La planète sportive n’a pas (complètement) arrêté de tourner dans la tourmente de la COVID-19. Alexis Lepage et Amélie Kretz seront parmi la quelque centaine de triathloniens à prendre le départ de la Coupe du monde de Mooloolaba, en Australie, samedi (tard vendredi soir et dans la nuit au Québec).

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Lancement de la saison 2020 après le report de la Série mondiale d’Abu Dhabi, fin février, l’épreuve de Mooloolaba revêt une importance capitale pour les deux athlètes québécois, qui s’engagent théoriquement dans la dernière ligne droite du processus de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Pour Lepage, la situation est particulièrement délicate, lui qui se bat pour le deuxième poste qui devrait normalement échoir au Canada à la fin de la période qualificative, le 11 mai, selon le protocole établi à l’origine par l’Union internationale de triathlon (ITU).

Malgré l’incertitude des prochaines semaines, l’athlète de 25 ans gardait son calme à deux jours de la course sur la Sunshine Coast australienne.

« Tout peut changer dans les prochaines heures, minutes, secondes même, philosophait-il. Ça dépend aussi comment tu l’abordes. On est tous dans le même bateau. Si tu es positif face à une situation qui est relativement difficile, tu risques de bien t’en sortir. Alors que si tu es négatif et que tu commences à courir de tous bords, tous côtés, c’est là que tu te perds. Il faut donc prendre un temps de recul et attendre que la situation soit un peu claire pour être en mesure d’établir un plan. »

Au rythme où tombent les reports et déplacements, Lepage n’a plus beaucoup de temps pour se faire justice. Même si Triathlon Canada recommande à ses membres de retourner au pays « dès que possible » depuis mercredi soir, il n’a donc jamais été question pour lui de plier bagage aux antipodes.

La fédération canadienne a également indiqué que sa compagnie d’assurance « n’assurera plus les athlètes à l’étranger », ce qui oblige les athlètes à détenir leur propre couverture pour pouvoir se présenter sur la ligne de départ. Lepage avait déjà la sienne.

« Il faut quand même analyser un peu plus la situation, a-t-il avancé. Si je retourne au Québec maintenant, selon [le premier ministre] Legault, je dois être 14 jours en quarantaine. Ce n’est probablement pas la meilleure solution actuellement. Il y a encore plusieurs pièces du casse-tête à essayer de placer. […] L’objectif est de garder son sang-froid et d’être positif. »

Une minute après avoir raccroché, vendredi matin (jeudi soir au Québec), Lepage a rappelé pour indiquer que la Coupe du monde de Sarasota-Bradenton, en Floride, son prochain rendez-vous prévu le 22 mars, venait d’être reportée comme il l’anticipait. Celui qui occupe le 87e rang du classement de la qualification olympique jonglait donc avec l’idée de demeurer en Australie pour s’entraîner ou rejoindre le centre national de Victoria.

Pour Lepage, le plus important demeurait d’offrir une bonne prestation à Mooloolaba.

« Tout ça ne m’avantage pas pour être honnête, mais il y a encore moyen de se qualifier et de faire de bons résultats, a affirmé l’auteur d’un podium le printemps dernier en Chine. J’essaie de rester le plus positif possible et de performer au maximum dans les courses auxquelles je vais prendre part. Je pense que la bataille est vraiment entre Matt Sharpe et moi pour le deuxième spot [ital.]. Dans l’éventualité où je ne suis pas choisi, je vais quand même être normalement le substitut pour aller aux Jeux. Dans l’éventualité où il y a des Jeux… »

Amélie Kretz, 88e au classement, doit aussi composer avec l’incertitude dans sa tentative de qualification pour de deuxièmes JO. « En ce moment, je cours après des points pour assurer cette deuxième place pour le Canada et le relais aussi », a indiqué l’athlète de Blainville au site internet de l’ITU.

Plutôt que de se diriger vers Sarasota, elle rentrera probablement au Québec « pour s’entraîner dans le sous-sol », a indiqué vendredi son entraîneur Alex Sereno : « Je devrai être créatif. »

Pour le relais mixte, nouvelle épreuve olympique, le Canada espérait se qualifier à Chengdu (Chine), le 9 mai, mais l’événement a été déplacé le 1er mai à Valence, en Espagne, l’un des pays les plus touchés par le coronavirus.