Il n’y a qu’une lettre qui distingue le hurling du curling. C’est bien la seule chose qui les rapproche.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

À l’opposé de la proverbiale lenteur du curling – adeptes et fans du Tournoi des cœurs, inutile de m’écrire, ce n’est pas un reproche –, le hurling est qualifié de plus rapide des sports sur gazon. Pas de doute là-dessus.

Avec le football gaélique, le hurling est le sport national des Irlandais. Il y a deux ans et des poussières, l’UNESCO l’a admis dans sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Dans les grandes lignes, l’organisme le décrit ainsi : « Les équipes comptent 15 joueurs. Ils utilisent une crosse en bois (le hurley) semblable à une crosse de hockey, mais avec un bout aplati, et une petite balle (le sliotar). Le but du jeu est de frapper le sliotar avec le hurley de manière à l’envoyer entre les buts de l’équipe adverse. » Voilà. (Voir les règles en bref pour plus de détails.)

On peut grossièrement le résumer comme un mélange de crosse, de baseball et de hockey sur gazon. Il ferait d’ailleurs partie des influences qui ont mené à l’invention de notre cher sport national.

Le hurley – oui, comme le pub de la rue Crescent – est parfois comparé à une hache avec un plus long manche.

Le hurling et sa variante féminine, appelée camogie, sont des sports doux… non. Mais pas aussi rudes qu’il y paraît, assure Thomas Dayon, qui joue pour les Shamrocks, formation montréalaise de hurling. Même un peu moins que le hockey, assure-t-il.

Par-dessus tout, il demande indéniablement de grandes qualités athlétiques et est extrêmement exigeant. L’extrait vidéo ci-contre vous en a assurément convaincu.

Voici quelques extraits de parties de hurling :

Ça vous tente d’essayer ? Sachez que les Shamrocks sont en recrutement constant. Les personnes intéressées, hommes et femmes de tous les âges et de toutes les conditions physiques, sont les bienvenues.

> Consultez le site des Shamrocks

Pas le temps de célébrer !

Thomas Dayon est fou du hurling, qu’il pratique depuis quelques années. Il a découvert ce sport lors d’un voyage en Irlande. Plus précisément, dans un pub de Kilkenny.

Sa conjointe et lui ont tous deux participé aux Jeux mondiaux en Irlande, en 2019, avec leur équipe canadienne respective.

« C’est vraiment un sport dynamique », souligne Thomas. Il a compris à quel point après avoir marqué son premier but à vie.

Je me suis retourné pour donner des high five à mes coéquipiers, comme je le ferais au hockey… Mais non, c’est l’fun, t’as scoré, sauf que tu n’as même pas le temps de célébrer. Le gardien prend une autre balle et ça repart !

Thomas Dayon

Il a été envisagé, il y a quelques années, de construire un terrain de hurling dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal. Rien n’a bougé en ce sens depuis.

Racines lointaines

Vieux de quelques milliers d’années, le hurling se jouait traditionnellement dans des champs, et le nombre de joueurs n’était pas défini.

Les soldats irlandais en auraient déjà fait une démonstration à Napoléon.

En Irlande, le hurling est une quasi-religion. Shane Lowry, qui a remporté l’Omnium britannique de golf en 2019, en est un grand fan.

La finale du Championnat d’Irlande se déroule le premier dimanche de septembre dans le plus grand stade du pays, Croke Park, à Dublin, et attire quelque 80 000 partisans.

Autant qu’un spectacle de U2. Qui peut nous sembler exister depuis aussi longtemps que le hurling. Mais ce dernier vieillit mieux.

Prochain sujet de la série : Le pesäpallo

Les règles en bref

On saisit la balle dans les airs avec la main, ou au sol avec le hurley avant de la transférer dans sa main.

On a droit à un maximum de quatre pas avec la balle en main. « Quatre pas généreux ! », dit Thomas Dayon, des Shamrocks de Montréal.

Ensuite, on peut la passer, dégager ou tenter un tir à l’aide du hurley, ou encore effectuer une course avec la balle en équilibre sur le bout du hurley.

Un tir dans le filet vaut trois points. Entre les poteaux, au-dessus du but, un point.

Les contacts épaule à épaule sont permis, mais dans certaines situations seulement.

Chaque équipe compte un gardien, six défenseurs, deux milieux de terrain et six attaquants.

Un match se joue en deux périodes de 30 ou 35 minutes.