On parle beaucoup, souvent, tout le temps de santé ces jours-ci. Moins de santé sexuelle, cela dit. Or, les enjeux n’ont pas disparu. Loin de là. De nouveaux ont peut-être surgi. Que vous soyez en couple, seul, jeune ou moins jeune, voici quatre ressources virtuelles à connaître. Pour votre bien-être.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Sexologues en ligne

Si certains sexologues étaient plus ou moins réticents à l’idée de rencontrer leurs clients virtuellement, de plus en plus s’y sont mis avec la pandémie. L’Ordre professionnel des sexologues du Québec recommande d’ailleurs « fortement » que les rendez-vous soient désormais virtuels. Manon Leclerc fait partie des premiers qui ont fait le saut au Québec, bien avant le confinement. Cela fait maintenant 10 ans qu’elle offre ses services en ligne à titre de sexologue et de psychothérapeute. D’abord par Skype, aujourd’hui sur toutes les plateformes existantes. La formule permet à ses clients de « s’ancrer », dit-elle. Chez soi, « c’est plus facile de se mettre dans un état de réceptivité ». Sans parler de l’économie de temps et d’organisation.

PHOTO FOURNIE PAR MANON LECLERC

Manon Leclerc, sexologue 

Étrangement, si la sexologue a eu quelques nouveaux clients depuis le début du confinement, les motifs évoqués n’ont rien à voir avec la pandémie. « À ma surprise ! dit-elle. Je m’informe : comment vivez-vous ça ? Il peut y avoir un certain stress, mais ce n’est pas le motif de l’appel. » Les soucis sont les mêmes qu’avant la pandémie : infidélité, manque de communication au sein du couple, fréquence des relations, etc. Un constat que partagent les autres sexologues ici consultés.

>> Consultez le répertoire de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, avec « télépratique » comme critère de recherche

Regroupement de sexologues en ligne

Parlant de services en ligne, un regroupement d’une dizaine de sexologues, tous membres de l’Ordre, lance cette semaine une plateforme de service d’aide et de psychothérapie en ligne : Sexualis. L’objectif avoué, pensé bien avant la pandémie, est de rejoindre les régions, souvent plus pauvres en matière de services sexologiques. « Mais on pense qu’il y a aussi des besoins même en confinement. Les difficultés sexuelles ne cessent pas en confinement », explique Eugénie Larrivée, sexologue clinicienne, psychothérapeute et fondatrice de Sexualis. Elle constate auprès de sa clientèle certaines problématiques évidentes : « Les gens trouvent difficile le confinement, les célibataires sont privés de rencontrer, cela crée une certaine détresse », dit-elle. Sans parler des problèmes « exacerbés » par la pandémie. Mais de là à dire que de nouveaux enjeux surgiront en confinement... « J’aurais tendance à ne pas vouloir me risquer, répond-elle. Est-ce qu’il va y avoir un éclat des relations, davantage de sexe virtuel ? Peut-être. Mais je ne suis pas chercheuse… »

PHOTO FOURNIE PAR SEXUALIS

Eugénie Larrivée, sexologue clinicienne, psychothérapeute et fondatrice de Sexualis

>> Consultez la plateforme Sexualis (offerte dès le 30 avril)

Sexualité sans tabou

En matière de ressources en ligne, les jeunes ne sont pas en reste, au contraire. Chez Tel-Jeunes, toute une section du site est consacrée à la sexualité. En tout temps, ces questions sont d’ailleurs parmi les plus populaires (après celles ayant trait à la santé psychologique : stress, anxiété ou déprime). Rien de nouveau depuis la pandémie. Ce qui a changé, par contre, ce sont les questions posées. Après la contraception (toujours l’une des plus grandes préoccupations des jeunes), ce sont désormais les questions entourant l’orientation sexuelle (17 % des questions posées depuis le 13 mars, contre 10 % pré-pandémie) qui accaparent les jeunes, ainsi que les « pensées sexuelles » (masturbation, fantasmes, etc.), également en hausse, de 10 % en temps « normal » à 15 % ces jours-ci. On devine qu’isolés, les jeunes ont plus de temps sur les bras. « Peut-être que ce moment amène les jeunes à se questionner », avance aussi Myriam Day Asselin, sexologue et coordonnatrice chez Tel-Jeunes. Autre nouveauté : les amours à distance, d’ordinaire peu, voire jamais abordées, le sont de plus en plus.

>> Consultez le site de Tel-Jeunes

Divertissement et ressources en ligne

La revue sexologique Les 3 sex* a eu l’heureuse idée de mettre en ligne un petit répertoire culturel de suggestions littéraires, séries télé, balados ou films « à saveur sexologique », question de vous divertir un brin entre votre marche et votre sortie hebdomadaire à l’épicerie. Avec liens de visionnement ou d’achat en ligne inclus, bien évidemment. Les sélections seront renouvelées au fil des semaines. « Tout a été visionné et approuvé par un membre », signale Mariane Gilbert, vice-présidente de l’organisme de bienfaisance. À noter : en ces temps anxiogènes et stressants, Les 3 sex* en ont également profité pour proposer un répertoire de ressources communautaires toujours disponibles, classées par régions (ressources nationales, Montréal, Estrie Québec et autres). Ces ressources (SOS Violence conjugale, Cactus Montréal, Jeunesse Lambda, etc.) ont toutes adapté ou maintenu leurs services. Bon à savoir.

>> Consultez le répertoire culturel
>> Consultez le répertoire des ressources