Misant sur la vaccination d’une grande majorité de la population, les organisateurs du marathon de Montréal ne comptent pas limiter les inscriptions pour le retour de l’évènement, l’automne prochain, après une année de pause attribuable à la COVID-19.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Évènements GPCQM, nouveau promoteur du marathon, a confirmé mercredi que la grande célébration de la course à pied aurait lieu du 24 au 26 septembre. Beneva, fruit de la fusion entre La Capitale et SSQ Assurance, en sera le partenaire majeur.

Alors que le marathon de Boston a annoncé la semaine dernière qu’il limiterait sa présentation d’octobre prochain à 20 000 coureurs, soit quelque 10 000 de moins qu’au cours des années passées, à Montréal, on ne s’impose pas cette contrainte d’emblée.

À sa dernière présentation, en 2019, l’évènement a attiré quelque 18 500 athlètes. L’organisation refuse néanmoins de s’avancer sur le nombre de personnes attendues, et ce, malgré le contexte pandémique.

« C’est comme si, il y a 10 mois, on nous avait demandé de prédire la date de réouverture des restaurants », illustre Sébastien Arsenault, président et directeur général d’Évènements GPCQM, société qui organise également les Grands Prix cyclistes de Montréal et de Québec.

« On veut toujours fixer la barre le plus haut possible, mais il faut être réaliste, poursuit-il. Je peux lancer des chiffres, mais il y a plus de chances de se tromper que de tomber pile-poil. »

« On n’a pas de boule de cristal », renchérit-il.

M. Arsenault, par contre, est catégorique : ce sont les mesures de santé publique qui dicteront l’allure du week-end. « La sécurité, c’est ce qu’il y a de plus important pour nous », dit-il.

Si les instances publiques nous donnent le feu vert, mais qu’il y a quoi que ce soit qui nous fait douter, on n’hésitera pas à tirer la plogue, même à la dernière minute. On n’est pas là pour aller chercher des sous.

Sébastien Arsenault, président et directeur général d’Évènements GPCQM

L’organisateur fait par ailleurs valoir la flexibilité que lui confèrent un évènement extérieur ainsi que la possibilité de synchroniser les départs et les arrivées pour éviter les attroupements monstres.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Annonce hâtive

De fait, le marathon est l’un des premiers grands évènements de la belle saison à afficher ses couleurs d’emblée.

La plupart des principaux festivals de la métropole – Festival international de jazz, Francos, Juste pour rire – sont toujours en attente du feu vert de Québec avant d’annoncer leur programmation extérieure. À l’Omnium Banque Nationale (autrefois la Coupe Rogers), on s’est dit « confiant », le mois dernier, quant à la tenue du tournoi en août, mais aucune annonce officielle n’a encore eu lieu.

De toutes parts, on tente de coordonner le calendrier de vaccination avec les indications des différents ordres de gouvernement.

À Québec, le premier ministre François Legault a prédit que toutes les personnes désirant un vaccin auraient reçu une première dose avant le 24 juin. À Ottawa, Justin Trudeau a parlé d’une vaccination complète avant la fin du mois de septembre.

« À partir de là, comment ça se décline ? Quelles sont les prochaines étapes ? », se demande Martin Roy, président et directeur général du Regroupement des évènements majeurs internationaux (REMI), dont le marathon de Montréal n’est pas membre, par ailleurs.

Est-ce que ça veut dire que tous les Québécois seront protégés autour du 15 juillet, soit trois semaines après avoir reçu une première dose ? Est-ce qu’on va autoriser les rassemblements ?

Martin Roy, président et directeur général du Regroupement des évènements majeurs internationaux

Le REMI implore d’ailleurs les autorités québécoises de préciser leurs intentions au sujet des grands évènements d’ici la mi-avril.

Dans un courriel adressé à La Presse, le ministère de la Santé et des Services sociaux indique comprendre « l’impatience de la population et des organisateurs d’évènements », mais insiste : « Il est trop tôt pour se positionner sur le sujet. »

« Des balises et des protocoles doivent être développés pour ce type d’évènements et tenir compte de l’évolution de la situation épidémiologique et de la campagne de vaccination », ajoute-t-on.

À l’évidence, le marathon de Montréal a voulu aller de l’avant. Il faut dire que les contraintes logistiques sont évidentes. « C’est comme pour une pièce de théâtre, on ne peut pas commencer à se préparer une semaine avant l’évènement, souligne Sébastien Arsenault. On a bon espoir [que le marathon ait lieu]. Je ne peux pas m’avancer plus que ça, mais je pense que ça regarde bien. »

Après le tumulte

Ce n’est pas un secret : le marathon de Montréal revient de loin. La présentation de 2020 avait été annulée en raison de la pandémie, tandis que celle de 2019 avait été assombrie par la mort d’un coureur, attribuable notamment à un important cafouillage logistique sur les lieux.

La Ville a par la suite retiré la gestion de l’évènement au groupe américain Competitor, et l’a plus tard confiée à GPCQM l’automne dernier.

Sébastien Arsenault, dont le père Serge a fondé le marathon de Montréal en 1979, se garde bien de « critiquer le passé ».

Son équipe, dit-il, se concentre « sur le présent et le futur » et souhaite créer « un évènement rassembleur, totalement axé sur l’expérience des coureuses et des coureurs ».

Il donne notamment en exemple le parcours révisé : pour la première fois en plus de 40 ans, le départ des courses principales aura lieu au parc Jean-Drapeau, à Espace 67, un endroit « magnifique », mais également facile d’accès en métro, « qui coche toutes les cases sur le plan sécuritaire ». Un tour de ville traversera ensuite cinq arrondissements pour se conclure au Stade olympique.

Avec le beau temps qui semble se pointer le bout du nez, il ne reste donc aux coureurs qu’à amorcer leur préparation avant l’épreuve ultime. Et à croiser les doigts pour que le virus leur donne la chance d’aller montrer leur savoir-faire dans les rues de la métropole.

Le marathon Beneva de Montréal aura lieu du 24 au 26 septembre 2021. Plus d’informations sont offertes au mtlmarathon.com. L’organisation précise que les droits d’inscription à l’évènement seront remboursés en cas d’annulation en raison de la COVID-19.