L’apnée sportive est une pratique aquatique encore incomprise, un brin extrême, mais qui gagne en popularité, partout où on trouve de l’eau. La nouvelle série Marie-Eve sans limites, offerte dans la section Zone active des Sports de Radio-Canada ainsi que sur ICI Tou.tv, la démystifie pour nous.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

« Quand je dis aux gens que je fais de l’apnée, ils me répondent presque toujours : “de l’apnée du sommeil ?!” », dit la journaliste Marie-Eve Potvin. D’autres confondent apnée et snorkeling. Et si les apnéistes ont le malheur de parler de plongée, on les imagine évidemment avec des bouteilles d’air comprimé dans le dos.

Or, s’il y a bien une chose que le nom de ce sport énonce clairement, c’est qu’il se pratique en arrêt de respiration, avec un seul souffle pour exécuter un temps (apnée statique), une distance (apnée dynamique) ou une profondeur. Dans les hautes sphères, les performances sont impressionnantes. Chez les femmes, la statique atteint 9 minutes, la dynamique avec palmes, plus de 200 mètres et la profondeur en poids constant dépasse les 100 mètres.

Marie-Eve sans limites s’intéresse à cette mystérieuse et impressionnante pratique qu’est l’apnée sportive, sur trois épisodes d’environ dix minutes bien serrés. Elle fera de même avec plusieurs autres sports dans les mois à venir. Au programme — qui pourrait changer, circonstances obligent —, il y a l’escalade de vitesse, le plongeon de haut vol et la boxe. Chaque fois, la journaliste s’entraînera comme une athlète de haut niveau et tentera de participer à une compétition.

  • Marie-Eve se prépare à mettre son visage dans l’eau le plus longtemps possible en apnée statique.

    IMAGE TIRÉE DE LA SÉRIE WEB MARIE-EVE SANS LIMITES

    Marie-Eve se prépare à mettre son visage dans l’eau le plus longtemps possible en apnée statique.

  • Un des exercices d’entraînement de l’apnée sportive consiste à « courir » au fond de la piscine avec des poids.

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    Un des exercices d’entraînement de l’apnée sportive consiste à « courir » au fond de la piscine avec des poids.

  • Avant d’entamer une descente en profondeur le long de la ligne, l’apnéiste fait un « breath up » de quelques minutes pour se détendre et visualiser.

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    Avant d’entamer une descente en profondeur le long de la ligne, l’apnéiste fait un « breath up » de quelques minutes pour se détendre et visualiser.

  • Marie-Eve commence sa descente pendant la compétition à Thetford Mines où elle s’est donné le défi d’atteindre la marque de 20 mètres.

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    Marie-Eve commence sa descente pendant la compétition à Thetford Mines où elle s’est donné le défi d’atteindre la marque de 20 mètres.

  • À la carrière de Kahnawake, après plusieurs semaines d’essais, Marie-Eve réussit la descente de 16 mètres nécessaire à l’obtention de sa certification AIDA 2. On la voit ici en compagnie de son entraîneur, François Leduc, de l’école Apneacity.

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    À la carrière de Kahnawake, après plusieurs semaines d’essais, Marie-Eve réussit la descente de 16 mètres nécessaire à l’obtention de sa certification AIDA 2. On la voit ici en compagnie de son entraîneur, François Leduc, de l’école Apneacity.

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L’envie de montrer les coulisses du sport d’élite en les faisant vivre à une personne nouvelle à la discipline est née dans la tête de Pierre Mainville, qui réalise, filme et monte le projet. Des séries documentaires semblables se sont déjà faites, notamment en France, avec l’émission 100 jours. Marc Mouret, ingénieur en informatique devenu aventurier, y prend 100 jours pour préparer son corps à des défis physiques extrêmes.

Marie-Eve Potvin, elle, a un passé sportif. La très active trentenaire a joué à la ringuette dès l’âge de 5 ans, s’est rendue aux Jeux du Canada en 2007, puis a fait partie de la Ligue nationale de ringuette. Patinage, natation, dek hockey, boxe et surf sont quelques-uns des autres sports qui sont familiers à la journaliste responsable de créer du contenu sport pour les réseaux sociaux de Radio-Canada.

Le choc de l’apnée

Cela dit, rien ne pouvait vraiment la préparer au choc que peuvent produire les premières séances d’apnée. Garder son visage dans l’eau pendant au moins deux minutes, nager un minimum de 40 mètres sans respirer et atteindre une profondeur de 16 mètres pour obtenir une première certification ? Marie-Eve a rapidement compris à quel point l’apnée est une discipline qui met ses capacités mentales au défi.

Quand j’étais plus jeune, le résultat était tellement important pour moi. Mais en apnée, il ne faut surtout pas y penser. Il faut être humble, faire un scan de son état physique et mental, relaxer, lâcher prise. Sinon, tu ne vas nulle part. C’était nouveau pour moi, tout ça. Disons qu’on ne faisait pas de méditation avant une partie de ringuette !

Marie-Eve Potvin

Il est en effet difficile de « tricher » ou de se mentir en apnée. Le moindre stress créera des blocages et vous fera sortir de l’eau. « Il faut vraiment creuser en profondeur et questionner son état. Est-ce que mes blocages sont physiques, psychologiques ? Mon prof d’apnée me répétait tout le temps d’arrêter de pousser. Quand j’essayais d’atteindre mes 16 mètres de profondeur, je ne pensais qu’à la balle de tennis qui marque l’arrivée. J’étais incapable de me laisser aller et de laisser la balle venir à moi, comme le suggérait mon coach. »

En quelques mois d’apnée sportive, Marie-Eve a surmonté plusieurs peurs. « Je n’aimais pas beaucoup le snorkeling. J’avais toujours peur de ce qui pouvait surgir. Mais j’ai appris à me détendre dans l’eau. Puis les profondeurs me terrifiaient aussi. Au Québec, ce n’est pas comme dans les Caraïbes. Les fonds sont sombres et la visibilité n’est pas toujours bonne. Mais j’ai appris à apprécier les carrières, à descendre leurs falaises et à trouver ça beau et relaxant. »

La journaliste a aussi découvert une communauté accueillante. « Souvent, quand t’es nouvelle dans un sport, les gens te snobent. Mais là, j’arrivais à la bouée pour m’entraîner en profondeur et j’étais bien accueillie. Même si j’étais coincée à 12 mètres et que mes buddys annonçaient des profondeurs de 25-30 mètres, personne ne me jugeait. Les gens sont très encourageants. »

Marie-Eve réussit-elle le défi qu’elle se lance d’atteindre les 20 mètres lors d’une compétition de profondeur à la carrière de Thetford Mines, à la fin du mois de septembre ? Il faudra regarder la série pour le savoir !

> Regardez Marie-Eve sans limites