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Du rififi chez les marathoniens

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Ronald King
La Presse

Le New York Times faisait état, dans son numéro de vendredi dernier, d'un malaise grandissant dans le monde des marathoniens. Par exemple, certains athlètes qui courent les 42 kilomètres en moins de quatre heures n'aiment pas être associés à ceux qui les font en six, sept ou même huit heures.

Une dame déclare au NYT: «Autrefois, être marathonien signifiait quelque chose. Aujourd'hui, des personnes font la moitié du parcours en marchant et ils se vantent d'avoir couru un marathon.»

Une autre dame: «Quand quelqu'un me dit qu'il a terminé en plus de six heures, je lui réponds qu'il a marché un marathon...» Une photo montrait un spectateur tenant une pancarte à l'intention des derniers coureurs: «What took you so long?» Pas gentil...

Il y a problème chez les organisateurs aussi. Ils doivent sécuriser une bonne partie de la ville et chaque heure demande des coûts pour les services de la police, des pompiers, pour les comptoirs d'eau et de bouffe, les employés... Et puis il y a une limite à quémander la patience des bénévoles. Au marathon de Munich, après six heures de course, les organisateurs ferment boutique et vous continuez à vos risques et périls dans la circulation.

Beau dilemme: la joie du sport sans ségrégation ou bien toute la place à l'élite? Doit-on faire disparaître les scènes où mononcle ou matante se traîne jusqu'à la ligne d'arrivée sur des jambes tremblantes devant les larmes douloureuses de sa fière famille? Après sept heures de course et marche?

Mon collègue et ancien directeur de la section des sports, Jean-Pascal Beaupré, a réussi son meilleur temps à vie, 3h17, le 11 octobre dernier au marathon de Chicago. Il a aussi participé au marathon de Boston, celui, justement, qui n'accepte pas tout le monde, seulement ceux qui se sont qualifiés.

«Je comprends les organisateurs. Un marathon bloque parfois la circulation de toute une ville. Et ça coûte cher. Quand on parle de huit heures pour courir un marathon, c'est beaucoup, en effet. En fait, c'est de la marche et pas très rapide. D'autre part, le marathon est le seul événement sportif où l'élite mondiale court aux côtés de monsieur et madame Tout-le-Monde. Je trouve ça très beau.

«Au Québec, l'intérêt pour la course à pied est en progression. Au dernier marathon de Montréal, il y a avait le double de participants (4000) de l'année précédente. Le but de tout ça n'est-il pas d'encourager les gens à quitter leur télé et se mettre à bouger? Qu'ils fassent cinq, dix kilomètres ou un demi-marathon, l'important, c'est qu'ils soient là, non? Même en vélo, quelqu'un qui se déplace sur 42 kilomètres en une journée a fait quelque chose de bien pour sa santé.

«Et puis, il y a de nombreux marathoniens qui ont commencé à s'entraîner sur le tard. Ça serait dommage de leur dire qu'ils ne peuvent pas participer à telle ou telle course...»

Et toi, Jean-Pascal, marches-tu pendant un marathon?

«À Chicago, quand j'ai atteint mon mur à 27 kilomètres, j'ai marché pendant une trentaine de secondes pour manger du gel - c'est la potion magique des marathoniens. C'était la bonne décision, j'ai dépassé des milliers de coureurs pendant le reste de la course. J'ai terminé au 2200e rang...»

À Chicago, on parle plutôt de 30 000 participants ou plus...

Procrastination

Qui aurait prédit qu'à la fin octobre, les gars des Carabins de l'Université de Montréal (football) auraient un genou par terre, alors que les filles (hockey), à leur toute première saison d'existence, auraient une fiche de 4-0?

«Procrastination», disait l'entraîneur (de football) Marc Santerre, hier. Après une belle victoire contre le Rouge et Or de Laval, les Carabins se sont inclinés devant le Vert et Or de Sherbrooke et, samedi, les Gaiters de Bishop's, deux équipes qui se battent pour une place dans les séries éliminatoires. «Les gars se disent qu'ils sont bons, meilleurs que l'autre équipe, qu'ils ont déjà fait les séries... Je me tue à leur dire que ça ne marche pas comme ça. Au début du troisième quart, (le quart-arrière) Marco Brouillette a été blessé à la tête sur un sac, un coup dur qui a été puni. Sa perte a beaucoup diminué nos chances de revenir dans le match. Mes joueurs se comportent comme des étudiants qui ont un examen à préparer et qui attendent à la dernière nuit pour étudier. Ce n'est pas une méthode efficace.»

Quant aux filles, elles affronteront vendredi les Martlets de McGill, championnes du Canada. Un sérieux test, quoi.

Il l'a dit

Le joueur de centre des Colts d'Indianapolis, Jeff Saturday: «Peyton Manning me met une main sur une fesse depuis 11 ans. Nous sommes très proches...»




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