« C’est comme si chaque seconde que j’ai mis dans mon bateau ne valait plus la peine. C’est très difficile », a déclaré aux médias la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe, incapable de contenir son émotion, mardi matin.  

Mayssa Ferah
La Presse

La semaine dernière, les efforts de toute une vie se sont effondrés pour l’athlète de haut niveau. Suspendue par la Fédération internationale de canoë (FIC) après avoir été testée positive au ligandrol, une substance interdite, elle clame son innocence et espère se réveiller de ce cauchemar, a-t-elle plaidé. Elle a exprimé son dégoût pour la tricherie, un acte sans honneur, selon elle.

Les échantillons A et B de la championne ont été testés positifs au ligandrol dans la dernière semaine. La FIC stipule qu’une suspension provisoire est obligatoire pour cette substance. « Il y a une explication. Nous arriverons à prouver que la substance a été consommée par inadvertance », a dit l’avocat de Vincent-Lapointe, Adam Klevinas. Le ligandrol n’est pas disponible légalement au Canada, a ajouté Me Klevinas.  

Laurence Vincent-Lapointe devra attendre son audience finale à l’automne pour savoir si sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo est compromise. Au bout du processus, l’Agence mondiale antidopage peut faire appel de la décision et amener le cas au Tribunal du sport si elle juge que son code n’a pas été respecté.

Après plusieurs violations liées à l’usage de suppléments, le Centre Canadien d’éthique dans le sport (CCES) a mis en garde les sportifs de haut niveau, a dit sa porte-parole Megan Cumming lundi à La Presse. C’est la responsabilité de l’athlète de s’assurer que tout ce qu’il consomme est exempt de substances illicites.

L’industrie des suppléments est peu règlementée. Il n’existe donc aucune façon pour les sportifs de haut niveau d’être à l’abri des substances illicites. C’est pourquoi l’AMA ne cautionne aucun produit et recommande aux athlètes une extrême prudence.