Lundi, je vous ai donné un devoir. Lire les livres des règlements des différentes ligues. Déchirer les pages inutiles. Les déposer dans votre bac de recyclage. Puis réécrire de nouvelles règles qui vous « procurent de la joie ».

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Plus de 250 lecteurs m’ont envoyé leurs suggestions. Le résultat est fascinant. Vous allez le constater, il y a des idées brillantes, innovantes et, souvent, amusantes. Pour faciliter la lecture, je les ai classées proprement dans de petites boîtes. C’est Marie Kondo qui serait fière !

> Relisez « À bas les hors-jeu (et autres règles inutiles) »

Hockey

• Purger les punitions au complet. En effet, pourquoi un joueur chassé pour deux minutes peut-il revenir au jeu dès que l’adversaire compte ? C’est de la faute à Maurice Richard ! En 1956, le Canadien dominait en supériorité numérique. Tellement qu’il a forcé la LNH à modifier son règlement pour donner un répit aux autres équipes. La règle est toujours en vigueur. Et elle vous déplaît. Soixante lecteurs s’en sont plaints. Jocelyne Bédard : « Ça ferait peut-être réfléchir les fautifs si une punition de 2 minutes durait vraiment 2 minutes… »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Et si les joueurs chassés pour deux minutes étaient obligés de purger leur punition au complet, que l’adversaire compte ou non ?

• Interdire de se coucher sur la glace. À la Guy Carbonneau. Yves St-Louis déteste. « Il y a de beaux jeux qui se dessinent et qui sont annulés par ce geste. C’est une forme d’obstruction qui nuit au spectacle. J’accepterais qu’un joueur puisse mettre un genou sur la glace pourvu qu’un de ses patins soit en contact régulier avec la glace. » Sébastien Provençal, lui, irait encore plus loin. Il interdirait aux joueurs de déposer leur bâton en longueur sur la glace. « Place à l’offensive ! Place aux patineurs ! »

• Accorder un but automatique. Mathieu Nadeau relève une anomalie. « Si le gardien décroche son but intentionnellement lors d’une échappée de deux ou trois joueurs contre lui, [la sanction est] un tir de pénalité. » Illogique. « Ses chances sont meilleures à un contre un ! »

• Tolérer la rondelle touchée plus haut que la hauteur permise. « Ou comme on disait autrefois, plus haut que les épaules, raconte Robert Duguay. Quelles seraient les conséquences de l’abolition de ce règlement ? Redoute-t-on des éborgnages ? Des décapitations ? Sur 5000 matchs visionnés, une seule fois ai-je vu un joueur toucher au casque d’un adversaire en essayant de rabattre une rondelle trop haute. »

• Poursuivre le jeu si la rondelle touche au filet protecteur. Une autre idée populaire. Jean-Yves Méthé explique. « Ajoutons un filet protecteur tout autour de la patinoire et arrangeons-nous pour qu’il soit par-dessus la baie vitrée. » Conséquence : moins d’arrêts de jeu.

• Dégager en infériorité numérique ? Oui, mais seulement à partir de la ligne bleue, suggère Carl Têtu. « Au début de l’AMH, l’équipe punie devait traverser sa propre ligne bleue avant de dégager légalement. » Pierre Bédard appuie. « Je pense qu’on tenterait de provoquer quelque chose et le jeu serait plus enlevant. »

• Abolir la règle Martin Brodeur. Souvenez-vous, le gardien des Devils excellait dans l’art de manier la rondelle. La LNH a freiné ses ardeurs en limitant la portée des gardiens. Une décision déplorée par Michel Pruneau. « Il faut retirer les deux ridicules lignes rouges qui empêchent les gardiens de contrôler la rondelle dans les coins. C’est comme si à l’époque de Wayne Gretzky, on avait rétréci l’espace derrière les buts au lieu de l’augmenter ! »

• Interdire les changements pendant les arrêts de jeu. Pas convaincu de celle-là… Je laisse Jean Lacoursière défendre sa cause. « Pour accélérer le tempo du spectacle et rendre le travail des entraîneurs encore plus difficile. Ça diminuerait l’impact des joueurs défensifs désignés à éteindre les meilleurs joueurs adverses. »

Baseball

• Repenser la prolongation. Puristes, je vous suggère de passer directement au point suivant. Car André Lemay propose une petite révolution : enlever deux joueurs en défensive à partir de la 10e manche. À tester.

• Cesser les rencontres lanceur-receveur. Tellement ! Denis Lapointe : « Vous pouvez vous parler entre les manches, alors finies les petites discussions pendant le jeu. Si tu es lanceur dans les majeures et que tu ne sais pas quoi faire comme stratégie… » Yan Martel abonde dans le même sens. « Vous êtes mêlés dans vos signaux ? Vous en discuterez dans l’abri. En attendant, ça va nous donner tout un show ! »

Football

• Abolir la transformation. J’aime les gens qui – comme Christian Bauduin – pensent différemment. « Un touché vaudrait 7 points. Une équipe veut un point de plus ? Elle doit marquer un essai à partir de la ligne de 3 au football américain, et de 5 au football canadien. Si elle rate ? Le point est retranché et le touché est réduit à 6 points. Excitant, n’est-ce pas ? » Oui, oui, et encore oui !

• Réduire les génuflexions à la fin d’un match. « Je suis tanné, écrit Réal Lortie. Il faut modifier le chronométrage des deux dernières minutes. » M. Lortie, je vous présente François Perreault, qui a une solution. « Dans les deux dernières minutes du quatrième quart, le cadran devrait s’arrêter après chaque jeu. On éviterait ainsi de voir des équipes en avance écouler le temps en déposant à répétition le genou au sol. »

Soccer

• Pour ou contre le hors-jeu ? Lundi, je me suis prononcé contre. Mais Samir Ghrib, entraîneur du Rouge et Or de l’Université Laval, m’a finalement convaincu de son opportunité. Son plaidoyer : « L’enlever transformera le jeu. Ça deviendra plus direct, plus aérien, presque d’une surface de réparation à l’autre. Un jeu de gladiateurs fait pour les femmes et les hommes forts. Exit les petits gabarits. […] L’enjeu est de risquer de tuer la créativité et surtout, l’art de maîtriser le ballon. »

• Instaurer un carton orange. Une suggestion originale de Michel Paris. « Un carton orange entraînerait l’expulsion d’un joueur pour 5 minutes. Le rouge serait réservé aux fautes très graves. » J’aime.

• Punir les marcheurs. Un irritant souvent répété : les jeunes qui prennent leur temps pour revenir au banc lors d’un changement. Jean-Nicolas Chagnon a une idée. « Un joueur marche tout bonnement vers les lignes de côté en applaudissant la foule ? Carton jaune ! »

• Reculer le point du tir de pénalité. « Un penalty, c’est un but gratuit », écrit Benoit St-Jacques. Un but gratuit, c’est peut-être un peu fort. Le taux de réussite est d’environ 75 %. Mais ça ne change rien au propos. « Est-ce qu’on pourrait au moins laisser une chance au gardien en lui laissant le droit de bouger quand il le veut ? Et surtout, reculez-moi ce point de tir d’au moins 5 mètres ! »

• Déterminer un gagnant. Benoit St-Jacques mérite le ballon pour une seconde touche. « Rien de plus plate que de sortir d’un stade après deux heures avec une belle nulle… On commence la prolongation à sept contre sept. On peut mettre n’importe quel joueur disponible sur le banc. Le prochain but est le gagnant. »

• Augmenter le nombre de changements. Pierre Lachance, lui, ne comprend pas pourquoi les entraîneurs sont limités à trois changements par partie. « Il me semble que si on en permettait plus, on aurait un jeu plus rapide. On verrait plus de joueurs. Et ça éviterait des blessures. »

• Réattribuer les buts contre son camp. Benoit Huberdeau plaide bien sa cause. « C’est une pure calamité. Humiliant et antisportif au max. Sérieusement, dans quel autre sport ose-t-on inscrire au sommaire le nom du joueur qui marque involontairement dans son propre but ? Enlevez-moi ce règlement débile immédiatement et entrez dans le XXIe siècle, pour l’amour ! »

Golf

• Une petite dernière. Celle qui m’a fait le plus rire, de Vincent Laniel. « Tous les golfeurs doivent se déplacer en kart. On met de la pub sur les karts s’il le faut. Je ne veux pas les voir marcher ou jaser avec leur caddie pendant 4 heures 30. Je veux les voir frapper des balles ! »