Le Français Cyril Dessel a remporté la 16e étape du Tour de France qui a franchi mardi deux cols hors catégorie, la Lombarde et la Bonette, avant de rejoindre Jausiers.

Mis à jour le 22 juill. 2008

Le Luxembourgeois Frank Schleck (CSC) a gardé le maillot jaune de leader après cette deuxième journée alpestre que son équipe n'a pu mettre à profit.

Dessel a signé le premier succès pour son équipe AG2R, le deuxième pour le cyclisme français depuis le départ après celui de Samuel Dumoulin à Nantes, lors de la 3e étape.

À l'arrivée à Jausiers, au pied du col de la Bonette, l'ancien maillot jaune du Tour 2006 a réglé au sprint ses trois derniers compagnons d'échappée, dans l'ordre le Français Sandy Casar, l'Espagnol David Arroyo et l'Ukrainien Yaroslav Popovych.

Dans la plus petite ville-étape du Tour 2008, les autres rescapés de l'échappée lancée dès l'ascension de la Lombarde, ont franchi la ligne avec une vingtaine de secondes de retard (Hincapie, Portal, Valjavec, Schumacher).

Les favoris n'ont pu vraiment se départager, à l'exception de Christian Vande Velde qui a été débordé dans l'interminable (25,5 km) montée de la Bonette. L'Américain, qui occupait la cinquième place du classement général au départ de Cuneo (Italie), a cédé plus de deux minutes et demie.

Menchov perd 35 secondes

Autre victime, relative toutefois, du jour, le Russe Denis Menchov a été lâché dans la longue descente de la Bonette vers Jausiers, dans le grandiose décor des Alpes du Sud. Sur la ligne, le Russe a lâché 35 secondes à ses rivaux directs et a rétrogradé d'un rang, à la cinquième place (à 1 min 13 sec du leader).

Dans cette étape très ensoleillée de 157 kilomètres, l'Allemand Stefan Schumacher a distancé sur les sévères rampes de la Lombarde, un col-frontière inédit dans le Tour, ses compagnons d'une échappée partie dans la plaine.

Le vainqueur du contre-la-montre de Cholet, auteur d'un long raid solitaire, n'a été rejoint qu'à 5 kilomètres du sommet de la Bonette, la plus haute route goudronnée d'Europe.

Tout en haut de ce site perché à 2802 mètres d'altitude, qui contourne la cime proprement dite dans un paysage vertigineux, le Sud-Africain John-Lee Augustyn est passé en tête après s'être dégagé dans les 600 derniers mètres sur la partie la plus pentue.

Augustyn, repris dans la descente par ses premiers poursuivants, a basculé dans le vide en ratant un virage. Le Sud-Africain, néophyte du Tour, s'est retrouvé plusieurs mètres en contre-bas, dans les éboulis, avant de remonter péniblement sur la route.

L'équipe CSC a mené comme prévu dans la montée de la Bonette, sous la conduite d'Andy Schleck, le frère cadet du maillot jaune. Mais l'opération s'est avérée sans résultat productif par rapport à l'Australien Cadel Evans.

Rendez-vous à l'Alpe-d'Huez

«On avait l'intention de sortir dans le haut du col mais il y avait beaucoup de vent de face dans les quatre derniers kilomètres. On aurait gâché des forces», a expliqué Frank Schleck qui a fait jeu égal, au final, avec Sastre, Evans et le grimpeur autrichien Bernhard Kohl, en tête du GP de la Montagne.

Dessel (33 ans) avait porté en 2006 le maillot jaune pendant une journée avant de prendre la sixième place du classement final.

Le coureur, natif des environs de Saint-Etienne (centre), a vu sa saison 2007 gâchée par les suites d'une toxoplasmose. Il est revenu à son niveau, cette année, en gagnant une étape du Tour de Catalogne puis une étape du Dauphiné, avant de démarrer le Tour en retrait à cause d'un problème à la selle.

Mercredi, le Tour s'attaque à une trilogie d'ascensions hors catégorie (Galibier, Croix-de-Fer, Alpe-d'Huez) entre Embrun et l'Alpe-d'Huez sur un parcours de 210,5 kilomètres.

La longue montée du Galibier (20,9 km à 5,6 %) par le col du Lautaret dans un décor grandiose mène à l'altitude de 2645 mètres, où la route bascule vers la Maurienne par le replat du Télégraphe.

Le Tour grimpe ensuite l'interminable Croix-de-Fer, une montée de 29 kilomètres (à 5,2 %) jusqu'au sommet (2067 m) distant de 54,5 kilomètres de l'arrivée. Reste à descendre vers Allemont et à traverser la vallée de la Romanche avant de rejoindre Bourg d'Oisans, au pied de la montée finale.

Les 21 virages répartis sur les 13,8 kilomètres (à 7,9 %) pour rejoindre la ligne installée à l'altitude de 1850 mètres sont entrés dans l'histoire du Tour depuis la première arrivée dans la station de l'Oisans en 1952.

Départ d'Embrun à 11h40, arrivée à l'Alpe-d'Huez vers 17h31 (prévision à 36 km/h de moyenne).