(Lausanne) L’Agence mondiale antidopage prévoit à compter de l’an prochain des sanctions allégées en cas d’usage de drogues telles que la cocaïne, l’héroïne, l’ecstasy ou le cannabis, dans un contexte « sans rapport » avec l’amélioration de la performance.

Agence France-Presse

En réécrivant son code antidopage, dont la dernière version remontait à 2019, l’instance basée à Montréal a « reçu un nombre considérable de commentaires » l’avertissant que l’usage de certaines substances interdites « n’était souvent pas liée à la performance sportive », expliquait-elle mercredi soir dans un communiqué.

Elle a donc créé la catégorie spécifique de « substances d’abus », qui entrera en vigueur le 1er janvier et intègre « la cocaïne, la diamorphine (héroïne), la méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA/ecstasy) » et le THC, principe psychoactif du cannabis. Le gendarme antidopage pourrait y ajouter « d’autres substances actuellement à l’étude ».

En cas de contrôle positif, la sanction sera de trois mois si le sportif peut prouver que l’utilisation « s’est produite hors compétition et sans intention d’améliorer la performance sportive », et pourra être réduite à un mois si l’athlète concerné « suit un programme de réhabilitation ».

Jusqu’à présent, ces substances étaient soumises à l’échelle de sanctions habituelle de l’AMA, qui prévoit une annulation des résultats obtenus sous l’emprise d’un produit interdit ainsi qu’une suspension pouvant aller jusqu’à quatre ans, hors circonstances aggravantes telles que le trafic, où la suspension peut être à vie.

Parmi les sportifs contrôlés positifs à la seule cocaïne figurent l’idole argentine Diego Maradona — alors suspendu 15 mois en 1991 —, les joueurs de tennis Mats Wilander, Richard Gasquet et Martina Hingis, le recordman du monde cubain du saut en hauteur Javier Sotomayor, le rugbyman français Pieter de Villiers, l’ancien attaquant roumain de Chelsea Adrian Mutu ou le champion cycliste belge Tom Boonen.

Le gendarme antidopage a par ailleurs actualisé sa liste des produits « sous surveillance », catégorie cruciale au cœur des débats sur la santé des athlètes : y figurent, outre la caféine et la nicotine, des antalgiques tels que la codéine et le tramadol, ainsi que les « glucocorticoïdes » comme la cortisone.

L’Union cycliste internationale est devenue en 2019 la première instance à interdire l’usage du tramadol, très prisé dans le peloton pour lutter contre la douleur, mais mis en cause par plusieurs médecins d’équipe pour son rôle dans la perte de vigilance et donc les chutes.

Le cas célèbre de Ross Rebagliati

Le 8 février 1998, le planchiste sur neige canadien Ross Rebagliati remportait l’or à la toute première épreuve de snowboard présentée aux Jeux olympiques. Mais le lendemain, le CIO le convoquait à ses bureaux après avoir découvert des traces de THC, l’élément psychoactif du cannabis, dans son sang.

Sa médaille d’or lui a été retirée, et l’affaire a défrayé la chronique pendant des jours.

Rebagliati et son entourage avaient alors plaidé que la quantité de 17 nanogrammes par millilitre trouvée dans son sang provenait de « fumée secondaire » inhalée accidentellement lors de soirées avec des amis.

Sa médaille lui a été restituée en appel quelques jours plus tard.

Avec La Presse