Un triathlon à Hambourg, en Allemagne, attend Tyler Mislawchuk le week-end prochain. Ensuite ? Le Manitobain s’imagine bien déboucher une bière et repenser un peu plus en détail à ce qu’il a accompli, hier après-midi, lors du Triathlon mondial Groupe Copley.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Le jeune homme de 24 ans est devenu le premier triathlète canadien à monter sur le podium d’une épreuve masculine des Séries mondiales en prenant le troisième rang derrière le Belge Jelle Geens et l’Espagnol Mario Mola.

« Lors des trois dernières semaines, je me suis entraîné avec trois amis à la maison. Ils m’ont fait croire que je pouvais gagner la course. Je n’y suis pas arrivé, mais je suis tellement heureux. Faire ça à la maison, c’est un rêve d’enfance qui se réalise », a indiqué Mislawchuk

Il était arrivé à Montréal en pleine confiance, après avoir remporté une épreuve de Coupe du monde à Huatulco, au Mexique, au début du mois de juin. Hier, il a été bien placé tout au long de l’épreuve disputée en format sprint, soit 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied.

Treizième après la natation, il est resté au contact des meilleurs au monde jusqu’au bout. Il a longtemps résisté au rythme de Mola lors de la course à pied, mais s’est avoué vaincu lors du sprint final remporté par Geens. Sous une pluie battante, il a terminé à quatre petites secondes du vainqueur avec un temps de 53 minutes et 53 secondes.

Mislawchuk était encore sous le choc une demi-heure après l’arrivée. Il a avoué que sa course était « encore un peu floue ». Il se souvient cependant des chants « Tyler, Tyler » entendus tout au long du parcours. Et puis il y a ce podium où les larmes ont coulé.

D’être à l’intérieur [du Grand Quai du Port de Montréal] et de voir autant de visages familiers – des amis ou des partenaires d’entraînement –, c’était simplement incroyable. Je ne peux pas vraiment l’expliquer, on ne prévoit pas d’être aussi émotif. C’est sorti comme ça.

Tyler Mislawchuk

Mislawchuk n’hésite d’ailleurs pas à classer ce podium comme plus grand moment de sa carrière devant son expérience olympique de Rio, où il avait abouti au 15e rang.

« Ce sont deux moments spéciaux, mais de manière différente. Cela signifie énormément et j’espère qu’il y aura d’autres moments de la sorte. Au cas où ça n’arriverait pas, je vais prendre le temps de l’apprécier. Trop d’athlètes ne le font pas. »

Alexis Lepage, seul Québécois ayant participé à l’épreuve, a pris le 36e rang. Sans explication sur sa journée relativement difficile, il ne cachait pas sa déception.

« Ma natation a été correcte. Je n’avais pas de très bons feelings dans l’eau, mais j’ai quand même réussi à sortir en 11e position. Malheureusement, en montant sur le vélo, mes jambes ne voulaient pas suivre. J’avais l’impression que je poussais vraiment trop fort pour la vitesse à laquelle j’avançais. Ça m’a fait perdre mon focus parce que j’étais trop loin. »

Les deux autres Canadiens, Matthew Sharpe et Michael Lori, ont respectivement pris le 37e et le 44e rang.

Joanna Brown, douzième

Deuxième l’an dernier, Katie Zaferes a remporté le volet féminin (58 minutes et 15 secondes) devant les Britanniques Georgia Taylor-Brown et Jessica Learmonth. Classée quatrième aux deux dernières éditions montréalaises, l’Ontarienne Joanna Brown n’a pu faire mieux qu’une douzième place. Il faut dire qu’elle n’affectionne pas forcément la distance sprint.

« Je préfère vraiment la distance olympique parce que ça me prend toujours un peu de temps avant de trouver mon rythme en course à pied. Surtout que le vélo était vraiment difficile [hier] avec la petite montée dans la rue McGill. »

C’était ma première course sprint de la saison. Ça a fait vraiment mal et c’est passé vraiment rapidement.

Joanna Brown

Brown a fini l’épreuve avec un temps d’une heure et cinq secondes. Plutôt satisfaite de sa natation, elle s’est ensuite retrouvée dans un groupe de poursuivantes qui ne collaborait pas beaucoup. La chaleur ne l’a ensuite pas aidée, a-t-elle avoué.

« J’étais bien lors du vélo, mais il faisait tellement chaud dès que j’ai commencé la portion course à pied. En plus, l’eau était chaude et on n’avait pas vraiment l’occasion de se rafraîchir.

« Je voulais vraiment avoir une autre quatrième place ou même me retrouver sur le podium. C’est ça, le sport. On ne peut pas avoir sa meilleure journée à chaque course. »

Charles Paquet l’emporte

Le Québécois Charles Paquet a remporté l’épreuve sprint du CAMTRI Triathlon, hier matin, en devançant l’Américain Tommy Zaferes de trois secondes. Il a terminé la course en 54 minutes. « C’est bien de courir à la maison devant la famille et je ne pouvais pas demander mieux en l’emportant », a-t-il indiqué. Il a participé à quatre triathlons cette saison. Trois d’entre eux ont été disputés au niveau CAMTRI, qui rassemble majoritairement des triathlètes nord-américains. Il compte une victoire et deux podiums. « Ça montre que le travail paye. J’ai eu une grosse blessure au dos l’hiver dernier et je suis satisfait de mes succès cette année. »

Cinq Canadiennes dans le top 10

Elles ne sont pas montées sur le podium, mais les Canadiennes ont réussi un joli tir groupé dans le top 10 du volet féminin de l’épreuve CAMTRI. Karol-Ann Roy a été la Canadienne la mieux classée avec un quatrième rang (1 h 1 min 56 s). Elle a terminé à 24 secondes de la gagnante, Hiraku Fukuoka, et à seulement 6 secondes du podium, complété par Kira Hedgeland et Brittany Warly. Colette Reimer (5e), Élisabeth Boutin (6e), Alexandrine Coursol (7e) et Kamille Larocque (9e) sont les autres Canadiennes de ce top 10.