Sur le divan avec la psychologue et conférencière Rose-Marie Charest, qui nous donne quelques pistes pour ne pas nous laisser envahir par l’anxiété ou l’incertitude en cours

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Restez dans le moment présent

Il faut, chaque jour, traiter l’information. Se préparer dans une certaine mesure, oui, mais ne pas anticiper et se mettre à imaginer des scénarios catastrophes. Il faut mettre les choses en perspective, se rappeler qu’on est bien équipé pour faire face à la crise, à tous les égards.

« Rappelez-vous qu’en général, nous avons un bon système immunitaire et que le Québec a un très bon système de santé. » Aussi, comme l’a confirmé le gouvernement, les pénuries ne nous menacent pas. « Peut-être n’aura-t-on plus notre sorte de yogourt préférée ou notre sorte de lait, mais on en aura quand même. »

Mme Charest ajoute qu’« il ne faut surtout pas interpréter les décisions prises par les gouvernements et les précautions qui sont prises comme le signe qu’on a tous une forte probabilité d’attraper la COVID-19 ». On est en mode précaution, pas au bord du gouffre.

Tenez-vous occupés, maintenez une routine

Les gens ont besoin de se sentir efficaces. « Pouvoir cocher des choses, se libérer d’une charge mentale, c’est un très bon antidépresseur psychologique. »

Cela fait longtemps que vous voulez faire le ménage du garage, de votre boîte de messagerie, de vos garde-robes ? C’est le temps ! Chacun aura aussi plus de temps pour faire de l’exercice.

Sortez dehors si vous vous sentez en forme. Marchez.

Essayez de maintenir une routine, particulièrement si vous avez des enfants. « La routine est source de sécurité pour tous. »

Accepter cette petite anxiété qui nous prend

« C’est normal de ressentir une petite anxiété. Ce qu’il faut éviter, c’est de se laisser envahir par elle. »

Il faut se rappeler, dit Mme Charest, que le risque zéro n’existe pas dans la vie. On a toujours été à risque d’attraper une méchante grippe ou autre chose.

Observez-vous. Si vous vous sentez irritable, si vous créez beaucoup de conflits autour de vous, constatez que cela vient peut-être de votre anxiété. Attelez-vous à des tâches simples, regardez des comédies.

Souplesse, souplesse, souplesse

On sera plus que jamais à la maison. Avec son conjoint, ses enfants turbulents, ses ados. On sera collés, collés, plus que jamais. « Il va falloir à tous beaucoup de souplesse. »

Avec les enfants, vous pouvez être un peu moins rigide. Ils peuvent se coucher un peu plus tard. Les heures de repas peuvent varier plus qu’à l’habitude. Les jeunes peuvent jouer un peu plus longtemps sur les tablettes. « Mais encore une fois, il faut maintenir une routine, ne pas leur laisser la tablette à volonté ou se coucher à n’importe quelle heure. »

Maintenir des contacts étroits… et préserver son espace vital

Voilà que les personnes âgées sont plus isolées que jamais. Les patients dans les hôpitaux aussi. Pour eux comme pour tout le monde, il faut maximiser les contacts téléphoniques. « Pas seulement pour des raisons de sécurité ou pour s’assurer que tout le monde va bien, mais par plaisir, aussi. »

En même temps, chacun aura aussi besoin de son espace vital, d’avoir du temps pour soi.