Lorsque vient le temps de parler de types d’embarcations, chacun a sa préférence. Tout dépend de sa personnalité et de ce qu’on recherche. On peut s’amuser à jouer avec les clichés et à tracer le portrait type de l’amateur de canot, de kayak ou de planche à pagaie. Mais au-delà des différences, il y a un important point commun : l’amour de l’eau.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Le canot

Le cliché : L’amateur de canot est une personne plus âgée, souvent un chasseur, qui aime s’enfoncer dans la nature pendant plusieurs jours. Il ne craint pas l’aspect technique du canot, un savoir qu’il a acquis auprès de ses parents et de ses grands-parents.

Au-delà du cliché : Il y a plusieurs années, avant l’explosion du kayak, le canot était extrêmement populaire chez les Québécois, rappelle Remy Laflamme, superviseur du rayon du plein air dans les boutiques Latulippe.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Canot au parc du Mont-Tremblant

« On retrouve ici beaucoup de circuits de rivières, de canot-camping », explique-t-il.

S’il a perdu beaucoup de popularité avec les années, le canot demeure apprécié en raison de sa grande capacité et de sa facilité de chargement. Les chasseurs et les pêcheurs se tournent souvent vers cette embarcation.

« Certains voudront avoir la possibilité d’installer un petit moteur dessus pour faire de plus grandes distances », note M. Laflamme.

Le canot se prête particulièrement bien aux sorties familiales, affirme pour sa part Pierre Carbonneau, responsable des activités de plein air à la station touristique Duchesnay, de la SEPAQ.

« Je connais des gens qui partent à plusieurs familles, qui font des sorties d’une dizaine de canots avec de jeunes enfants, avec les grands-parents. C’est des savoirs inculqués de génération en génération. »

D’autres s’initient au canot-camping en faisant de petits trajets sur des rivières plutôt sécuritaires comme la Jacques-Cartier, avant de passer à des sorties plus complexes.

Il ne faut pas oublier ceux qui se consacrent au canot d’eau vive et qui choisissent de petites embarcations sportives à la stabilité très précaire.

« C’est surtout une clientèle de 18 à 30 ans », affirme Pierre Carbonneau.

Le kayak

Le cliché : L’amateur de kayak de mer aime taquiner la baleine alors que l’amateur de kayak de plaisance affectionne la tranquillité et que l’amateur de kayak de rivière carbure aux émotions fortes. Mais tous aiment la performance de l’embarcation et le fait de se trouver au fil de l’eau.

Au-delà du cliché : C’est notamment la polyvalence du kayak et sa facilité d’utilisation qui ont nourri la popularité de cette embarcation au fil des années.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Kayak dans le fjord du Saguenay

« Il y en a pour tous les portefeuilles, dans toutes les catégories, note Remy Laflamme, de la boutique Latulippe. Cette embarcation n’est pas trop difficile à entreposer, elle se place bien sur une voiture et elle est plus simple à utiliser qu’un canot. Un peu tout le monde peut être à l’aise. »

Pierre Carbonneau, de la station touristique Duchesnay, indique que les employés des centres de location vont souvent conseiller le kayak plutôt que le canot aux touristes étrangers en raison de sa stabilité. Ou encore, aux gens qui arrivent, bien pressés, pour une petite heure de navigation et qui veulent un minimum d’instructions.

« Quelqu’un qui vient seul va aussi prendre un kayak parce que nous ne louons pas de canots simples », indique-t-il.

La pratique du kayak continue à évoluer : le kayak-camping commence à devenir populaire, tout comme le kayak de pêche.

« Ce sont des kayaks qui ont une grande ouverture, qui sont très stables, indique Remy Laflamme. Nous avons presque doublé notre volume de kayaks de pêche cette année et nous avons déjà presque tout vendu. »

La planche à pagaie

Le cliché : L’amateur de planche à pagaie est surtout une amatrice, jeune, qui veut simplement profiter du plaisir de naviguer sans notion de performance.

Au-delà du cliché : « On voit beaucoup plus de jeunes filles sur les planches à pagaie, je ne sais pas pourquoi, indique Rémi Chapados, responsable du service à la clientèle au parc des Îles-de-Bourcherville. Si on voit des gars, c’est qu’ils sont venus avec leur blonde. »

PHOTO FOURNIE PAR LE PARC DE LA RIVIÈRE-DES-MILLE-ÎLES

Planche à pagaie au parc de la Rivière-des-Mille-Îles

Remy Laflamme, de la boutique Latulippe, a constaté un phénomène semblable.

« Quand un couple vient voir les embarcations, la femme va davantage vers les planches à pagaie alors que l’homme regarde plus du côté des kayaks, notamment des kayaks de pêche. C’est peut-être une question de performance : souvent, on associe le kayak à quelque chose de rapide alors qu’on voit la planche à pagaie comme une façon de simplement profiter d’un plan d’eau. »

Ainsi, les activités de yoga sur planche à pagaie sont particulièrement prisées.

Remy Laflamme indique que bien des gens, hommes et femmes, achètent une planche à pagaie pour compléter les deux kayaks qu’ils gardent au chalet. Il ajoute que les planches à pagaie gonflables sont de plus en plus populaires.

« C’est facile à entreposer, à déplacer », souligne-t-il.

Pierre Carbonneau, de la station touristique Duchesnay, soutient que la planche à pagaie peut être une embarcation très performante si la personne est expérimentée et utilise une bonne technique.

« Si on ne va pas vite au début, c’est qu’on se concentre sur son équilibre. Après, c’est possible de faire de longues distances et d’être très performant. Mais c’est sûr que c’est plus difficile quand le vent se lève et qu’il y a plus de vagues. »