En « récession » sexuelle, les milléniaux ? Dix jeunes de moins de 30 ans répondent. Et expliquent. Question ouverte, réponses nuancées.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Sarah Mongeau-Birkett Sarah Mongeau-Birkett
La Presse

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Maude Terreault Lavoie, 23 ans
« Non, pas de mon point de vue, répond la jeune femme, en couple.
Personnellement, je ne me suis jamais servie des réseaux de rencontre, ou quoi que ce soit. »

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Louise Thomas, 24 ans
« Personnellement, je dirais que ça dépend vraiment du milieu social, répond la jeune Française, qui parle ici de la situation en France. Il y a des milieux sociaux qui considèrent ça moins librement, on est moins libre de son corps, de vivre ce qu’on veut.
Et ça dépend aussi du genre : je dirais que pour les filles, c’est beaucoup plus diabolisé. Les filles sont moins facilement libres. »

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Julian Jimenez, 20 ans
« Je vais vous parler de mon pays : le Costa Rica. Là-bas, le sexe n’est plus un tabou comme avant,
et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. […] Ça rend les choses beaucoup plus simples. […]
Peut-être que c’est moins romantique, avant il fallait sortir, avoir des rendez-vous, maintenant on se rencontre
directement de notre chambre. Et pour moi, je dirais que c’est très bien comme ça : c’est beaucoup plus simple ! »

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Pauline Ricot, 23 ans
« Je suis hyper partagée. Mais j’ai l’impression qu’on est exposé de plus en plus à des images hyper sexualisées sur les réseaux sociaux, dit-elle. J’ai l’impression qu’on est dans une période où l’on nous pousse à montrer notre corps et notre sexualité de façon libérée. C’est l’image que j’ai. Maintenant, est-ce que c’est juste une image ? Je ne sais pas. »

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Gabriel Lauzon, 20 ans
« Non, je n’irais pas avec le mot “récession”. Mais nos vies ne sont pas nécessairement comme elles étaient :
on a les réseaux sociaux, Instagram, Tinder. Ça n’existait pas avant. Ça semble plus impersonnel.
En même temps, dans mon entourage, on a tous fait ça jeunes, avec plusieurs partenaires.
Qu’est-ce qui est plus impersonnel : aller dans un bar quelconque ? Je ne pense pas que l’un soit meilleur que l’autre. »

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Philippe Brassard, 18 ans
« C’est dur de juger. Peut-être que c’est vrai que les hippies, avant, étaient plus à l’aise avec leur sexualité.
Mais si on fait une moyenne, je ne suis pas sûr du tout qu’on soit dans une récession », dit le jeune homme, en couple.

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Alie Lavoie, 18 ans
« Personnellement, je ne suis pas d’accord. Je ne dirais pas qu’on a moins de sexe. Mais si on en a, c’est plus conscientisé.
À l’école, on a appris qu’il fallait que ce soit sécuritaire, peu importe si c’est entre deux hommes, deux femmes,
un homme et une femme. J’ai l’impression qu’on parle beaucoup de protection, il n’y a plus de tabou autour des maladies. »

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Joey Champagne, 28 ans
« Peut-être, oui, pour certains d’entre nous. Peut-être que c’est parce qu’on est plus au courant des risques,
des ITS, peut-être qu’on veut quelque chose de plus meaningful, c’est quand même important,
on ne veut pas perdre notre virginité avec n’importe qui. Parce que les one-night, ça devient un peu déprimant. »

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Marianne Henuset, 21 ans, et Shana Lefebvre, 18 ans
« Pas du tout, je pense même qu’on est plus actifs ! […] Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, des groupes se forment,
on est plus informés ! » Même son de cloche de sa copine. « L’ouverture d’esprit est aussi beaucoup plus grande aujourd’hui. […]
Avant, ce n’était pas aussi facile de rencontrer quelqu’un. » Et où se sont-elles rencontrées, au juste ? Tinder, mesdames et messieurs !