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La foi n'empêche pas de craindre la mort

Le photographe allemand Walter Schels et la journaliste...

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Le photographe allemand Walter Schels et la journaliste Beate Lakotta ont, pendant un an, visité des centres pour personnes âgées. Ils y ont photographié des hommes et des femmes avant leur mort et après. La somme de leur travail saisissant a fait l'objet de l'exposition itinérante Noch mal leben (La vie avant la mort).

Les gens modérément religieux craignent davantage la mort que les athées ou les croyants convaincus. C'est du moins la conclusion d'une étude de psychiatres de l'Université Harvard.

Parmi un échantillonnage de 345 patients bostonnais en fin de vie, un peu plus d'une personne sur 13 acceptait d'être branchée sur un ventilateur durant la dernière semaine de sa vie, et une personne sur 22 acceptait qu'on tente de la ramener à la vie si des techniques médicales le permettaient.

 

Mais fait surprenant, les patients qui considéraient que la spiritualité les aide à affronter la maladie étaient trois fois plus susceptibles d'accepter le ventilateur ou la ressuscitation dans la dernière semaine de leur vie, ou encore de mourir dans une salle de soins intensifs.

« La foi rend ces traitements héroïques, et permet de supporter la douleur pour étirer la vie le plus possible «, explique Holly Prigerson, l'auteure principale de l'étude publiée en mars dans le Journal de l'association médicale américaine. « L'idée de mourir sans avoir toujours vécu comme un bon croyant est la principale raison qui pousse les gens à retarder le moment de la mort. «

Les «modérés» font la différence

Cette conclusion est tirée d'une classification des patients en cinq groupes, en fonction de leur religiosité. Le groupe le moins religieux et celui qui l'était le plus avaient un recours identique aux traitements agressifs comme le ventilateur ou la ressuscitation. Ce sont les trois groupes de « tièdes « qui faisaient bondir l'utilisation de ce type de traitements.

« Je m'intéresse aux facteurs qui influencent les choix médicaux en fin de vie, explique le Dr Prigerson. J'ai longtemps travaillé sur les maladies psychiatriques qui empêchent de prendre des bonnes décisions. On a par exemple montré que certaines personnes qui ont recours à l'euthanasie, là où elle est permise, souffrent d'une dépression qui devrait être traitée avant de passer à l'acte. L'utilisation de traitements très agressifs, qui sont très douloureux et ne prolongent pas beaucoup la vie, devrait aussi être encadrée pour éviter que les patients les choisissent pour de mauvaises raisons. La bonne nouvelle, dans notre étude, c'est que si les patients modérément religieux ont accès à un pasteur qui les rassure quant au sort qui les attend après la mort, ils vont mieux accepter l'inévitable et avoir une utilisation des traitements agressifs en fin de vie similaire au reste de la population. «

Les catholiques québécois sont bien placés sur ce point. Même s'ils sont plus susceptibles de croire à la vie après la mort que la moyenne canadienne (76% contre 68%) et croient moins à l'enfer (41% contre 47%). Pour eux, la manière dont ils ont vécu se traduira en récompenses et en punitions dans l'au-delà (12% contre 18%).

Au départ, l'étude de Harvard, suivait 664 patients en phase terminale, mais seulement 385 sont morts dans la période de quatre mois que devait durer l'étude (40 patients décédés ont été exclus de l'étude parce que les données sur les soins en fin de vie n'avaient pas été enregistrés). Parmi les 279 patients qui ont survécu plus de quatre mois, la proportion de croyants était semblable, si on tenait compte de la race et du revenu, ce qui signifie que la foi n'aidait pas à la guérison. Les patients étaient dans la cinquantaine et la jeune soixantaine.

 




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