Marc Vaillancourt lève le coude ces temps-ci. En fait, il lève les coudes. Mais ce n’est pas pour noyer sa peine en cette période de confinement. C’est plutôt pour bien exécuter les tractions sur son nouveau banc de natation maison.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Marc est un vrai maniaque de natation, sport qu’il a découvert sur le tard au cégep. Après quelques années et un passage avec les Carabins de l’Université de Montréal, il a atteint le niveau national, participant aux essais pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000.

Il ne s’est jamais arrêté. À 39 ans et père de quatre enfants, il nage toujours presque autant. Six fois par semaine, principalement avec le club des maîtres de Saint-Laurent. Pour ajouter du millage, ce professeur de sciences au collège Regina Assumpta va au bain libre à Claude-Robillard quand le temps le lui permet entre deux cours.

« Contrairement à ceux qui ont nagé un peu toute leur vie, je ne me suis pas tanné », explique-t-il.

Sa femme, Marie-Ève D’Amboise, qu’il a rencontrée chez les Carabins, partage la même passion. Elle s’amuse à réécrire le livre des records québécois de la catégorie 40-44 ans. Leurs quatre enfants, âgés de 5 à 11 ans, sont aussi tous nageurs.

Brasseur émérite, Marc Vaillancourt a développé un intérêt pour le crawl et la nage en eau libre après s’être blessé à une cheville. Cette année, il avait un projet un peu fou : traverser le lac Saint-Jean et ses 32 kilomètres, quelques jours après la course officielle pour laquelle il n’est pas qualifié. Tout seul, donc, avec un accompagnateur en bateau pour le ravitailler.

Quand les piscines ont fermé pour deux semaines, le 13 mars, il s’est dit : c’est encore jouable. Il s’est mis à la course et au cardiovélo ainsi qu’aux élastiques et aux exercices à sec.

Bien vite, les élastiques l’ont laissé sur son appétit : pas assez de résistance au début de la traction, trop à la fin. Il s’est donc tourné vers des bancs de natation vendus en ligne aux États-Unis.

« J’avais utilisé ça à l’université. Ça partait à 1000 $ et ils ne pouvaient rien promettre pour les délais de livraison. J’ai donc pensé à m’en patenter un en bois. »

Avec deux vieilles palettes d’entraînement, quatre roulettes, deux poulies, une corde, quelques planches et un peu d’ingéniosité, il a réussi à fabriquer un banc très fonctionnel pour 70 $.

Sa vidéo publiée sur Facebook a fait réagir ses amis nageurs. « Garde les coudes hauts ! », l’a prévenu l’entraîneur Alex Sereno.

« J’en fais une vingtaine de minutes tous les deux jours, précise Marc. Cinq séries de 30 secondes, du crawl, du fly. Ça permet de reproduire le mouvement dans l’eau. Quand les piscines vont rouvrir, j’espère avoir minimisé les pertes musculaires. »

Pour le lac Saint-Jean, ça ira à l’an prochain.