Jouer dehors est l’un des rares plaisirs permis — et recommandés — pendant la pandémie. Pour en profiter sans geler, rien ne vaut les chauffe-mains. Même si on les déballe en grimaçant, puisqu’il faudra les jeter quelques heures plus tard… Une entreprise de Sherbrooke, Hot Poc, en propose une version réutilisable. Est-ce mieux ? Réponse en cinq points.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

1. Quel est le secret ?

Les Hot Poc sont formés d’une pochette de PVC remplie d’eau, d’acétate de sodium et d’un disque de métal. Quand on plie le disque de métal, cela en libère de minuscules morceaux, qui provoquent la cristallisation de l’eau salée. Résultat : la pochette se réchauffe (jusqu’à 50 °C à 57 °C) pendant 15 à 60 minutes, selon la taille du Hot Poc. Après utilisation, il suffit de faire bouillir la pochette dans l’eau pendant quelques minutes pour liquéfier les cristaux, avant de la réutiliser. Conçus en Estrie, ces chauffe-mains sont fabriqués en Asie.

Transformation des Hot Poc

  • Offerts en trois tailles, les Hot Poc sont formés d’une pochette de PVC remplie d’eau, d’acétate de sodium et d’un disque de métal.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Offerts en trois tailles, les Hot Poc sont formés d’une pochette de PVC remplie d’eau, d’acétate de sodium et d’un disque de métal.

  • Lorsque le disque de métal des Hot Poc est plié, il se produit une réaction exothermique, ce qui dégage de l’énergie, donc de la chaleur.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Lorsque le disque de métal des Hot Poc est plié, il se produit une réaction exothermique, ce qui dégage de l’énergie, donc de la chaleur.

  • Le liquide salé des Hot Poc est cristallisé en quelques secondes.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Le liquide salé des Hot Poc est cristallisé en quelques secondes.

  • Après usage, il faut plonger les Hot Poc dans l’eau bouillante pendant quelques minutes.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Après usage, il faut plonger les Hot Poc dans l’eau bouillante pendant quelques minutes.

  • Cela permet d’inverser le processus, en liquéfiant les cristaux, qui absorbent la chaleur de l’eau.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Cela permet d’inverser le processus, en liquéfiant les cristaux, qui absorbent la chaleur de l’eau.

  • Les Hot Poc sont ensuite prêts à être réutilisés, jusqu’à une centaine de fois, selon l’entreprise québécoise.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

    Les Hot Poc sont ensuite prêts à être réutilisés, jusqu’à une centaine de fois, selon l’entreprise québécoise.

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2. Ça marche ?

La Presse a d’abord testé les Hot Poc lors d’une journée de ski alpin, sans attendre d’avoir les doigts gelés. Mal lui en prit, car les pochettes sont vite devenues froides, rigides et encombrantes. Imaginez skier avec des figurines de Schtroumpfs en plastique dans les mitaines…

Le deuxième essai a été une réussite. Lors d’une randonnée en montagne, les Hot Poc ont été placés dans un sac à dos et enclenchés seulement après une pause au sommet. Ils ont réchauffé adéquatement les mains frigorifiées, avant d’être rangés dans une poche de manteau. Les Hot Poc doivent pouvoir être utilisés 100 fois, avant de faillir à la tâche.

3. Qui a eu cette idée ?

PHOTO ANDRÉ VUILLEMIN, ARCHIVES LA TRIBUNE

Sabrina Hémond

Sabrina Hémond est la fondatrice de Hot Poc. En voyage de ski dans l’Ouest canadien l’hiver dernier, la Sherbrookoise enrageait de voir son cellulaire se décharger à cause du froid. « J’ai commencé à concevoir un petit sac de couchage pour garder mon cell en vie plus longtemps », explique-t-elle.

Un ami lui a conseillé de prévoir une pochette pour y glisser un Hot Shot. « Mais j’haïs les Hot Shot, parce que c’est à usage unique et que c’est nocif pour l’environnement », précise Sabrina Hémond. Elle a alors pensé au sac avec une solution d’eau salée qu’un ami utilisait pour détendre les muscles de son cou. « Je me suis dit qu’on pouvait le rapetisser et s’en servir pour garder notre cellulaire au chaud », explique-t-elle. Ainsi sont nés les Hot Poc, utiles pour réchauffer un téléphone ou… un humain. Il est à noter que d’autres entreprises, dont Toasterz, proposent des chauffe-mains semblables.

4. De quoi sont faits les chauffe-mains jetables ?

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Vaut-il mieux utiliser des chauffe-mains jetables ou réutilisables ? Tout dépend de l’utilisation qu’on en fait… et du souci qu’on se fait pour la planète.

Prenons un exemple : les chauffe-mains jetables Little Hotties sont composés de poudre de fer, d’eau, de sel, de charbon activé et de vermiculite. Il suffit de retirer le sachet de l’emballage de plastique et de l’agiter pendant quelques secondes pour qu’il se réchauffe, atteignant jusqu’à 74 °C pendant huit heures. Faits en Chine, les Little Hotties sont « respectueux de l’environnement », selon l’entreprise, qui ne donne pas de détails à ce sujet. Il faut les jeter (ainsi que leur emballage) après une seule utilisation.

5. Lequel est le mieux ?

« Un produit jetable aura plus d’empreinte carbone qu’un produit réutilisable, dans la plupart des cas », observe Rosa Galvez, sénatrice et professeure à la faculté des sciences et de génie de l’Université Laval. D’autant plus que « le fer et le charbon actif ne sont pas des produits complètement inoffensifs », ajoute-t-elle. Si on n’en dispose pas adéquatement, « ils peuvent causer des dangers pour la flore et la faune », précise la spécialiste des problèmes de santé liés à la pollution.

Quant aux Hot Poc, « le côté positif, c’est la possibilité de réutilisation, ce qui allonge la vie du produit dans la société, fait valoir Rosa Galvez. C’est en accord avec une économie circulaire, qui est plus optimale en termes d’empreinte carbone et d’énergie. Le problème pourrait être le PVC, s’il n’est pas recyclé. Globalement, cette option me paraît meilleure pour l’environnement, si l’on recycle le PVC. » Hot Poc s’engage à compenser son empreinte carbone et à remettre 1 % de ses revenus annuels à l’organisme 1 % pour la planète.

>Pour consulter le site des Hot Poc