La bonne nouvelle pour l’équipe canadienne, à l’aube des Jeux olympiques de Tokyo, c’est qu’elle est capable d’améliorer son total de 22 médailles obtenu il y a quatre ans, à Rio de Janeiro.

Donna Spencer
La Presse canadienne

La mauvaise nouvelle c’est que ce sera difficile à accomplir.

À six mois des cérémonies d’ouverture des Jeux d’été, le 24 juillet, le Canada a un potentiel de médaille dans plus de sports qu’à Rio. Des puissances en sports estivaux comme les États-Unis, la Chine, l’Australie, le Japon, la Grande-Bretagne et la Russie devraient toutefois récolter la majorité des médailles, ne laissant que des miettes aux autres nations.

« Notre objectif est d’améliorer constamment notre nombre de médailles, a déclaré la directrice générale de l’organisme À nous le podium, Anne Merklinger, à La Presse canadienne, vendredi. C’est toujours une cible pour nous. Il n’y a rien de plus compétitif, exigeant et stimulant que les Olympiques. Ça n’a pas changé en vue des Jeux de Tokyo.

Les 22 médailles canadiennes à Rio ont égalé le plus haut total du pays lors de Jeux olympiques d’été non boycottés, établi à Atlanta en 1996. Les quatre médailles d’or se sont avérées une nette amélioration par rapport à l’unique médaille d’or gagnée sur place à Londres par Rosie MacLennan, en trampoline, en 2012.

Le 10e rang au classement des médailles fut une petite victoire pour le Canada après plusieurs années hors du top-12, mais Merklinger a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une anomalie.

Au cours de chaque Jeux d’été depuis 2000, à Sydney, en Australie, le top-10 nécessitait 27 médailles ou plus.

“L’objectif d’améliorer notre classement est très difficile compte tenu de notre analyse de ce qu’il faut pour accéder au top-10, a dit Merklinger. C’est assez révélateur si le seuil nécessaire depuis 2000 est 27 médailles. »

L’organisme À nous le podium a été fondé avant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, à Vancouver et Whistler, en Colombie-Britannique, afin d’aider les athlètes canadiens à grimper sur le podium lors des Jeux olympiques en sol canadien.

L’organisme continue à prodiguer des conseils techniques aux fédérations sportives et à formuler des recommandations de financement en orientant l’argent de Sport Canada vers les sports au cours desquels il y a un potentiel de médailles.

La natation devrait permettre au Canada d’amasser plusieurs médailles à Tokyo, a indiqué Merklinger, notamment grâce à Kylie Masse, championne du monde au 100 mètres dos, la spécialiste du papillon Maggie MacNeil, Penny Oleksiak, la championne olympique en style libre, Taylor Ruck et Sydney Pickrem.

L’athlétisme vient au deuxième rang des prévisions canadiennes, suivi par plusieurs sports comme l’aviron, le plongeon, le cyclisme, le canoë-kayak et la lutte.

Le Canada a ajouté un potentiel de médailles en gymnastique artistique, en tennis et en volleyball de plage chez les dames, ce qui n’était pas le cas à Rio de Janeiro.

Les championnes du monde en volleyball de plage Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes, les joueurs de tennis Bianca Andreescu et Denis Shapovalov ainsi que la gymnaste Ellie Black ont tous élevé leur niveau d’un cran depuis 2016.

Selon À nous le podium, le Canada a 21 résultats de plus dans le top-8 — dont huit de plus dans le top-5 — lors des plus récents Championnats du monde à l’aube des Jeux de Tokyo que ce fut le cas en vue des Jeux de Rio.

« Quand tu te retrouves dans le top-5, tu es à portée de main d’un podium. C’est vraiment une question de savoir quels seront les manques à gagner entre ces quatrième et cinquième positions en 2019 afin de les convertir en médailles à Tokyo », a analysé Merklinger.

La différence majeure entre l’équipe canadienne de 2004, qui a gagné une douzaine de médailles à Athènes, en Grèce, et celle de 2020 est qu’il y a une augmentation d’athlètes qui ont un potentiel de plusieurs médailles. Particulièrement en natation, en athlétisme et en plongeon.

Malgré tout, une entreprise internationale d’analyse de données est moins optimiste quant aux prévisions de podium du Canada à Tokyo qu’elle l’était il y a un an.

Gracenote, qui fournit des métadonnées musicales, vidéo et sportives aux services de divertissement et aux entreprises, prévoit 22 médailles au Canada, soit cinq d’or, huit d’argent et neuf de bronze.

En juillet dernier, Gracenote prédisait 25 médailles et six d’or au Canada, mais elle le fait toujours pointer au 13e rang du classement des pays.

À un mois des Jeux de Rio, Gracenote avait prédit 16 médailles d’or canadiennes, dont trois d’or.

Gracenote s’attend à des médailles d’or de la part du décathlète Damian Warner, du duo composé de Pavan et de Humana-Paredes, de Masse et un doublé de la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe.

Vincent-Lapointe est toujours en attente de savoir si elle pourra participer aux Jeux de Tokyo, à la suite d’un contrôle antidopage positif.

Six équipes canadiennes se sont qualifiées jusqu’à présent, le plus haut total pour des Jeux d’été non boycottés et qui n’ont pas eu lieu au Canada. Il y avait eu neuf équipes canadiennes en compétition à Montréal, en 1976.

Il reste encore des possibilités de qualification olympiques en basketball, en soccer féminin, en baseball masculin et en water-polo.