(Genève) Le président du CIO, Thomas Bach, a mis en garde contre les boycottages olympiques, tout en confirmant qu’il se présentera à sa réélection l’année prochaine.

Graham Dunbar
Associated Press

Bach semble certain d’obtenir un autre mandat de quatre ans en 2021 après que près de la moitié des 100 membres du Comité international olympique du monde entier l’ont encensé lors d’une version en ligne de leur réunion annuelle.

« Comme vous pouvez l’imaginer, j’entendrais ça sans me lasser », a plaisanté Bach pendant près d’une heure d’hommages à son leadership depuis le début de son premier mandat de huit ans en 2013, et de membres saluant sa candidature pour un second mandat.

Le premier mandat de Bach a été entaché par le scandale du dopage russe, mais ce fut une période financièrement stable pour le CIO. Le diffuseur américain NBC a signé un accord à long terme et de nouveaux commanditaires de premier plan ont été ajoutés, dont le géant chinois de la distribution Alibaba.

Les Jeux olympiques d’hiver à Pékin, actuellement prévus en 2022, seront le début d’un point culminant et un test potentiel du deuxième mandat de Bach et, selon les règles actuelles du CIO, de son dernier.

Bien que l’on ne parle pas sérieusement d’un boycottage, le bilan de la Chine en matière de droits de la personne est une préoccupation prévue avant les Jeux olympiques. Certains législateurs et diplomates ont critiqué la Chine pour sa détention et son traitement de la minorité musulmane ouïghoure et des militants prodémocratie à Hong Kong.

« Les boycottages et les discriminations en raison de leur origine politique ou de leur nationalité sont à nouveau un réel danger, a averti Bach dans son discours d’ouverture à Lausanne, en Suisse. Un boycottage sportif ne fait que punir les athlètes du pays qui le décide et prive leur peuple de partager le succès, la fierté et la joie de leur équipe olympique. »

Ce sujet est personnel pour Bach, qui a remporté une médaille d’or en escrime par équipe aux Jeux olympiques de Montréal de 1976, mais n’a pas pu défendre le titre lorsque l’Allemagne de l’Ouest a rejoint les États-Unis et d’autres en refusant d’envoyer des équipes aux Jeux de Moscou en 1980.

« L’armée soviétique est restée neuf ans de plus en Afghanistan après le boycottage, a mentionné Bach, qui en tant que porte-parole des athlètes en 1980 n’a pas réussi à faire changer d’avis les dirigeants politiques allemands. Il semble qu’aujourd’hui, certains ne veulent tout simplement rien apprendre de l’histoire.

“Le seul effet politique du boycottage de 1980 a été de déclencher le boycottage de la vengeance des Jeux olympiques suivants (Los Angeles) », a-t-il rappelé.

Si Bach est réélu sans opposition comme prévu, peut-être à Athènes en juin, le grand défi de son prochain mandat sera probablement la reprise économique et sociale des sports après la crise sanitaire mondiale.

Le CIO a reporté d’un an les Jeux olympiques de Tokyo 2020 et les Jeux olympiques de la Jeunesse à Dakar, au Sénégal, de 2022 à 2026.

« Malheureusement, nous voyons déjà des signes clairs dans certaines parties du monde que… la société et les nations sont motivées par encore plus d’égoïsme et d’intérêt personnel, a soutenu Bach. Cela conduit à plus de confrontation et à la politisation de tous les aspects de la vie : culture, économie, santé, science, aide humanitaire. Même la lutte contre le dopage est déjà visée. »

Ce commentaire a semblé critiquer les États-Unis après qu’une étude financée par le gouvernement le mois dernier ait évoqué la possibilité de retenir de l’argent de l’Agence mondiale antidopage.

Élection au printemps 2021

Le CIO a précisé que l’élection présidentielle aura lieu au « printemps 2021 », les membres ayant convenu de tenir deux réunions complètes l’année prochaine. Le deuxième devrait être à Tokyo en marge des Jeux olympiques.

Également, le CIO a élu cinq nouveaux membres, dont le double champion olympique britannique Sebastian Coe, président de World Athletics. Les autres sont : l’ancienne championne olympique cubaine Maria Colon ; La princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d’Arabie saoudite aux États-Unis ; Kolinda Grabar-Kitarovic, ancienne présidente de la Croatie ; et Battushig Batbold de Mongolie.

Deux membres, l’Australien John Coates et le Singapourien Ser Miang Ng, ont été élevés au rang de vice-président du CIO, avec des sièges au conseil exécutif.

Deux sièges vacants au conseil de 15 membres ont été remportés lors des élections par Mikaela Cojuangco Jaworski des Philippines et Gerardo Werthein d’Argentine, l’un des principaux alliés de Bach.