(Montréal) La consommation d’aliments ultra-transformés est associée à une augmentation du risque de diabète de type 2, prévient une étude française publiée lundi par le journal médical JAMA Internal Medicine.

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne

Près de 50 % de nos calories quotidiennes proviennent de ces aliments – comme les boissons gazeuses, les croustilles, les friandises, la crème glacée, les croquettes de poulet, les hot-dogs et autres – qui, comme l’indique leur nom, ont été fortement modifiés et manipulés selon l’organisation canadienne Cœur + AVC.

Les chercheurs français ont étudié des données provenant de plus de 100 000 personnes inscrites à la cohorte NutriNet-Santé. L’âge moyen des sujets était de 43 ans et près de 80 % d’entre eux étaient des femmes.

Plus la proportion d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation est importante, plus le risque de diabète de type 2 est élevé, peut-on lire dans l’étude, même si les chercheurs reconnaissent que « ces résultats doivent être confirmés sur d’autres populations et avec d’autres méthodes ».

L’étude explique que les multiples transformations subies par ces aliments « se traduisent possiblement par la production de nouveaux composés qui pourraient perturber le système cardiométabolique ».

Ces aliments contiennent aussi souvent des substances peu utiles ou inutiles en cuisine (comme des sucres raffinés ou des huiles hydrogénées) ou des additifs cosmétiques (comme des émulsifiants, des colorants et des édulcorants), dont certains pourraient avoir des effets cardiométaboliques.

Enfin, la longue durée de vie de ces aliments pourrait favoriser leur contamination par certaines substances contenues dans les emballages, comme les bisphénols A qu’une récente méta-analyse a associés à un risque accru de diabète de type 2.

Sans grande surprise, les chercheurs ont également constaté que les sujets plus jeunes, en surpoids ou obèses, fumeurs et plus sédentaires étaient les plus grands consommateurs d’aliments ultratransformés. Une consommation plus importante de ces aliments était également associée à une consommation plus faible de fibres, de grains entiers, de yogourt, de noix, et de fruits et légumes.

« Toutefois, nos analyses démontrent que l’association entre les aliments ultra-transformés et le diabète de type 2 n’était pas entièrement expliquée par la consommation simultanée d’aliments peu ou pas transformés, écrivent les auteurs. De plus, l’association entre les aliments ultra-transformés et le diabète de type 2 a été ajustée pour tenir compte de la qualité de l’alimentation et l’apport calorique, et elle demeurait significative […] après avoir été ajustée pour de multiples facteurs alimentaires. Ces facteurs n’expliquent donc pas entièrement les associations observées. »

Même si un lien de causalité entre les aliments ultra-transformés et les maladies chroniques ne peut pas être établi pour le moment, ajoutent les auteurs, l’accumulation de données cohérentes a mené les responsables de la santé publique de plusieurs pays à recommander la consommation d’aliments peu ou pas transformés, et à limiter la consommation d’aliments ultra-transformés, par mesure de précaution.

Plus tôt cette année, une étude commandée par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et réalisée par un chercheur de l’Université de Montréal prévenait que les adultes qui consomment les plus grandes quantités d’aliments ultra-transformés ont un risque plus élevé de 31 % de souffrir d’obésité, de 37 % d’être atteints de diabète et de 60 % d’hypertension artérielle.

D’autres études avaient associé les aliments ultra-transformés à un risque accru de cancer, de mortalité, de dépression, de syndrome du côlon irritable et de maladie cardiovasculaire.

On estime que le diabète de type 2 touchait 425 millions de personnes à travers le monde en 2017. Le nombre de cas pourrait atteindre 629 millions en 2045.