Très peu de cas de maladies cardiaques inflammatoires ont été identifiées chez les athlètes ayant eu un test positif à la COVID-19, tranche un rapport publié jeudi dans la revue académique JAMA Cardiology. Celle-ci conclut qu’un retour au jeu « en toute sécurité » est donc possible dans la plupart des circuits.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Quelque 789 athlètes professionnels déclarés positifs au coronavirus, issus de six ligues sportives (LNH, NBA, WNBA, MLS, NFL et MLB), avaient participé à cette étude clinique, qui consistait à évaluer – avec des données anonymisées – la « prévalence » des maladies cardiaques inflammatoires chez les athlètes après une infection à la COVID-19. Près de 60 % des répondants étaient symptomatiques et le reste, environ 40 %, étaient asymptomatiques.

Résultat : à peine « cinq athlètes (0,6 %) ont finalement eu des résultats d’imagerie par résonance magnétique cardiaque suggérant une maladie cardiaque inflammatoire qui a entraîné une restriction du jeu », lit-on dans le compte rendu de l’étude, réalisée par les médecins Matthew Martinez, Andrew Tucker et Josh Bloom, entre autres.

En somme, trois cas de myocardite et deux de péricardite ont été identifiés chez des athlètes. Cela dit, des résultats de dépistage « anormaux » ont aussi été décelés chez une trentaine d’autres athlètes professionnels, dont 20 cas d’échocardiographie qui nécessiteront « des tests supplémentaires » au courant des prochaines semaines, précisent les chercheurs.

Dans son rapport, JAMA Cardiology précise par ailleurs « qu’aucun évènement cardiaque indésirable n’est survenu chez les athlètes qui ont subi un dépistage cardiaque et qui ont repris la participation à un sport professionnel ».

Des ligues sportives optimistes

Les réactions des différents circuits sportifs n’ont pas tardé, jeudi. « Un retour au sport professionnel après une infection à la COVID-19 peut être réalisé en toute sécurité en utilisant ce programme de dépistage de retour au jeu », ont indiqué les six ligues concernées, dans une déclaration conjointe.

Chaque ligue affirme en effet avoir mis sur pied un « programme de dépistage cardiaque similaire pour les athlètes infectés par la COVID-19 ». Ces programmes de dépistage, qui sont basés sur les recommandations de l’American College of Cardiology, « sont utilisés pour détecter les maladies graves résultant du virus et aider à promouvoir le retour au jeu en toute sécurité d’un athlète », rappelle-t-on.

« Depuis le début de la pandémie, nous avons travaillé plus étroitement que jamais pour partager les leçons apprises afin d’assurer les meilleurs soins possibles aux joueurs », rajoutent les six ligues, en précisant que l’étude publiée jeudi « est une illustration de la collaboration » entre leurs experts médicaux et les associations des joueurs.

À l’instar des « autres leçons que le sport professionnel a apprises » sur le coronavirus, les résultats de cette étude seront « largement partagés pour continuer à contribuer au corpus croissant de connaissances sur le virus », promettent par ailleurs les ligues, en disant s’engager pour le « bénéfice de la société, au-delà du sport ».

Sur Twitter, le cardiologue américain Eric Topol a aussi parlé d’une « étude rassurante sur l’incidence très faible de myocardite ou de changements cardiaques inflammatoires après la COVID-19 » chez les athlètes professionnels. « Ce sont des données importantes », a par ailleurs déclaré le cardiologue sportif Jonathan Kim, en soutenant que le dépistage et la surveillance des symptômes de maladies cardiaques est « critique » dans le milieu.