En cette deuxième vague de COVID-19, de nombreuses organisations sportives offrent des cours à distance, en direct. Nous avons assisté à sept de ces cours : quatre pour adultes et trois pour enfants. Compte rendu d’une semaine d’entraînements virtuels… et d’exercices bien réels (qui ont même nécessité deux comprimés d’Advil).

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Bouger. Ce conseil, on nous le prodigue souvent depuis le retour de l’automne et le début du deuxième confinement. Le sport, dit-on, est le meilleur des antidépresseurs. Or, une contrainte non négligeable complique la pratique d’activité physique. En zone rouge, les salles d’entraînement sont fermées et les activités en groupe, suspendues. De nombreuses organisations sportives au Québec proposent une solution : suivre des entraînements virtuels en temps réel. Nous en avons fait l’essai.

Lundi bootcamp

SAISIE D’ÉCRAN DU SITE DE SPORTS MONTRÉAL

Quentin Le Bouriscaud, instructeur à Sports Montréal

Pour commencer la semaine en lion, nous nous inscrivons à une séance de bootcamp offerte par Sports Montréal, qui a fait basculer une trentaine de ses cours en virtuel cet automne. Notre salon offre amplement d’espace pour faire les intervalles demandés : talons-fesses, fentes sautées, mountain climber… Seul matériel demandé : une chaise, avec laquelle on travaille les bras. Au terme de l’entraînement, qui nous fait découvrir des muscles que nous avions oubliés depuis longtemps, l’instructeur Quentin et le modérateur de Sports Montréal prennent quelques minutes pour saluer la demi-douzaine de participants. Au début du premier confinement, le printemps dernier, Sports Montréal n’offrait que des cours préenregistrés, nous explique Barbara Poinsaut, directrice aux communications chez Sports Montréal. Mais le contact avec les inscripteurs manquait aux clients, note-t-elle. « En direct, l’instructeur va corriger les mouvements des participants et discuter avec eux après le cours, comme avant », dit-elle.

> Consultez le site de Sports Montréal 

Mardi cardio-musculation

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Josiane Labelle, entraîneuse et franchisée de Mascouche pour Cardio Plein Air

Cardio Plein Air est connu pour ses entraînements de groupe, à l’extérieur. L’entreprise québécoise a dû rajuster son modèle d’affaires pour traverser cette pandémie. Après avoir offert un entraînement préenregistré par jour le printemps dernier, Cardio Plein Air propose aujourd’hui 90 plages horaires de cours virtuels en direct. « Nos gens, ce qu’ils aiment, c’est être dehors. Comme on ne peut pas leur donner ce qu’ils aiment, bonifions notre offre en leur donnant une énorme variété et flexibilité », résume Danielle Danault, fondatrice et PDG de Cardio Plein Air. À 10 h 15, l’entraîneuse Josiane Labelle nous accueille de son domicile, dans la couronne nord. Quelque 45 participants sont au rendez-vous, dont Serge Léonard. « Vous m’avez sauvé la vie », lance d’emblée le septuagénaire, habitué de Cardio Plein Air. Le sport, nous confiera-t-il après l’entraînement, lui a permis de déjouer ses problèmes cardiaques et ses prédispositions à la maladie d’Alzheimer. Le cours de Josiane est très interactif. Elle interpelle les participants par leur nom et prend le temps de corriger leurs mouvements. Différentes variations sont proposées en fonction de l’effort que les participants veulent déployer. Par orgueil (déplacé), nous choisissons les plus difficiles.

Consultez le site de Cardio Plein Air

Mercredi matin yoga

SAISIE D’ÉCRAN DU SITE DE PASSION YOGA & CIE

Sophie Bienvenue, professeure de yoga et fondatrice de Passion yoga & cie

Ce n’est pas un cours de groupe qui nous attend aujourd’hui, mais bien un cours individuel et personnalisé avec la professeure de yoga Sophie Bienvenue, fondatrice de Passion yoga & cie. Nous lui avions d’abord demandé un cours actif, mais ce matin, nous nous ravisons : les entraînements des deux journées précédentes sont venus à bout de nos muscles abdominaux. Nous nous concentrerons donc sur les étirements. « Nos cours sont adaptés aux besoins du client en temps réel, aujourd’hui », souligne Sophie Bienvenue. Pendant la séance, elle corrige l’alignement de notre corps — un autre avantage du format personnalisé. Enfin, les cours privés permettent d’échanger. « On ne se cachera pas : j’ai des conversations avec mes clientes après les cours. On jase, on se soutient », dit Sophie Bienvenue, dont l’entreprise offre aussi des cours de yoga privés à domicile, dans le respect des mesures sanitaires.

Consultez le site de Yoga passion & cie 

Jeudi matin vitalité

SAISIE D’ÉCRAN DU SITE D’ÉNERGIE CARDIO

Nathalie Gaudreault, coordonnatrice des cours de groupe au gym de Chicoutimi d’Énergie Cardio

C’est avec l’entreprise québécoise Énergie Cardio que nous suivrons un cours ce jeudi matin : Énergie vitalité, séance d’intensité moyenne. Et ça suffira amplement. La veille, il a fallu deux comprimés d’Advil pour calmer ces muscles qui s’étaient un peu trop habitués au rythme tranquille de la pandémie. Nathalie nous accueille tout sourire en direct du gym de Chicoutimi. La plateforme utilisée pour les cours en groupe ne permet pas à l’entraîneur de voir les participants, mais ça n’empêche pas Nathalie de les encourager. « Bon Jovi ! », s’enthousiasme-t-elle quand la chanson Livin’ on a Prayer débute. Lancée au tout début de la pandémie, la plateforme virtuelle d’Énergie Cardio a été bonifiée au fil des mois. Depuis le 9 octobre, l’entreprise propose une trentaine d’heures par semaine d’entraînement en direct. Des entraînements privés virtuels sont aussi offerts. « L’avantage du direct, c’est que la clientèle a accès aux instructeurs avec qui elle a développé des liens », souligne Claire Tremblay, présidente d’Énergie Cardio. Parce que c’est une tendance mondiale, et parce que les clients le demandent, la portion virtuelle est là pour de bon, dit-elle.

Consultez le site d’Énergie Cardio 

Jeudi soir soccer

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Laurent participe à une séance de visio-coaching privée.

En soirée, c’est au tour de fiston, 7 ans, de tenter l’expérience du virtuel. Nous l’inscrivons à une séance de visio-coaching de soccer, option proposée depuis peu par les Écoles de soccer de l’Impact de Montréal. Nous installons la tablette sur le côté de la maison, mais les entraînements peuvent aussi se faire dans le garage ou dans le salon (à condition de tasser les cadres et les pots de fleurs !). Si vous espérez que votre enfant termine la séance à bout de souffle et vidé de son énergie, ce n’est pas l’objectif premier ici. Vidéos d’exemples à l’appui, l’éducateur Jarod Tahi mise davantage sur des exercices de coordination et de maîtrise. « Le ballon est là, c’est sûr, c’est du soccer. Mais pour pouvoir toucher un ballon, il faut savoir maîtriser son pied », souligne Jarod Tahi, qui estime qu’on peut aussi bien travailler avec un enfant à distance que face à face. Verdict de fiston : « C’était cool ! »

Consultez le site des Écoles de soccer de l’Impact de Montréal

Dimanche et mardi pour les petits

  • Laurent, 7 ans, suit son cours d’athlétisme qui a basculé au virtuel en octobre.


    PHOTO CATHERINE HANDFIELD, LA PRESSE

    Laurent, 7 ans, suit son cours d’athlétisme qui a basculé au virtuel en octobre.

  • Élixir, animatrice du cours Après l’école, on bouge !, chez Sports Montréal

    SAISIR D’ÉCRAN DU SITE DE SPORTS MONTRÉAL

    Élixir, animatrice du cours Après l’école, on bouge !, chez Sports Montréal

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On termine l’aventure avec deux cours pour enfants : un cours d’athlétisme, auquel fiston était déjà inscrit et qui a basculé au virtuel en octobre, et un cours de défis sportifs amicaux nommé Après l’école, on bouge !, organisé par Sports Montréal. Pour maintenir l’attention des enfants (parfois fragile, avouons-le), les animateurs s’adressent constamment à eux en les nomment par leur nom, ce qui surprend fiston agréablement. À la fin du cours, l’animatrice Élixir demande aux participants de leur montrer leur animal de compagnie, au grand plaisir de ces derniers. Si, encore là, les enfants ne finissent pas la séance à bout de souffle, force est de constater qu’ils sont restés intéressés tout au long des activités. Ça donne l’occasion aux parents de préparer le repas… ou, dans notre cas, de reposer nos muscles endoloris.

Consultez le site de Sports Montréal