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Mammographie : la technologie remise en doute

L'Ontario s'apprête à remplacer ses appareils de mammographie de type CR, parce... (PHOTOTHÈQUE LA PRESSE)

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Louise Leduc
La Presse

L'Ontario s'apprête à remplacer ses appareils de mammographie de type CR, parce qu'ils détectent 21% moins de cancers du sein que les autres technologies. Le ministre québécois de la Santé, Réjean Hébert, prend cette nouvelle «très au sérieux», car 75% des appareils de mammographie utilisés au Québec dans le cadre du programme national de dépistage du cancer du sein sont de ce type.

Lors d'un point de presse, hier, le ministre Hébert a très brièvement évoqué la question, en se montrant rassurant et en insistant sur le fait que les fournisseurs des appareils en cause n'étaient pas les mêmes qu'en Ontario.

N'empêche, l'affaire est suffisamment inquiétante pour que deux organismes gouvernementaux aient reçu le mandat de se pencher sur la performance des appareils québécois - l'Institut national de santé publique du Québec et l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux.

L'étude qui a lancé le bal, publiée dans la revue scientifique Radiology, a comparé trois types d'appareils servant à réaliser des mammographies: les appareils avec film (classique), les appareils avec film où l'image est lue par un capteur qui la numérise (CR) et les appareils entièrement numériques (DR). À la lumière de résultats de mammographies réalisées en Ontario auprès de 688 418 femmes, l'étude conclut que les appareils de type CR utilisés en Ontario «échappent» 1 cancer sur 1000.

Au Québec, aucune mammographie ne sera reprise pour cette raison, et le ministre invite les femmes à poursuivre leur dépistage comme à l'habitude.

Au Collège des médecins, le président Charles Bernard a déclaré que «cette étude nous interpelle et qu'elle sera prise très au sérieux».

Un geste «immoral»

L'Association des radiologistes de l'Ontario a pour sa part commenté l'affaire avec une rare virulence dans un communiqué.

«Il est immoral que le Ministère ait mis en danger la vie des femmes en retenant depuis novembre une étude contenant des données aussi vitales», a lancé l'Association.

L'Association des radiologistes de l'Ontario rappelle ensuite qu'elle avait déjà fait des recommandations à cet effet en octobre 2010. Si le Ministère avait agi dès lors, «nous ne vivrions pas pareille crise».

L'Association des radiologistes de l'Ontario n'est pas davantage impressionnée par les 25 millions injectés par le Ministère pour remplacer des appareils, évoquant une solution «diachylon», puisqu'«il faudrait en fait 74 millions pour corriger ce problème déjà identifié en 2010».

L'Alberta envisagerait très sérieusement de remplacer ses appareils de type CR.

L'Association des radiologistes du Québec n'a pas répondu à nos appels répétés.




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