, donnant ainsi une des images les plus iconiques de l’histoire de la lutte. Plus tard, l’Undertaker confiera qu’il croyait que son adversaire avait simplement un énorme vous-savez-quoi au nez. Voyez un résumé du combat en 60 secondes (cœurs sensibles s’abstenir).

Regardez la vidéo (contient des images qui peuvent choquer)

Jean-François Tremblay

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Mark Borowiecki en 2014

Le hockey est un sport dangereux. C’est rapide, c’est agressif, ça implique une rondelle qui peut carrément tuer quelqu’un. S’échanger un ballon de soccer dans un contexte non compétitif n’est pas dangereux. Je le fais avec mes enfants et tout se passe tout le temps bien. Et pourtant… Le 29 décembre 2014, Mark Borowiecki échangeait le ballon pour se délier les jambes avec ses coéquipiers des Sénateurs d’Ottawa… lorsqu’il a souffert de ce qui a été décrit comme une « lacération à la jambe ». Le défenseur a finalement raté 11 matchs pour cet évènement banal et particulièrement évitable. Déjà que Borowiecki n’allait pas être épargné par les blessures durant sa carrière, il aurait pu s’éviter ce qui était, à ce moment, sa plus longue absence dans le monde du hockey. Sans que ce soit lié au hockey…

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