Chaque semaine, les journalistes des Sports de La Presse répondent à une question dans le plaisir, et un peu aussi dans l’insolence

La Presse

Simon-Olivier Lorange

Difficile de se décider, le choix est tellement vaste… Nashville pour l’après-match. N’importe où en Californie – sauf Los Angeles – pour le climat. Même Toronto a ses qualités, c’est dire ! Mais à ce jour, mon coup de cœur revient à Chicago. Une ville magnifique, bouillonnante, où, pour reprendre le slogan d’un village-vacances dont nous tairons le nom, une journée, ce n’est pas assez. Le Soldier Field, domicile des Bears, dans la NFL, est situé au cœur de la ville. On y accède à pied. Il est établi sur le bord du lac Michigan, qu’on aperçoit depuis les gradins les plus élevés du côté ouest. Le vent peut y être mortel, mais la chance s’est rangée de notre côté lors de notre passage : malgré nos choix de vie discutables des jours précédents, l’univers nous a gratifié d’un grand soleil et de 20 °C… un 1er novembre ! Une expérience incroyable, en dépit d’une défaite des locaux (rien de surprenant en 2015, remarquez). Une visite au Wrigley Field est également incontournable pendant l’été.

Mathias Brunet

PHOTO DAVID ZALUBOWSKI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le stade de baseball de Denver, le Coors Field

J’ai eu la chance de visiter la plupart des villes en Amérique du Nord à l’époque où je couvrais à la fois le Canadien à temps plein (et la plupart du temps seul) et les Expos. J’ai adoré San Francisco sur le plan touristique, d’autant plus que je n’ai pas eu la chance d’y aller si souvent, mais sur le plan sportif, rien ne pourra battre Denver, une ville magnifique, nichée dans les Rocheuses. J’en garde d’innombrables souvenirs. Il y a eu le premier match de Patrick Roy dans l’uniforme de l’Avalanche, alors qu’on m’avait dépêché au Colorado la veille en catastrophe. Chaque visite des Expos au Coors Field était spéciale. Le stade, toujours rempli, sentait encore le neuf et il y régnait toujours une ambiance électrique. C’était cependant un cauchemar pour les lanceurs. À cause de l’altitude et de la proximité de la clôture, chaque ballon ou presque au champ extérieur se transformait en circuit ! J’y ai couvert tous les matchs de la finale de la Coupe Stanley en 2001. En 2002, le Canadien avait tenu son camp d’entraînement à Vail, où son nouveau propriétaire, George Gillett Vail, habitait. La piste d’atterrissage était tellement étroite, entre les cimes des montagnes, que les gros avions pouvaient y atterrir, mais pas décoller ! Les appareils devaient faire le plein ailleurs pour garder une légèreté suffisante pour prendre de l’altitude sans percuter les Rocheuses. Denver est une ville où il fait bon vivre. La population est très active et les endroits pour pratiquer le sport ne manquent pas. J’ai eu le bonheur de faire du patin à roues alignées le long de la rivière South Platte et du vélo dans les Rocheuses. Non seulement Denver compte des clubs de baseball et de hockey, mais aussi les Broncos dans la NFL, les Nuggets dans la NBA et les Rapids dans la MLS ! Une ville où je pourrais habiter demain !

Miguel Bujold

PHOTO JOE NICHOLSON, USA TODAY SPORTS

Le domicile des Seahawks, qui s’appelle maintenant le Lumen Field, est au centre-ville, ce qui est toujours un gros plus.

J’ai eu un coup de cœur pour Seattle lorsque j’ai couvert la finale de la Conférence nationale entre les Seahawks et les 49ers de San Francisco, il y a sept ans. Le domicile des Seahawks, qui s’appelle maintenant le Lumen Field, est au centre-ville, ce qui est toujours un gros plus. On peut marcher de l’hôtel au stade et passer par le fameux Pike Market. L’ambiance dans la ville est spéciale les jours de match et on se sent toujours en sécurité, ce qui n’est pas le cas dans certaines autres villes américaines. Le stade des Mariners, le T-Mobile Park, est à côté de celui des Seahawks. Il y avait également naguère les SuperSonics, mais ils ont déménagé à Oklahoma City et sont devenus le Thunder en 2008. Le Kraken disputera sa première saison dans la LNH à partir de l’automne et les Sounders, qui jouent au Lumen Field eux aussi, forment l’une des bonnes équipes de la MLS pour ceux qui s’intéressent au soccer. Donc, plusieurs options pour les amateurs de sport, et l’une des villes les plus agréables à visiter des États-Unis. Et on ne parle même pas de la scène musicale, qui est généralement l’une des plus dynamiques de l’Amérique du Nord.

Simon Drouin

PHOTO SIMON DROUIN, ARCHIVES LA PRESSE

Vue des Championnats du monde de ski nordique 2011 à Oslo. Chaque jour, pendant deux semaines, 100 000 spectateurs se réunissaient sur Holmenkollen, la montagne qui surplombe la ville, pour applaudir les skieurs.

Boston est dur à battre avec le Fenway Park, le marathon et Brad Marchand. Comme je suis payé pour être différent, j’ai cependant un faible pour Oslo. Je sais, cela devient lassant de se faire rebattre les oreilles sur la supériorité des Scandinaves, en particulier dans les sports, mais jamais n’ai-je vu un enthousiasme collectif comme celui pour les Championnats du monde de ski nordique de 2011 dans la capitale norvégienne. Chaque jour, pendant deux semaines, 100 000 spectateurs se réunissaient sur Holmenkollen, la montagne qui surplombe la ville, pour applaudir ces merveilleux athlètes sur des skis minces. Ils débarquaient en métro et montaient dans les sentiers avec les enfants dans le traîneau. Fanatisme intense, mais attitude bon enfant. Je n’ai cependant pas eu la chance de visiter la section « adultes », où des enthousiastes campaient dans les bois pendant toute la quinzaine, avec écran géant et glacière bien pleine. Alex Harvey ne pouvait rêver de plus beau théâtre pour son premier sacre mondial, salué par des dizaines de milliers de personnes le soir même devant le palais royal. Heia Harvey !

Richard Labbé

PHOTO NAM Y. HUH, ASSOCIATED PRESS

Des passants marchent devant le Wrigley Field où les Cubs de Chicago jouent leur saison de baseball.

Pour des raisons de climat, je serais tenté de répondre Los Angeles, parce que c’est la Californie, parce que les palmiers, et aussi parce qu’après un match, il n’y a rien qui bat une virée sur Sunset Strip pour aller voir un show et peut-être aussi y croiser un membre de Mötley Crüe. Mais L.A. perd des points à cause de ses célèbres bouchons de circulation, alors je vais répondre Chicago à la place. Pourquoi Chicago ? Parce que les quatre ligues majeures y sont très bien établies, bien sûr, mais aussi parce que, du centre-ville, on peut marcher pour aller aux matchs des Cubs, des Bears, des Blackhawks et des Bulls. En plus, on ne s’emmerde jamais dans cette ville. Les musées, les restos de choix, les bars de blues, bref, avant ou après le match, il est impossible de s’ennuyer. Aussi, il faut bien le dire, la vie du sportsman qui se respecte ne saurait être complète sans une virée au Wrigley Field, un endroit mythique où une balle de baseball a déjà atterri dans mon verre de bière.

Guillaume Lefrançois

PHOTO TED S. WARREN, ASSOCIATED PRESS

Des travailleurs soulèvent l’enseigne du futur domicile des Kraken de Seattle, le Climate Pledge Arena. La NHL arrive en ville.

Traitez-moi de sentimental parce que c’est la ville du regretté Chris Cornell, mais j’ai eu un coup de foudre pour Seattle la première fois que j’y ai mis les pieds. Les stades des Seahawks, des Sounders et des Mariners sont réussis, en marge de secteurs industriels revitalisés. Pour le futur domicile du Kraken, il faudra voir quand les rénovations du Climate Pledge Arena (c’est beau, n’est-ce pas ?) seront terminées. Avec le Puget Sound d’un côté et les montagnes en arrière-plan de l’autre côté, le paysage n’est pas sans rappeler celui de Vancouver. Les deux villes sont aussi jolies l’une que l’autre ; la principale différence étant que les gens à Seattle semblent capables de s’amuser un peu dans la vie, eux. La ville dégage en effet une énergie qui manque à sa voisine canadienne, et qui fait en sorte qu’on peut y perdre son âme. Ce qui n’est pas nécessairement une vilaine chose. Vivement l’arrivée du Kraken !

Alexandre Pratt

PHOTO JUSTIN TALLIS, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des passants déambulent près de Big Ben à Londres, sous la pluie.

Londres. Sur un territoire de la grandeur de l’île de Montréal, il y a 12 clubs professionnels de soccer, dont six de la Première Ligue anglaise. Et pas les moindres : Chelsea, Tottenham, Arsenal, West Ham, Crystal Palace… Au cours d’un long week-end, vous pourrez facilement assister à trois matchs en trois jours. L’ambiance dans les stades est survoltée – surtout lors des derbys, quand les clubs voisins s’affrontent. Londres accueille aussi des rencontres internationales de soccer, de rugby, de cricket, d’athlétisme, le tournoi de tennis de Wimbledon, un des marathons les plus courus au monde et même des parties de la NFL. Qui dit mieux ?