Ça fait juste une semaine.

Tim Reynolds et Stephen Whyno
Associated Press

C’est tout. Seulement une semaine complète depuis que le centre Rudy Gobert, du Jazz de l’Utah, a subi un test positif à la COVID-19. Seulement une semaine complète depuis que la NBA est devenue la première ligue professionnelle en Amérique du Nord à suspendre ses opérations. Une semaine depuis que les sports, dans les faits, se sont arrêtés.

PHOTO GEORGE FREY, AF

Rudy Gobert.

La LNH a rapidement enchaîné le pas et placé sa ligue en mode pause. La Major League Soccer et le Baseball majeur ont posé des gestes semblables. Le golf a duré une journée de plus, puis on a décidé qu’il n’était plus possible de jouer et le sport automobile a été forcé de freiner brusquement ses activités. Les championnats universitaires de basketball aux États-Unis ont été annulés.

La situation, du moins en ce qui a trait aux sports professionnels, est différente pour la LNH et la NBA. Les deux ligues s’approchaient des séries éliminatoires. Elles sont en suspens maintenant, comme à peu près tout le reste dans le monde, et le seul adversaire des meilleures formations de la LNH et de la NBA sur la planète est un ennemi invisible qui se nomme COVID-19 – le coronavirus, une pandémie qui immobilise le monde entier.

Je me lave les mains tellement souvent ! Je ne suis pas très porté sur les lotions, mais mes mains sont en train de devenir sèches, j’ai l’impression que mes jointures saignent.

Bob Myers, directeur général des Warriors de Golden State.

« Nous avançons tous vers l’inconnu. … Nous n’avons jamais vécu ça. On ne s’attendait pas à vivre ça un jour », ajoute Myers.

PHOTO D’ARCHIVES FRANK GUNN, PRESSE CANADIENNE

Bob Myers (à droite), le directeur général des Golden State Warriors, en compagnie de l’entraîneur Steve Kerr.

Mais voilà, tout le monde entre dans une nouvelle réalité.

Sept tests positifs dans la NBA, un dans la LNH

Il y a sept joueurs de la NBA – dont quatre ont été identifiés – dont on sait qu’ils ont subi des tests positifs au virus. C’est aussi le cas d’un porte-couleurs des Sénateurs d’Ottawa.

La NBA, selon une personne au courant des projets, savait qu’elle devrait mettre un terme à ses activités dès que quelqu’un subirait un test positif, en espérant que la pause ne durerait que deux semaines. Oubliez ça. Désormais, même deux mois semble être un échéancier très optimiste.

« On ne le sait tout simplement pas », avait déclaré le commissaire Adam Silver la semaine dernière. Son opinion n’avait pas changé lors d’une entrevue au réseau ESPN, mercredi soir.

PHOTO D’ARCHIVES STACY REVERE, AFP

Le commissaire de la NBA Adam Silver.

Dans la LNH, le commissaire Gary Bettman et son personnel suivaient la situation à la minute près tout en élaborant divers plans d’urgence. Au premier test positif d’un joueur, a dit Bettman aux membres du Bureau des gouverneurs, tous les scénarios devenaient possibles. La NBA a émis des indications semblables.

Comme des dominos

Remonter jusqu’à la première infection est une mission impossible : comment savoir quand et comment Gobert –ou tout autre joueur– a contracté le coronavirus ? Le Jazz a rendu visite aux Knicks de New York le 4 mars. Les Capitals de Washington ont affronté les Rangers de New York – et fait usage du même vestiaire que le Jazz – le soir suivant.

PHOTO DUANE BURLESON, AP

Rudy Gobert (27) et Donovan Mitchell (à g.) ont tous les deux contracté le coronavirus.

Les Pistons de Detroit ont affronté les Knicks le 8 mars et, là encore, utilisé le même vestiaire. Environ une semaine plus tard, Christian Woods, des Pistons, recevait le résultat de son test : positif.

Le test positif de Gobert, annoncé juste avant le match du 11 mars, a créé une onde de choc dans le monde du sport. Des matchs de la LNH étaient en cours, mais Bettman et d’autres personnes sont passés à l’action.

C’était clair dans mon esprit que tout scénario où on continuait de jouer, avec ou sans spectateurs, rendait inconcevable, ou certainement improbable, qu’on se rende au bout de la saison régulière sans qu’au moins un joueur ait un diagnostic positif.

Le commissaire de la LNH Gary Bettman.

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Le commissaire de la LNH Gary Bettman.

Moments de frayeur pour la LNH

La LNH a eu des moments de frayeur. Le Lightning de Tampa Bay a suivi le Jazz de l’Utah dans la même enceinte sportive dans deux villes, incluant le même vestiaire à Boston. Les Hurricanes de la Caroline ont résidé au même l’hôtel de Detroit que le Jazz, et le commentateur John Forslund s’est placé en isolement après avoir appris que la personne qui était demeurée dans sa chambre avant lui avait reçu un diagnostic positif.

Il a fallu presque une semaine après la suspension des activités dans la LNH pour découvrir un premier test positif chez un joueur. Tard mardi, les Sénateurs ont annoncé qu’un joueur non identifié était atteint de la COVID-19 et que d’autres employés avaient reçu la directive de demeurer en isolement et de surveiller leur santé.

Selon les Sénateurs, le joueur en question souffrait de symptômes légers. Mercredi, l’équipe indiquait que d’autres joueurs étaient testés et faisaient l’objet d’une supervision médicale. La LNH n’impose pas de tests sauf si quelqu’un affiche des symptômes, a précisé le commissaire adjoint, Bill Daly.

Il y a une semaine, qui aurait cru que tout serait arrêté, partout dans le monde. Les dirigeants de la LNH et de la NBA disent qu’ils veulent continuer. Mais en réalité, personne ne peut prédire quoi que ce soit.