Les deux entraîneuses de natation artistique visées par des plaintes peuvent rentrer au travail, Natation Canada ayant levé leur suspension.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

La suspension de deux entraîneuses de Natation artistique Canada est levée, l’organisme ayant mis fin à l’étude des allégations de harcèlement. Les cinq plaignantes, qui cherchent toujours à faire autoriser une action collective, ont refusé de participer à l’enquête interne.

« Au cours de l’enquête préliminaire, aucune des parties concernées n’a indiqué qu’elle était disposée à procéder à titre de plaignante », peut-on lire dans un communiqué rendu public lundi.

Au début mars, cinq athlètes de natation artistique, appuyées par la championne olympique Sylvie Fréchette, ont dénoncé la culture de harcèlement et le climat toxique qui sévit selon elles depuis des années au sein de Natation artistique Canada.

Après enquête, l’arbitre de l’instance sportive chargé d’étudier la plainte a recommandé « qu’aucune autre mesure ne soit prise » contre les entraîneuses.

Le dossier des plaintes contre les entraîneuses-cheffes Meng Chen et Leslie Sproule est donc clos à Natation Canada.

Erin Wilson, Chloé Isaac, Gabrielle Brisson, Gabrielle Boisvert et Sion Ormon ont raconté avoir été l’objet de mauvais traitements physiques et psychologiques au cours de leur carrière au sein de l’équipe nationale. Elles ont notamment dit avoir subi beaucoup de pression pour rester minces, au point où certaines disent avoir développé des troubles alimentaires.

Les démarches judiciaires se poursuivent

Par voie de communiqué, MCara Cameron, avocate des plaignantes, a indiqué qu’elles ont refusé de participer à l’enquête interne « car leurs plaintes ne sont pas formulées à l’encontre d’entraîneurs en particulier, mais portent plutôt sur l’échec de Natation artistique Canada à protéger ses athlètes contre les abus psychologiques, la négligence ainsi que le harcèlement. »

MCameron souligne que les deux entraîneuses suspendues ne faisaient plus partie des équipes nationales, contrairement à l’entraîneur Gabor Szauder qui, lui, n’a pas été suspendu. (Selon l’avocate, il serait présentement en congé.)

Le processus démontre, selon MCameron, que Natation artistique Canada, « n’est pas enclin à faire les changements » nécessaires.

MCameron indique que 50 athlètes, actuels et anciens, l’ont contactée. Si l’action collective est autorisée, « nous nous attendons à ce que de nombreux autres athlètes » en deviennent aussi requérants.