(Montréal) La Régie des installations olympiques n’est plus : il faut maintenant parler de la Société de développement du Parc olympique. Et cette société d’État voit grand, comme d’accueillir les Alouettes et le CF Montréal devant 11 000 spectateurs. En pleine pandémie.

Publié le 11 févr. 2021
Frédéric Daigle La Presse Canadienne

L’idée est d’Alain Larochelle, qui l’a exposée lors d’un entretien radiophonique au 98,5 FM plus tôt cette semaine. Le vice-président exploitation et développement des affaires du Parc olympique a comme mandat de rentabiliser le Stade olympique.

« Lorsque la crise a éclaté, mon premier réflexe avec l’ampleur que prenait la distanciation sociale, ça a été de dire que s’il y a bien un endroit où on peut faire de la distanciation sociale, c’est bien au Stade du Parc olympique, a-t-il expliqué à La Presse Canadienne. On a développé différents scénarios, qui touchent notamment aux sports ainsi qu’aux foires et salons.

« Nous sommes dans un circuit de grands stades dans le monde. On parle avec leurs gestionnaires et on suit ce qui se passe. Au Québec, on avait un décalage d’un à deux mois sur la crise, par exemple en Europe. On a profité de cela pour développer nos scénarios. »

Dans les cas d’évènements sportifs, trois scénarios sortent du lot : des évènements à huis clos, avec jusqu’à 6000 spectateurs dans la portion inférieure du Stade, ou encore jusqu’à 11 000 spectateurs en ouvrant aussi les sections 300 et 400.

« Tous ces scénarios ont un strict respect de la distanciation de 2 mètres, précise Larochelle. Personne à l’extérieur de votre bulle est à moins de 2 mètres de vous. […] On a fait des modélisations avec différentes tailles de bulles familiales : une personne, deux personnes, trois, quatre, etc. »

Ce plan n’a pas encore été présenté à la direction de la Santé publique, mais la SDPO sera prête à le faire sous peu.

« Nous attendons une réponse des Alouettes, qui nous présenteront leur plan sanitaire et celui de la Ligue canadienne de football. Ce qu’on m’a dit, c’est que la ligue est assez flexible pour s’adapter aux particularités de chaque province. Ils veulent tenir leur saison. »

Le point fort du Stade olympique pour contrer sa pandémie est sa grande quantité d’accès, souligne Larochelle.

« Si on regarde au niveau 200, sur la dalle de béton extérieur, nous avons des points d’entrées partout autour du “fer à cheval”. Nous pourrions moduler l’heure d’arrivée des gens selon leurs sections, tout comme gérer l’évacuation du stade en y allant section par section, question d’assurer une circulation des foules très sécuritaires. »

Ce plan était prêt pour 2020. Il a été mis sur la glace en raison des difficultés rencontrées par les deux clubs : la LCF a annulé sa saison, tandis qu’après avoir présent trois matchs au stade Saputo devant 250 personnes, le CF Montréal — l’Impact à ce moment — a dû s’exiler dans le New Jersey pour poursuivre ses activités.

« On s’est dit qu’on recontacterait les clubs le moment venu, ce que nous avons fait en décembre pour les Alouettes. Pour le CF Montréal, l’incertitude entourant les activités canadiennes dans la MLS en 2021 fait en sorte que c’est peut-être davantage un projet pour 2022. Néanmoins, nous avons prévu, la direction de l’équipe et nous, de nous rencontrer dans deux semaines. »

Les Alouettes n’ont pas voulu trop s’avancer quant à leur intérêt ou non dans ce projet.

« (Les gens de la SDPO) nous ont contactés. Nous écoutons ce qu’ils ont à nous dire. Nous en sommes là », s’est contenté de répondre un porte-parole de l’équipe par courriel.

Du côté du CF Montréal, on souhaitait en savoir davantage avant de commenter. Un porte-parole du club a néanmoins indiqué que « (l’organisation) n’en est pas là, mais (elle) est très ouverte, s’ils ont un plan qui a du sens au point de vue des affaires et d’un point de vue sanitaire ».

Larochelle a signalé que la pandémie avait eu un sérieux impact sur les activités et les finances du Parc olympique. Pas moins de 60 évènements ont été annulés en 2020, pour des pertes de plus de 10 millions de revenus.